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Procédure : 2020/2649(RSP)
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Textes déposés :

RC-B9-0166/2020

Débats :

PV 17/06/2020 - 30
CRE 17/06/2020 - 30

Votes :

PV 18/06/2020 - 20
PV 19/06/2020 - 12

Textes adoptés :

P9_TA(2020)0169

Textes adoptés
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Vendredi 19 juin 2020 - Bruxelles
Tourisme et transports en 2020 et au-delà
P9_TA(2020)0169RC-B9-0166/2020

Résolution du Parlement européen du 19 juin 2020 sur le tourisme et les transports en 2020 et au-delà (2020/2649(RSP))

Le Parlement européen,

–  vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur,

A.  considérant que le tourisme est une activité économique transversale ayant une grande incidence sur la croissance économique, l’emploi et le développement social et durable;

B.  considérant que le secteur du tourisme emploie 22,6 millions de personnes, soit 11,2 % de l’emploi total de l’Union, qu’il a contribué à hauteur de 9,5 % au PIB de l’Union en 2019, qu’il permet de favoriser l’équilibre des structures régionales et influe de manière positive sur le développement régional; qu’au moins 6,4 millions d’emplois sont menacés dans l’Union européenne;

C.  considérant que le tourisme, et particulièrement le surtourisme, au même titre que toutes les activités humaines, a une incidence sur le changement climatique, ainsi que des conséquences environnementales et économiques, parmi lesquelles l’augmentation de la pollution, la perte de biodiversité, la congestion, les coûts d’entretien de l’infrastructure et la hausse des prix; considérant que ce secteur s’engage à progresser plus rapidement dans la voie d’un tourisme durable et à garantir qu’il contribue à la réalisation des objectifs climatiques européens et internationaux grâce à des initiatives visant à réduire les émissions;

D.  considérant que le tourisme est constitué d’une chaîne de valeur complexe de nombreuses parties prenantes ayant un lien direct avec les activités de transport de passagers;

E.  considérant que les secteurs des transports, de la culture et du tourisme ont été les secteurs économiques majeurs les plus durement touchés par la COVID-19, et que les travailleurs saisonniers et les personnes en situation de vulnérabilité sont en particulier touchés par un chômage massif;

F.  considérant que les sites et lieux culturels, les festivals et les musées ont été particulièrement frappés par la crise sanitaire, sachant que quatre touristes sur dix choisissent leur destination sur la base de l’offre culturelle;

G.  considérant qu’en adoptant, le 13 mai 2020, la communication intitulée «Tourisme et transports en 2020 et au-delà» (COM(2020)0550) et le train de mesures sur le tourisme et les transports, la Commission a pris la première mesure nécessaire pour soutenir la reprise de nos précieux secteurs des transports et du tourisme après la pandémie de COVID-19;

H.  considérant que dix ans se sont écoulés depuis que la Commission européenne a adopté, en juin 2010, la communication intitulée «L’Europe, première destination touristique au monde – un nouveau cadre politique pour le tourisme européen» (COM(2010)0352), qui définissait une nouvelle stratégie et un nouveau plan d’action pour le tourisme européen;

I.  considérant que, depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, l’Union dispose de compétences d’appui en vue de coordonner et de compléter l’action des États membres dans ce domaine(1);

Plans européens de relance du tourisme et des transports à la suite de la pandémie de COVID-19

1.  estime que tant un soutien rapide et à court terme qu’un soutien à long terme aux secteurs des transports et du tourisme sont nécessaires pour garantir leur survie et leur compétitivité, tandis que la mise en œuvre de mesures qui donnent aux touristes la confiance nécessaire pour voyager de nouveau vers l’Europe et en son sein est indispensable pour réduire au minimum les pertes supplémentaires dans ce secteur, ainsi que pour sa viabilité à long terme; souligne que la crise actuelle représente également une occasion historique de moderniser le tourisme dans l’Union européenne, de le rendre plus durable et plus accessible aux personnes handicapées, et de commencer à le considérer comme un écosystème industriel avec des objectifs d’investissement, un capital humain, des besoins en matière d’innovation technologique et des indicateurs de performance, ainsi qu’un secteur majeur qui pourrait participer à la réalisation de l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050;

2.  souligne que dans les circonstances de la crise actuelle, où de nombreuses entreprises de transport luttent pour leur survie, il est primordial d’investir davantage dans les infrastructures de transport stratégiques au niveau de l’Union; précise, en outre, que les plans de relance destinés aux transports, outre le soutien visant à sauver des secteurs des transports existants, devraient se concentrer sur les perspectives de croissance innovantes;

