Résolution du Parlement européen du 17 février 2022 sur l’autonomisation de la jeunesse européenne: emploi et reprise sociale après la pandémie (2021/2952(RSP))
Le Parlement européen,
– vu les articles 2 et 3 et l’article 5, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne,
– vu l’article 166 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne,
– vu les articles 14, 15, 32 et 34 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,
– vu le socle européen des droits sociaux, et en particulier ses principes 1, 3 et 4,
– vu la convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées et son entrée en vigueur le 21 janvier 2011, conformément à la décision 2010/48/CE du Conseil du 26 novembre 2009 concernant la conclusion, par la Communauté européenne, de la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, signée et ratifiée par l’Union européenne et tous ses États membres(1), en particulier son article 27 sur le travail et l’emploi,
– vu sa résolution du 17 avril 2020 sur une action coordonnée de l’Union pour combattre la pandémie de COVID-19 et ses conséquences(2),
– vu sa résolution du 8 octobre 2020 sur la garantie pour la jeunesse(3),
– vu sa résolution du 10 février 2021 sur l’incidence de la COVID-19 sur la jeunesse et le sport(4),
– vu sa résolution du 20 mai 2021 sur le droit du Parlement d’être informé au sujet de l’évaluation en cours des plans nationaux pour la reprise et la résilience(5),
– vu sa résolution du 17 décembre 2020 sur une Europe sociale forte pour des transitions justes,
– vu sa résolution du 10 octobre 2019 sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et les ressources propres: il est temps de répondre aux attentes des citoyens(6),
– vu sa résolution du 10 juin 2021 sur le point de vue du Parlement concernant l’évaluation en cours, par la Commission et le Conseil, des plans nationaux pour la reprise et la résilience(7),
– vu sa résolution du 29 avril 2021 sur la garantie européenne pour l’enfance(8),
– vu sa résolution du 8 juin 2021 sur la position du Conseil en première lecture en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil instituant le Fonds social européen plus (FSE+)(9),
– vu le règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience(10),
– vu le rapport de l’Organisation internationale du travail du 21 octobre 2021 intitulé «Youth Employment in Times of COVID-19» (L’emploi des jeunes à l’heure de la COVID-19),
– vu le rapport de la Rencontre des jeunes européens 2021 intitulé «Youth Ideas Report for the Conference on the Future of Europe» (Rapport sur les idées des jeunes pour la conférence sur l’avenir de l’Europe),
– vu l’avis du Comité économique et social européen sur l’Année européenne de la jeunesse 2022,
– vu le rapport d’Eurofound du 9 novembre 2021 intitulé «Impact of COVID-19 on young people in the EU» (L’impact de la COVID-19 sur les jeunes dans l’Union européenne),
– vu le rapport du Forum européen de la jeunesse du 17 juin 2021 intitulé «Beyond Lockdown: the “pandemic scar” on young people» (Au-delà du confinement: le «stigmate de la pandémie» pour les jeunes)(11),
– vu la résolution du Conseil de l’Union européenne et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur un cadre pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse: la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse 2019-2027(12), en particulier la section consacrée aux objectifs pour la jeunesse européenne,
– vu le rapport de la Commission du 12 octobre 2021 sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe intitulé «Towards a strong social Europe in the aftermath of the COVID-19 crisis: Reducing disparities and addressing distributional impacts» (Vers une Europe sociale forte au lendemain de la crise de la COVID-19: réduire les disparités et traiter les effets distributifs),
– vu la recommandation du Conseil du 30 octobre 2020 intitulée «Un pont vers l’emploi — Renforcer la garantie pour la jeunesse»(13),
– vu sa résolution du 20 octobre 2021 sur la situation des artistes et la reprise culturelle dans l’Union européenne(14),
– vu sa résolution du 11 février 2021 sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions sur une stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience(15),
– vu sa résolution du 16 septembre 2021 sur des conditions de travail, des droits et une protection sociale justes pour les travailleurs de plateformes – nouvelles formes d’emploi liées au développement numérique(16),
– vu le rapport sur les idées des jeunes pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe rédigé lors de la Rencontre des jeunes européens de 2021,
– vu les questions posées au Conseil et à la Commission sur l’autonomisation de la jeunesse européenne: emploi et reprise sociale après la pandémie (O-000075 – B9‑0002/2022 et O-000077 – B9‑0003/2022),
– vu l’article 136, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 2, de son règlement intérieur,
– vu la proposition de résolution de la commission de l’emploi et des affaires sociales,