3.  se félicite de la communication intitulée «COVID-19 – Vers une approche progressive et coordonnée pour rétablir la liberté de circulation et la levée des contrôles aux frontières intérieures», adoptée par la Commission dans le cadre du train de mesures, et de la proposition d’approche progressive et coordonnée visant à rétablir la libre circulation des personnes; demande qu’un mécanisme soit mis en place au niveau de l’Union pour définir un taux de transmission suffisamment faible, dont l’application uniforme soit assurée dans l’ensemble de l’Union; demande à la Commission de soutenir la «relance du tourisme» grâce à une recommandation mettant en lumière le «tourisme durable» et de placer les destinations et entreprises certifiées de manière crédible en première ligne pour un tourisme et des voyages respectueux de l’environnement, socialement responsables et économiquement viables; salue l’initiative de la Commission visant à assurer la continuité du flux de marchandises, notamment des denrées alimentaires et des équipements médicaux, dans l’ensemble de l’Union, ainsi que toutes les initiatives visant à garantir le bon fonctionnement du marché intérieur de l’Union sans contrôle ni retard injustifié;

4.  rappelle l’importance du principe de non-discrimination dans la levée progressive des restrictions nationales et transfrontalières, ainsi que de la reconnaissance mutuelle des mesures convenues au niveau de l’Union, et souligne qu’il importe d’éviter les accords bilatéraux entre États membres (les «corridors touristiques»), qui aggraveraient la situation économique des États membres déjà particulièrement touchés par la crise sanitaire, et notamment leur secteur touristique; s’inquiète du fait que plusieurs États membres ont récemment imposé des mesures unilatérales qui, en plus de peser lourdement sur le fonctionnement du marché unique et sur la vie de millions de citoyens de l’Union, portent également un coup dur au tourisme et à la confiance; demande dès lors instamment à la Commission d’empêcher l’application de toute mesure discriminatoire et non épidémiologique par les États membres, qui porterait atteinte à l’intégrité de l’espace Schengen et entraverait le rétablissement rapide des secteurs européens des voyages et du tourisme;

5.  souligne la nécessité de soutenir et de promouvoir les zones touristiques dans l’Union européenne, notamment grâce à des offres attractives pour les visiteurs, à condition que la situation épidémiologique et socio-sanitaire des différentes zones le permette; estime qu’il est essentiel que toutes les exigences en matière de santé et d’hygiène et les prescriptions sanitaires, telles que les mesures de distanciation sociale, soient pleinement respectées et mises en œuvre tant par les entreprises que par leurs clients, afin de garantir des conditions de sécurité aux visiteurs; demande que des critères d’évaluation uniformes soient établis dans l’ensemble de l’Union afin de mettre en évidence les zones sûres pour le tourisme émetteur et le tourisme récepteur; souscrit à la nécessité d’appliquer et de maintenir les niveaux les plus élevés de sûreté et de sécurité, en recourant éventuellement à des technologies numériques interopérables (un site web d’information spécial de la Commission, ou tirer parti des pôles d’innovation numérique), en vue d’apporter une aide à l’industrie des voyages et du tourisme ainsi qu’aux touristes eux-mêmes, tout en respectant les droits à la vie privée des personnes et à la protection des données à caractère personnel; souligne qu’il convient de mettre au point un système d’alerte précoce qui avertisse les touristes de toute menace potentielle pour la santé à leur destination, de sorte que les protocoles de quarantaine et d’évacuation soient immédiats et efficaces;

6.  reconnaît l’importance des voyageurs internationaux pour notre secteur touristique; invite dès lors la Commission et les États membres à évaluer la possibilité de lever les restrictions aux déplacements non essentiels appliquées aux frontières extérieures de l’Union, sans entraver la santé et la sécurité publiques, en tenant compte de la situation épidémiologique dans chaque pays tiers et en œuvrant à la reconnaissance mutuelle des mesures de protection contre la COVID-19, en particulier dans le secteur de l’aviation, conformément aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et au document commun de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) intitulé «COVID-19 Aviation Health Safety Protocol: Operational Guidelines for the management of air passengers and aviation personnel in relation to the COVID-19 pandemic» (Protocole COVID-19 sur la sécurité sanitaire dans l’aviation : orientations opérationnelles pour la gestion des passagers et du personnel navigant aérien en ce qui concerne la pandémie de COVID-19) pour un redémarrage du transport aérien en Europe dans de bonnes conditions de sécurité, et demande instamment à ce qu’ils soient mis en œuvre rapidement;

7.  souligne l’importance des travailleurs transfrontaliers et saisonniers pour la prestation de services dans le secteur du tourisme, élément essentiel de l’effort de relance économique, et appelle à des mesures visant à encourager leur mobilité et à protéger leurs droits, notamment par une meilleure mise en œuvre de la législation en vigueur;

8.  se félicite de la communication de la Commission intitulée «COVID-19: lignes directrices sur le rétablissement progressif des services de transport et de la connectivité», ainsi que des orientations fondées sur un cadre de principes et une boîte à outils commune qui permettront de relancer les services de transport de tous types dans l’ensemble de l’Union en prenant des mesures coordonnées, non discriminatoires et proportionnées;

9.  invite la Commission et les États membres à convenir de mesures temporaires, proportionnées et non discriminatoires, qui soient conformes aux données scientifiques, afin de faciliter le transit et les déplacements entre pays en toute sécurité, sur la base d’une évaluation rigoureuse des risques et conformément aux normes internationales définies par des organismes tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC); souligne qu’il importe d’assurer la reconnaissance mutuelle des mesures convenues au niveau de l’Union en vue de la reprise des déplacements dans l’Union et à l’échelon international; souligne, en outre, que la mise en œuvre de mesures de confinement ainsi que leur assouplissement ne doivent à aucun moment conduire à un abaissement des niveaux élevés des normes de sécurité et de sûreté de l’Union dans le secteur des transports;

10.  affirme que le dépistage est un moyen efficace de réduire la propagation du virus et de créer un climat de confiance dans les situations ne permettant pas la distanciation sociale, à condition de disposer de méthodes de dépistage rapides, fiables et efficaces; invite la Commission à collaborer avec l’ECDC et les États membres pour évaluer régulièrement l’existence de tests remplissant ces conditions et, sous réserve de leur disponibilité, procéder à des appels d’offres de manière coordonnée, afin de garantir les meilleures conditions et le meilleur prix; demande instamment à la Commission et aux États membres de mobiliser tous les instruments de financement disponibles pour que les citoyens puissent être testés gratuitement;

11.  souligne que les restrictions en matière de déplacements et les contrôles aux frontières devraient être levés pour les régions, les zones et les États membres dont la situation épidémiologique s’améliore et qui est suffisamment similaire, une fois que des critères d’évaluation communs auront été définis; souligne que l’amélioration de la situation épidémiologique est essentielle pour rétablir des conditions de sécurité pour les voyages et les transports ainsi que pour la reprise des services touristiques; invite en outre la Commission, en coordination avec les États membres, à examiner la faisabilité et la valeur ajoutée de mesures de dépistage sanitaire, telles que les tests de diagnostic (tests sérologiques ou virologiques) et les contrôles de la température des passagers au départ de plateformes de transport; recommande d’établir des normes et des protocoles détaillés en ce qui concerne les mesures d’hygiène communes pour les différents modes de transport; estime que chaque opérateur de transport devrait appliquer des mesures uniformes de manière harmonisée afin d’assurer la prévisibilité et la clarté; estime que des protocoles opérationnels techniques devraient constituer une condition préalable à la sécurité des voyages;

12.  se félicite de la communication de la Commission intitulée «COVID-19: Orientations de l’Union européenne relatives à la reprise progressive des services touristiques et aux protocoles sanitaires dans les établissements du secteur de l’hébergement et de la restauration» et invite instamment les États membres à partager ces orientations avec les autorités compétentes aux niveaux régional et local; invite la Commission et les États membres, à cet égard, à soutenir financièrement la mise en œuvre de ces mesures par le secteur du tourisme et des voyages, en coopérant pleinement avec les entreprises de ce secteur et en se conformant aux ambitions du pacte vert pour l’Europe et en matière de numérisation;

13.  invite la Commission à créer un label européen de certification de la sécurité et des protocoles sanitaires clairs et efficaces, garantissant, qu’au sein de l’Union, les installations touristiques, les établissements touristiques et les organisateurs de voyage respectent les normes d’hygiène et de sécurité les plus élevées, en coopération avec les autorités publiques des États membres, les acteurs du tourisme concernés et les organisations internationales, dans le but d’encourager la mise en place de mesures spécifiques fondées sur les orientations de l’Union et de renforcer la confiance, la sûreté et la sécurité des voyageurs qui se rendent dans les États membres et de favoriser la reprise de ce secteur;

14.  invite la Commission à proposer des règles communes de l’Union concernant les modalités et conditions des bons à valoir émis dans le contexte de la pandémie de COVID-19, tout en maintenant un niveau élevé de protection des consommateurs, qui dépendent toujours de leur acceptation volontaire par les consommateurs, et sans préjudice de l’obligation pour les entreprises de rembourser les voyageurs dans les délais prescrits par le droit de l’Union, afin de rendre les bons plus flexibles et donc plus attractifs et viables, et d’empêcher une nouvelle mise en œuvre disparate qui entraînerait une différence de traitement entre les consommateurs et une distorsion de la concurrence sur le marché des transports et du tourisme; demande en outre instamment à la Commission d’utiliser tous les moyens dont elle dispose pour garantir une application correcte et uniforme du droit de l’Union et pour généraliser le recours à des règles harmonisées sur les bons volontaires;