A. considérant que la pandémie de COVID-19 a eu un effet dévastateur sur l’emploi et la situation sociale des jeunes en Europe, avec une diminution ou une interruption temporaire des possibilités de développement personnel, une baisse des taux d’emploi, et une augmentation conséquente du nombre de jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation (NEET); que le revenu personnel des jeunes a considérablement diminué et que le risque de pauvreté et d’exclusion sociale a augmenté; que leurs chances de participation future au marché du travail sont menacées; qu’une action immédiate est nécessaire pour garantir et améliorer l’avenir et le bien-être des jeunes; que le taux de chômage des jeunes atteint 15,9 %, soit deux fois et demie le taux de chômage global;
B. considérant que le taux de pauvreté risque d’augmenter en raison des effets de la pandémie de COVID-19; que les pays qui ont été particulièrement touchés par la crise financière de 2007-2008 ont à nouveau connu une hausse du chômage chez les jeunes supérieure à la moyenne; que les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées et les familles nombreuses sont davantage menacées par cette augmentation; que les prévisions économiques de l’automne 2022 de la Commission européenne présentent des chiffres prometteurs qui laissent entrevoir une baisse du chômage et indiquent que le marché du travail devrait retrouver en 2022 son niveau d’avant la pandémie; que la crise continue de toucher tout particulièrement les jeunes; que le nombre de jeunes travailleurs a diminué par rapport au premier trimestre de 2021 et qu’en 2022 et 2023, 3,4 millions d’emplois devraient être créés(17) et qu’il sera essentiel de veiller à ce que les jeunes bénéficient de ces nouvelles possibilités d’emploi; qu’un nombre croissant de jeunes adultes comptent désormais sur leurs parents et le domicile familial pour se protéger de la pauvreté; que 29 % des ménages trigénérationnels sont pourtant exposés au risque de pauvreté et que 13 % de ces ménages sont gravement défavorisés;
C. considérant que les taux de personnes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation restent très élevés dans les pays où ils l’étaient déjà avant la crise de la COVID-19;
D. considérant qu’en 2020, la proportion de femmes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation était en moyenne 1,3 fois plus élevée que celle des hommes; que l’écart entre les taux NEET des femmes et ceux des hommes est particulièrement important dans les pays d’Europe orientale en raison des responsabilités familiales; que la probabilité de devenir une personne ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation continue de diminuer à mesure que le niveau d’éducation augmente; que, dans les pays du sud et de la Méditerranée, la proportion de chômeurs de longue durée et de travailleurs découragés est plus élevée parmi les personnes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation;
E. considérant que les jeunes constituent le fondement d’une prospérité économique et sociale durable pour l’Europe et une priorité essentielle de l’Union, comme l’affirment la stratégie européenne en faveur de la jeunesse et la garantie renforcée pour la jeunesse, qu’ils justifient dès lors des mesures prioritaires pour leur soutien, leur protection, leur orientation et leur inclusion, et qu’ils méritent que des perspectives leur soient offertes;
F. considérant que les pertes d’emploi dues à la pandémie de COVID-19 ont été plus importantes dans la tranche d’âge des 15-24 ans que dans celle des 25-29 ans, en particulier chez les femmes; que les jeunes ont été particulièrement touchés par le fait que la diminution du temps de travail a été plus importante que celle de l’emploi en général; que les chiffres du chômage ne reflètent qu’une petite partie des emplois perdus lors de la crise de la COVID-19, étant donné que de nombreux jeunes qui ont perdu leur emploi ne pouvaient pas prétendre au bénéfice des allocations de chômage ou d’autres aides au revenu;
G. considérant que le renforcement de la participation civique des jeunes figure parmi les objectifs de la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse (2019 – 2027);
H. considérant que le taux de travail atypique est très élevé chez les jeunes, 43,8 % des jeunes occupant un emploi temporaire dans l’Union européenne;
I. considérant qu’en septembre 2021, la présidente von der Leyen a annoncé une proposition visant à désigner 2022 l’Année européenne de la jeunesse, afin de réfléchir aux perspectives des jeunes en Europe et de se concentrer sur les politiques européennes, nationales, régionales et locales ainsi que sur les propositions législatives qui créent des perspectives pour les jeunes dans l’ensemble de l’Union; que cette proposition devrait donner une impulsion réelle et efficace à l’amélioration des conditions de travail des jeunes dans l’Union européenne;
J. considérant que la santé mentale des jeunes s’est considérablement dégradée au cours de la pandémie, le nombre de problèmes liés à la santé mentale ayant doublé dans plusieurs États membres par rapport au niveau observé avant la crise; que 64 % des jeunes appartenant à la tranche d’âge des 18-34 ans étaient exposés à un risque de dépression au printemps 2021, en partie en raison de leur manque de perspectives en matière d’emploi, de finances et d’éducation sur le long terme, mais aussi de la solitude et de l’isolement social; que neuf millions d’adolescents en Europe (âgés de 10 à 19 ans) souffrent de troubles mentaux, l’anxiété et la dépression représentant plus de la moitié des cas; que la détérioration de la santé mentale peut également être attribuée aux difficultés d’accès aux services de santé mentale, à l’augmentation de la charge de travail et à la crise du marché de l’emploi qui a touché les jeunes de manière disproportionnée; que 19 % des garçons européens âgés de 15 à 19 ans souffrent de problèmes de santé mentale, ainsi que plus de 16 % des filles du même âge; que le suicide est la deuxième principale cause de décès chez les jeunes en Europe;
K. considérant que les enfants qui grandissent avec peu de ressources et dans des situations familiales précaires sont plus susceptibles d’être confrontés à la pauvreté et à l’exclusion sociale, ce qui a des répercussions considérables sur leur développement et, plus tard, sur leur vie d’adulte, et qu’ils n’ont pas accès à des compétences appropriées et disposent de possibilités d’emploi limitées, perpétuant ainsi le cercle vicieux de la pauvreté intergénérationnelle; que l’Union peut jouer un rôle clé dans la lutte globale contre la pauvreté des enfants et l’exclusion sociale des enfants; que la garantie européenne pour l’enfance vise à prévenir et à combattre la pauvreté et l’exclusion sociale en assurant l’accès gratuit et effectif des enfants dans le besoin à des services essentiels tels que l’éducation et l’accueil de la petite enfance, les activités scolaires et éducatives, les soins de santé, une alimentation saine, la possibilité de consommer au moins un repas sain chaque jour d’école et un logement décent;
L. considérant qu’une enquête mondiale publiée en septembre 2021, menée par l’Université de Bath dans dix pays, a révélé que près de 60 % des jeunes se disent très inquiets ou extrêmement inquiets face à l’urgence climatique, que plus de 45 % des jeunes interrogés affirment que leurs pensées au sujet du climat troublent leur vie quotidienne et que trois quarts d’entre eux trouvent l’avenir effrayant; que 83 % d’entre eux reconnaissent que nous n’avons pas pris soin de la planète, tandis que 65 % estiment que les gouvernements n’ont pas été à la hauteur vis-à-vis des jeunes;
M. considérant que la participation civique présente des avantages avérés pour le bien-être d’une personne en élargissant son réseau social, en lui offrant davantage de possibilités d’être active sur le plan économique, social et physique et en réduisant le risque de développer des troubles de la santé mentale;
N. considérant que, compte tenu des conséquences de la pandémie, toute une génération de jeunes artistes et professionnels de la culture aura des difficultés à trouver sa place dans nos sociétés; que les artistes et les professionnels de la culture et de la création ont souvent un rythme de travail atypique et disposent rarement d’une protection de sécurité sociale appropriée, ce qui les exclut des prestations de retraite, de soins de santé et de chômage; que l’absence de négociation collective pour les artistes et les professionnels de la culture et de la création indépendants a pour effet d’affaiblir plus encore leur position sur le marché du travail et les prive d’une protection sociale adéquate;
O. considérant que les artistes et les professionnels de la culture issus de groupes minoritaires, parmi lesquels les femmes, les jeunes, les personnes appartenant à des minorités raciales, ethniques et géographiques, les personnes issues de milieux socio-économiques vulnérables, les personnes handicapées et les personnes LGBTIQ +, accèdent moins facilement aux carrières artistiques et culturelles et sont les plus durement touchés par les conséquences de la pandémie;
P. considérant que le Fonds social européen plus (FSE+) est le principal fonds européen visant à faciliter l’accès des jeunes à l’emploi, à promouvoir l’égalité d’accès et le suivi jusqu’à son terme d’un parcours d’éducation ou de formation inclusive et de qualité jusqu’à l’enseignement supérieur, en passant par l’enseignement général et l’enseignement et la formation professionnels, notamment l’enseignement tout au long de la vie et la facilitation de la mobilité à des fins d’apprentissage, ainsi qu’à promouvoir l’intégration sociale des personnes exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, y compris les jeunes les plus démunis;
Q. considérant que la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), qui est au cœur de l’instrument NextGenerationEU, constitue un instrument historique de l’Union visant à aider les États membres à atténuer les incidences économiques et sociales de la COVID-19 au moyen de réformes et d’investissements dans six piliers, dont l’un est consacré aux réformes et aux investissements en direction des enfants et des jeunes;