15.  demande à la Commission d’étudier la possibilité d’élaborer, en s’appuyant sur l’expérience acquise dans le contexte de la crise de la COVID-19 et les systèmes similaires existant dans les États membres, un système de garantie pour les voyages afin d’assurer aux entreprises une liquidité financière dans l’optique de garantir les remboursements aux voyageurs ainsi que la couverture des frais de rapatriement, outre une juste indemnisation des dommages éventuels en cas de faillite; est d’avis, qu’outre ce système, il convient d’encourager les touristes à souscrire une assurance voyage;

16.  invite la Commission à lancer une campagne de communication de l’Union sur les voyages et le tourisme, y compris au moyen d’une application d’information à l’échelle de l’Union, qui aurait pour but de promouvoir les déplacements à l’intérieur de l’Union, de restaurer la confiance des citoyens dans les voyages et le tourisme en cette période caractérisée par la pandémie de COVID-19, de former les touristes aux mesures de santé et de sécurité en vigueur et de diffuser des valeurs durables et fédératrices grâce à un «label européen du tourisme»; souhaite que la notion de «destination sûre et intelligente» joue un rôle essentiel afin d’assurer le développement d’un tourisme durable, responsable et accessible;

17.  demande qu’un mécanisme soit mis en place au niveau de l’Union pour fixer un seuil de sécurité et de sûreté, qui se base sur des preuves scientifiques et des données fiables et uniformes, en ce qui concerne la levée ou l’introduction de restrictions en matière de déplacements, et qu’un niveau approprié de suivi et un plan d’action soient élaborés en cas d’évolution négative de la situation épidémiologique; met l’accent, à cet égard, sur la nécessité d’élaborer un plan d’action plus concret et détaillé sur le suivi et l’évaluation de la stratégie proposée de sortie progressive de la crise de la COVID-19;

18.  invite la Commission, les États membres et les parties prenantes à coopérer afin d’élaborer dès que possible et en veillant à leur clarté des lignes directrices et des plans d’action de préparation à une éventuelle deuxième vague pandémique, dans le cadre des mesures de prévention et de contrôle des infections pour le secteur du voyage et du tourisme, étant donné que des mesures de confinement prolongées pourraient, selon certaines projections, entraîner une baisse de 16 % du PIB cette année;

19.  salue le programme SURE, qui aide les États membres à couvrir les coûts des régimes nationaux de chômage partiel et de mesures similaires permettant ainsi aux entreprises de préserver l’emploi dans le secteur du tourisme; met en outre l’accent sur l’importance d’investir dans la reconversion professionnelle et la formation sur les compétences numériques et les initiatives de soutien à l’emploi, ce qui permettra d’éviter la perte d’emplois et les inégalités sociales qui persistent à cause la pandémie;

Renforcement de la solidarité et de la coordination dans le secteur du tourisme de l’Union

20.  souligne l’importance de mettre progressivement en place une véritable politique européenne du tourisme qui contribuera de manière significative à renforcer la compétitivité de l’Union dans ce secteur, à promouvoir la coopération entre les États membres et les régions et à créer des possibilités de nouveaux investissements et d’innovation dans ce secteur; rappelle l’importance d’éviter toute réglementation excessive au sein du marché unique en ce qui concerne les services touristiques, l’objectif étant de supprimer et d’éviter les contradictions et les chevauchements dans le cadre réglementaire, en veillant à une meilleure coordination des politiques et de la législation ayant une incidence sur le secteur du tourisme;

21.  se félicite de la proposition de la Commission d’organiser un sommet européen du tourisme en présence des institutions européennes, des acteurs du secteur, des régions, des villes et des parties prenantes, afin de réfléchir au tourisme européen de demain, et est favorable à l’élaboration d’une feuille de route à l’horizon 2050 vers un écosystème durable, innovant et résilient du tourisme européen («programme de travail européen pour le tourisme 2050»); invite par conséquent la Commission à adopter, en 2021, une nouvelle stratégie et un nouveau plan d’action pour le tourisme de l’Union fondés sur les conclusions de ce dialogue, afin de maintenir la position de l’Europe en tant que destination de premier plan au moyen d’un «label européen du tourisme»; souligne que cette stratégie à long terme doit inclure un plan de numérisation du secteur et des programmes de revitalisation des zones touristiques; souligne que la stratégie doit soutenir la transition écologique du secteur par l’adaptation des processus et le renouvellement des infrastructures et des installations; souligne que la Commission devrait suivre de près sa mise en œuvre en bonne et due forme;

22.  se félicite de l’initiative de la Commission qui prévoit une flexibilité dans les règles en matière d’aides d’État; insiste toutefois sur la nécessité de projets et d’une compétitivité durables, de normes sociales et écologiques ainsi que d’orientations claires et sectorielles dans les secteurs des transports et du tourisme, qui permettraient une coordination efficace entre tous les États membres et garantiraient que les systèmes nationaux d’indemnisation soient utilisés en temps utile et de manière équitable et proportionnée, et soient mis en place pour une durée limitée, afin de lutter contre les pertes causées par la pandémie de COVID-19, sans pour autant fausser indûment la concurrence;

23.  souligne l’importance d’une coopération renforcée entre les autorités de l’Union, les autorités nationales, régionales et locales et toutes les parties prenantes, afin de répondre aux enjeux transversaux du tourisme; invite la Commission, à cet égard, à élaborer une stratégie de l’Union en matière de tourisme, qui comprenne un plan d’action plus concret et détaillé assorti d’objectifs à court, moyen et long terme, comprenant les objectifs de développement durable des Nations unies, et qui propose aux États membres de définir des objectifs clairs, stratégiques et axés sur les résultats; insiste pour qu’une stratégie appropriée en matière de tourisme durable soit adoptée en coordination avec le Parlement et les États membres, qui comprenne des mesures à appliquer et à respecter par tous les États membres, le secteur et les touristes;

24.  souligne que la proposition de plan de relance de l’Union, présentée par la Commission le 27 mai 2020, qui comprend un budget à long terme renforcé pour l’Union (CFP 2021-2027) et un nouvel instrument de relance s’élevant à 750 milliards d’euros, qui devrait être conditionné à la mise en œuvre de réformes structurelles et au respect des normes écologiques et sociales, constitue une bonne base pour la poursuite des négociations; se félicite de ce que le tourisme ait été reconnu comme l’une des activités économiques les plus touchées par la crise de la COVID-19; relève que le nouvel instrument de relance, Next Generation EU, souligne que le tourisme pourrait connaître une baisse de plus de 70 % de son chiffre d’affaires au cours du deuxième trimestre de 2020, tandis que les besoins en investissements de base dans le secteur du tourisme occupent la première place parmi les différents systèmes économiques, avec un montant de 161 milliards d’euros; invite la Commission à accorder toute l’importance nécessaire au secteur du tourisme dans le cadre du plan de relance et à publier des orientations visant à garantir un accès rapide aux financements sans que des charges administratives disproportionnées ne pèsent sur les programmes en cours ou à venir; souligne, dans ce contexte, l’importance des investissements dans ce secteur grâce à la facilité pour la reprise et la résilience, qui permettra l’élaboration d’une stratégie pour un secteur du tourisme durable, flexible et compétitif dans l’ensemble de l’Union; estime que le plan de relance de l’Union doit inclure la possibilité d’apporter un soutien financier supplémentaire au secteur du tourisme sur la base de la part des secteurs des voyages et du tourisme dans le PIB d’un État membre;

25.  déplore l’absence d’une ligne budgétaire spécifique pour le tourisme durable dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP 2021-2027) et regrette qu’il n’existe pas encore d’instrument financier concret et ciblé, à court terme, en vue de contribuer au redressement du secteur; souligne qu’il a lieu d’envisager un traitement spécial et des mesures spécifiques pour les régions ultrapériphériques (RUP) et les régions insulaires;

26.  invite la Commission et les États membres à soutenir de toute urgence les entreprises et les travailleurs, y compris les travailleurs indépendants, des secteurs des transports, de la culture et du tourisme, et notamment les PME, ainsi que les macroentreprises et les entreprises familiales, dans la gestion de leurs liquidités, à les aider à préserver l’emploi et à réduire les charges administratives inutiles; plaide en outre en faveur de l’établissement d’un cadre européen pour les travailleurs de l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie du tourisme, en concertation étroite avec les partenaires sociaux, qui couvre tous les types de travailleurs;

27.  demande que soit mise en place une stratégie européenne révisée axée sur les PME qui tienne compte des répercussions de la COVID-19 sur les PME et propose des initiatives de relance concrètes assorties d’une feuille de route pour les soutenir par une réduction de la bureaucratie et des coûts d’accès au financement, et par des mesures en faveur des investissements dans les chaînes de valeur stratégiques, conformément à la politique industrielle européenne fondée sur les écosystèmes, le pacte vert et la transition numérique; rappelle la nécessité de procéder aux ajustements nécessaires pour respecter les nouvelles mesures en matière de santé et de sécurité, en prévoyant d’importants investissements pour garantir la sécurité des consommateurs et le respect de la distanciation sociale ainsi que d’autres mesures de précaution pertinentes; souligne l’importance de créer dans l’ensemble de l’Union des réseaux et des groupements d’entreprises, qui permettent d’aboutir à l’harmonisation des bonnes pratiques, des stratégies et des synergies dans le secteur des PME;