R. considérant que l’inclusion sociale et professionnelle des jeunes se réfère à leur accès égal à un emploi de qualité, stable et correctement rémunéré, à un logement décent et abordable et à une alimentation appropriée, à des services de santé et de prévention de qualité, y compris la protection de la santé mentale, et à des normes minimales en matière d’infrastructures numériques; que l’éducation et les programmes de développement des compétences, le bénévolat, les stages de qualité et les programmes d’apprentissage tout au long de la vie sont essentiels pour assurer l’égalité des chances et l’égalité d’accès au marché du travail tout en permettant aux jeunes de commencer leur vie d’adulte avec assurance;
S. considérant que la précédente crise financière a montré que, si les jeunes ne bénéficient pas de stages et d’emplois de qualité – fondés sur des accords écrits et assortis de conditions de travail décentes, y compris un salaire minimal vital, une orientation professionnelle et une formation continue –, il y aura à nouveau pour eux un risque élevé de se voir contraints d’accepter des emplois précaires, de quitter leur pays pour trouver un emploi ou de s’inscrire à plusieurs reprises à des études ou à une formation, même s’ils sont à la recherche d’un emploi permanent à temps plein;
T. considérant que les investissements en direction des jeunes, en particulier les investissements à effet social, sont connus pour avoir une incidence positive sur l’emploi des jeunes et leur participation à la société, ainsi que pour produire des retours sur investissement sociaux et financiers effectifs mesurables, favorisant le développement économique tout en atteignant des objectifs sociaux; que, si les outils et mécanismes existants doivent être mis en œuvre autant que possible, de nouveaux instruments devraient être envisagés;
U. considérant que les politiques cloisonnées en matière de travail des jeunes et d’inclusion sociale peuvent entraîner une duplication des dépenses si la coordination entre les États membres et les parties prenantes concernées est peu développée et si aucune structure permanente n’est capable de coordonner les différents acteurs, de maximiser les effets, de garantir l’absence de disparités en matière de couverture et de stimuler l’innovation;
V. considérant que les initiatives et politiques existantes, telles que la garantie renforcée pour la jeunesse, le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, Erasmus+ et le corps européen de solidarité, ainsi que de nouvelles propositions, telles que l’initiative ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve – Orientation, Apprentissage, Maîtrise, Réussite), doivent être consacrées aux jeunes et s’attaquer aux défis de la jeunesse en 2022, notamment le chômage des jeunes; que ces initiatives et politiques doivent inclure des politiques actives et passives du marché du travail et un accès effectif aux mesures d’inclusion sociale et aux services sociaux, de santé et de logement pour les jeunes; que le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle a conclu que les possibilités d’apprentissage et de formation ne sont pas toutes de grande qualité, et que tous les apprentis ne bénéficient pas du droit du travail ou du droit à la protection sociale; que, dans sa résolution du 8 octobre 2020, le Parlement a fait part de ses préoccupations quant à la qualité des offres disponibles dans le cadre de la garantie renforcée pour la jeunesse et a souligné que les stages et offres d’emploi prévus dans le cadre de programmes et initiatives nouveaux et existants doivent non seulement être rémunérés, mais aussi être limités en durée et en nombre, afin que les jeunes ne se retrouvent pas bloqués dans un cycle de stages sans fin et qu’ils ne soient pas exploités comme main-d’œuvre bon marché, voire gratuite, sans protection sociale ni droits à la retraite; que des études montrent que les jeunes trouvent aujourd’hui leur premier véritable emploi au début de la trentaine;
W. considérant que le développement constant de nouvelles compétences horizontales parmi les jeunes, telles que les compétences numériques, ainsi que le développement de compétences à potentiel économique, telles que les compétences vertes ou entrepreneuriales, sont essentiels pour un marché du travail européen sain, inclusif et tourné vers l’avenir et doivent fournir à chaque jeune Européen un accès à un emploi de qualité; qu’il en va de même pour la formation professionnelle, les compétences professionnelles et les compétences de la vie courante; que 40 % des employeurs ne parviennent pas à trouver des personnes possédant les compétences requises pour pourvoir leurs postes vacants; que l’Union européenne doit remédier à toutes les formes d’inadéquation des compétences afin d’utiliser efficacement son capital humain; que le chômage des jeunes est devenu un grave problème économique et sociétal dans de nombreux pays de l’Union(18); que tout le monde devrait avoir accès à une bonne infrastructure numérique et à une formation aux compétences numériques afin de combler le fossé de la maîtrise du numérique chez les jeunes et de garantir l’égalité des chances dans l’éducation et l’emploi; que les compétences transversales telles que l’esprit critique, le travail d’équipe et la communication interculturelle sont également importantes pour la bonne santé et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des jeunes;