28.  souligne que des milliers d’entreprises, en particulier des PME, luttent pour leur survie, et que nombre d’entre elles sont en situation d’insolvabilité; invite la Commission et les États membres à surveiller l’évolution de la situation et à envisager de renforcer l’aide d’urgence relative aux instruments déjà annoncés, en prenant des mesures appropriées pour éviter la faillite d’entreprises;

Vers un secteur du tourisme européen paré pour l’avenir

29.  souligne que le secteur du tourisme dépend fortement du secteur des transports, et que, dès lors, améliorer l’accessibilité, la durabilité et la connectivité de tous les moyens de transport, tout en préservant le niveau de sécurité le plus élevé dans tous les secteurs (route, rail, aviation, navigation maritime et fluviale), aurait des retombées significatives pour l’amélioration du secteur touristique de l’Union; relève à cet égard que, dans le contexte de l’Année européenne du rail en 2021 et au vu de la nécessité de réduire les émissions dues aux transports, la Commission devrait promouvoir tous les modes de déplacement alternatifs durables;

30.  souligne la nécessité de promouvoir des modes de déplacement durables, par exemple en fournissant un soutien accru aux infrastructures cyclistes touristiques et aux trains de nuit; met en avant les avantages économiques et environnementaux que les modes de transport durables tels que le vélo peuvent apporter au tourisme et invite la Commission à promouvoir les infrastructures cyclistes et à investir dans ce domaine afin de faciliter ce type de tourisme;

31.  souligne la nécessité, pour tous les États membres, de disposer d’un réseau d’infrastructures développées, modernes, sûres, et durables afin de faciliter les déplacements dans l’ensemble de l’Union et de rendre les États membres périphériques plus accessibles aux touristes intra-européens et internationaux; invite dès lors la Commission à soutenir le rétablissement des chaînons transfrontaliers manquants, à réaliser des bilans de qualité sur le réseau d’infrastructures existant, et à proposer des mesures supplémentaires immédiates pour les régions les moins avancées et les régions éloignées, qui ont souvent les réseaux les moins développés et nécessitent une attention particulière; relève que les régions frontalières à l’intérieur de l’Union comptent pour 40 % du territoire de l’Union et un tiers de sa population; invite la Commission à veiller à ce que les États membres aient mis en place une planification appropriée indiquant le calendrier et les crédits budgétaires disponibles, de manière à ce que l’ensemble du réseau central RTE-T puisse être achevé d’ici à 2030 et le réseau global d’ici à 2050, et à accorder une attention particulière aux tronçons transfrontaliers, notamment dans les États membres qui ne progressent pas dans ces domaines; fait observer que cela inclut l’indispensable projet sur le ciel unique européen, qui, bien qu’au point mort au niveau de l’Union depuis de nombreuses années, apporterait à la fois sécurité, efficacité et durabilité au secteur aéronautique européen;

32.  invite la Commission à étudier la faisabilité et les avantages potentiels d’un mécanisme de gestion de crise pour le secteur du tourisme dans l’Union afin non seulement de répondre de manière adéquate et rapide à l’actuelle pandémie de COVID-19, mais également de se préparer à des défis d’une nature et d’une ampleur similaires qui pourraient apparaître à l’avenir; souligne qu’il importe de prévoir des solutions de financement pour pallier le manque de moyens financiers à court terme et de proposer également des cadres et des stratégies à moyen et à long terme; invite la Commission à publier des lignes directrices fondées sur les bonnes pratiques dans le secteur du tourisme en cas de crise de grande ampleur, comme la pandémie actuelle, et à faciliter le développement et la coordination de plateformes en ligne permettant aux parties prenantes d’échanger les bonnes pratiques et de partager des informations;

33.  demande instamment à la Commission de présenter un nouveau programme européen de tourisme inclusif selon le modèle de l’initiative Calypso, offrant aux groupes sociaux vulnérables la possibilité d’utiliser leurs bons touristiques nationaux auprès d’établissements partenaires situés dans d’autres États membres qui proposent également un programme de tourisme social à leurs citoyens; relève que ces programmes conduisent à d’excellents résultats dans de nombreux États membres et croit qu’il serait très profitable de favoriser leur interopérabilité au niveau européen;

34.  souligne l’importance d’une approche commune de l’Union visant à préserver la compétitivité du secteur en améliorant sa stratégie de communication envers les citoyens; insiste en outre sur le rôle de coordination de l’Union pour le secteur du tourisme et fait valoir que l’Union devrait mieux assumer ce rôle en prenant des mesures qui présentent une valeur ajoutée au niveau de l’Union et en facilitant davantage l’échange de bonnes pratiques entre les États membres; demande de réduire les charges administratives et fiscales injustifiées, de soutenir la création d’entreprises et de promouvoir les ventes et les services transfrontaliers;

35.  souligne l’importance que revêt la coopération internationale dans le secteur des voyages et du tourisme et encourage les institutions de l’Union à continuer à favoriser le dialogue et la coopération avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) des Nations unies;

36.  estime que l’émergence de nouvelles technologies et la poursuite de la transition numérique seraient de nature à accroître considérablement l’attrait du secteur des voyages et du tourisme, et que des plateformes conviviales et de nouveaux modèles économiques permettraient de renforcer la croissance, la compétitivité et la prospérité du secteur; est dès lors convaincu qu’il est de la plus haute importance de proposer régulièrement des formations et des reconversions à la main-d’œuvre existante dans le secteur, en mettant l’accent sur les compétences numériques et les technologies novatrices;

37.  invite la Commission à évaluer la possibilité de mettre en place une procédure de demande de visa en ligne et à maintenir dans le même temps un haut niveau de protection des frontières européennes, afin d’attirer davantage de touristes internationaux vers l’Europe; relève que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière la nécessité de soutenir l’innovation et de repenser la fourniture des services, y compris ceux qui permettent de renforcer les contacts interpersonnels; invite dès lors la Commission à examiner les possibilités de procédures d’accès à distance, peu coûteuses et rapides, aux visas électroniques pour les destinations touristiques européennes à l’égard de ressortissants de pays tiers de bonne foi qui ont besoin d’un visa et dont les données biométriques seront en tout état de cause collectées dès que le système d’entrée/de sortie sera pleinement opérationnel;

38.  souligne qu’il importe de promouvoir le tourisme durable et de contribuer à la création d’emplois, à la protection et à la restauration des écosystèmes naturels et de la biodiversité ainsi qu’à la croissance et à la compétitivité, en s’appuyant sur de nouveaux modèles économiques; invite la Commission à faciliter l’accès au financement de l’Union pour les acteurs du secteur du tourisme, en particulier les petites structures d’accueil dans tous les segments du marché, qui doivent bénéficier d’une attention et d’un soutien particuliers; affirme que ce financement devrait soutenir la transition vers des produits et des services touristiques plus durables, novateurs, résilients et de qualité, et continuer de contribuer à la durabilité, aux voyages hors saison et à la répartition géographique des flux touristiques; est d’avis qu’il convient d’assurer un soutien et une coordination au niveau de l’Union afin d’améliorer la gestion du tourisme aux échelons national, régional et local, notamment grâce à l’introduction d’une certification du tourisme durable; insiste sur l’importance de promouvoir le passage du surtourisme à d’autres formes de tourisme culturel et durable respectueuses de notre environnement et de notre patrimoine culturel;

39.  souligne l’importance du tourisme pour certains pays et pour certaines zones géographiques de l’Union, où les services liés à ce secteur sont souvent un facteur important de sécurisation de l’emploi et constituent l’une des principales sources de revenus de la population locale; invite la Commission à élaborer des mesures adaptées dans le cadre du rétablissement de la liberté de circulation et des liaisons de transport entre les régions ultrapériphériques et les îles d’une part et l’Union continentale d’autre part; relève que des liaisons spécifiques et un soutien financier et administratif supplémentaire sont de la plus haute importance pour ces régions; souligne qu’il importe de mettre davantage l’accent sur la dimension côtière et maritime dans la stratégie et les initiatives touristiques de l’Union, y compris sur les possibilités de financement et les outils de promotion et de communication, ainsi que de renforcer le fonctionnement des marchés concernés, en mettant en place des mesures adaptées en coopération avec les parties prenantes et les autorités de destination; rappelle qu’il importe de soutenir les entreprises familiales qui assurent le développement des marchés locaux ou régionaux et la promotion du tourisme local, étant donné qu’elles représentent une part importante de l’emploi du secteur privé européen et qu’elles constituent des incubateurs naturels de la culture entrepreneuriale;

40.  rappelle que le tourisme culturel représente 40 % du tourisme européen et que 68 % des Européens affirment que la présence d’un patrimoine culturel, qui comprend les itinéraires culturels, parmi lesquels le chemin de Saint-Jacques («Camino de Santiago»), qui célèbrera en 2021 l’année jubilaire ou jacquaire, a une influence sur le choix de leur destination de vacances(2); demande dès lors à la Commission de proposer que les États membres fixent des objectifs stratégiques et opérationnels concrets et axés sur les résultats dans le prochain programme de travail en faveur de la culture et d’améliorer le cadre stratégique actuellement en place pour la culture; souligne qu’il convient de considérer et de traiter les investissements dans les sites culturels comme une ressource destinée à améliorer la compétitivité et la croissance au niveau local, sans pour autant oublier la valeur intrinsèque de ces sites en tant qu’élément de notre patrimoine culturel, lequel doit être protégé notamment du changement climatique et du surtourisme; invite la Commission à renforcer la viabilité financière des sites culturels financés par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et à encourager le développement de régimes de financement qui s’appuient sur des fonds privés; demande en outre une augmentation du budget de Discover EU, un programme susceptible de stimuler considérablement le tourisme des jeunes; souligne les besoins spécifiques des institutions culturelles bénéficiant d’aides publiques pendant cette période de relance, étant donné qu’elles doivent assurer la sécurité des visiteurs et maintenir leur modèle économique; demande à la Commission de trouver d’autres mécanismes de soutien aux travailleurs culturels qui dépendent fortement du bon fonctionnement du tourisme;

41.  met en évidence les avantages du tourisme rural et de l’agro-écotourisme et demande à la Commission de continuer à promouvoir et à soutenir les initiatives de nature à générer des sources de revenus additionnelles pour les zones rurales, à créer des possibilités d’emploi, à empêcher le dépeuplement et à accroître les prestations sociales; souligne le rôle que peut jouer le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), en particulier le programme Leader, pour soutenir les initiatives locales et rurales en matière de tourisme, et demande un financement adéquat de ce programme au cours de la période de programmation 2021-2027; estime qu’il est nécessaire de renforcer l’agrotourisme dans les zones rurales afin de diversifier les sources de revenus des agriculteurs, en particulier pour les petites exploitations, et ainsi de prévenir l’abandon des terres et le dépeuplement et de soutenir l’économie rurale; souligne, à cet égard, la nécessité de réserver une allocation spécifique à l’agrotourisme, qui joue un rôle essentiel dans la diversification des revenus des agriculteurs et dans le développement des zones rurales;

42.  souligne l’importance du tourisme de santé, qui comprend le tourisme médical, le tourisme de bien-être et le tourisme thermal; invite la Commission à promouvoir, là où cela est pertinent, le tourisme médical, de montagne, durable, de balnéothérapie et de soins préventifs en Europe; insiste sur la nécessité d’investir davantage dans l’amélioration de l’infrastructure touristique durable et sur l’importance d’une meilleure visibilité pour les centres européens de tourisme thermal et de bien-être; invite la Commission à prévoir d’autres possibilités de financement sur la base de données scientifiques, car le tourisme médical peut également contribuer à réduire les dépenses de santé grâce à des mesures de prévention et à faire baisser la consommation de produits pharmaceutiques, et améliorerait encore davantage la durabilité et la qualité de l’emploi;

43.  souligne l’importance que revêt l’accessibilité des services du secteur des voyages et du tourisme pour les personnes âgées, ainsi que pour les personnes handicapées et les personnes ayant des limitations fonctionnelles; invite la Commission et les États membres à mener activement l’élaboration en cours de la norme de l’Organisation internationale de normalisation sur les services touristiques accessibles et à veiller à ce qu’elle soit mise en œuvre rapidement et correctement une fois adoptée, et à ce que les prestataires de services respectent les normes d’accessibilité pertinentes déjà en place ou en cours d’application; invite en outre la Commission à déployer des efforts pour faciliter la possibilité d’une mise en œuvre et d’une reconnaissance élargies de la carte européenne du handicap;

44.  souligne le rôle majeur joué par le sport dans le tourisme, en rappelant la place importante des manifestations et des activités sportives dans l’attrait touristique des régions européennes; attire l’attention sur les possibilités résultant du déplacement d’athlètes et de spectateurs lors de manifestations sportives, qui pourraient attirer des touristes jusque dans les zones les plus reculées; souligne l’importance de la gastronomie européenne, des routes gastronomiques et du secteur de l’hôtellerie et de la restauration pour l’industrie du tourisme et l’économie dans son ensemble; insiste pour que la stratégie globale du tourisme intègre ces aspects;

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45.  charge son Président de transmettre la présente résolution à la Présidente de la Commission, au Président du Conseil européen et à la présidence en exercice du Conseil.

(1) Article 195, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE).
(2) Eurobaromètre spécial 466 – Patrimoine culturel, 12/2017.

Dernière mise à jour: 8 septembre 2020Avis juridique - Politique de confidentialité