X. considérant que l’engagement des jeunes dans l’animation socio-éducative, les mouvements sociaux, les organisations de jeunesse et l’entrepreneuriat social est essentiel pour créer de nouvelles solutions; que la participation des acteurs privés, des entreprises et du secteur des entreprises est nécessaire pour améliorer le passage du système éducatif au marché du travail ainsi que pour offrir aux jeunes un accès continu aux formations en matière de renforcement des compétences et de reconversion professionnelle et à l’apprentissage tout au long de la vie;
Y. considérant que la discrimination à l’encontre des jeunes en général reste un problème au sein de l’Union, les jeunes femmes et les jeunes issus des groupes vulnérables faisant souvent l’objet de discrimination fondée sur le genre, l’origine ethnique (comme les Roms), l’orientation et l’identité sexuelles, le handicap ou le milieu socio-économique défavorisé tout en étant exposés à un risque beaucoup plus élevé de chômage, de pauvreté des travailleurs et d’exclusion sociale;
Z. considérant que les jeunes en Europe ainsi que leurs représentants et organisations, de même que les syndicats, sont actifs dans l’organisation de la participation effective des jeunes et dans l’élaboration de recommandations stratégiques assorties de solutions pour améliorer l’inclusion sociale et professionnelle, notamment par l’intermédiaire de leur engagement dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe; qu’ils doivent être considérés comme des partenaires essentiels dans la co-création, la mise en œuvre et l’évaluation de l’Année européenne de la jeunesse et au-delà;
A bis) considérant que les possibilités d’emploi pour beaucoup des groupes mentionnés ci-dessus, notamment les jeunes handicapés et les jeunes appartenant aux communautés roms ou aux communautés itinérantes, sont fortement limitées par les difficultés d’accès à une éducation de haute qualité dont ils ont besoin pour se préparer comme il se doit au marché du travail moderne;
A ter) considérant que les jeunes sont un atout essentiel pour la reprise et le développement de toutes les régions de l’Union européenne, notamment des régions ultrapériphériques; qu’à Mayotte, la moitié de la population a moins de 18 ans, tandis qu’en Guyane, un habitant sur deux a moins de 25 ans;
A quater) considérant qu’en 2016, un tiers des chefs d’exploitation agricole de l’Union européenne étaient âgés de 65 ans ou plus et que seuls 11 % des chefs d’exploitation agricole de l’Union européenne étaient de jeunes agriculteurs âgés de moins de 40 ans;
A quinquies) considérant que les exploitations et l’industrie agricoles de l’Union européenne constituent un pilier de notre économie; que, pour garantir la sécurité alimentaire et contribuer à la transition verte, il est indispensable d’attirer les jeunes vers l’agriculture;
A sexies) considérant que le dépeuplement des zones rurales et l’exode des jeunes vers les zones urbaines montrent qu’il faut trouver des solutions et réfléchir à des stratégies à court, à moyen et à long terme pour retenir les jeunes dans les zones rurales;
A septies) considérant que trop de jeunes handicapés ne se voient proposer que des emplois protégés et que, dans certains États membres, ils ne bénéficient pas des mêmes droits en matière de travail ou de salaire que les personnes présentes sur le marché du travail ouvert;
A octies) considérant que le rapport sur les idées des jeunes pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe de la Rencontre des jeunes européens 2021 est parvenu aux conclusions suivantes:
—
les jeunes demandent un soutien pour former les spécialistes de la santé mentale au sein des écoles et leur donner les moyens d’agir ;
—
le chômage des jeunes devrait être une priorité de l’Union européenne, et il est nécessaire de mettre fin aux stages non rémunérés, indépendamment des études ou du statut social; les organisations de jeunesse et les employeurs devraient collaborer afin de toucher les jeunes qui sont potentiellement en décrochage scolaire et de les informer sur les possibilités qui s’offrent à eux; il conviendrait également d’aider les États membres à mettre en place des apprentissages pour les demandeurs d’asile ;
—
personne ne devrait être laissé pour compte dans le monde numérique et il faut éduquer toutes les générations à utiliser leur présence numérique avec prudence; il conviendrait d’inclure la maîtrise du numérique dans les programmes scolaires ;
—
l’Union européenne devrait fournir davantage de fonds pour permettre à tous les jeunes Européens de suivre un enseignement non formel et créer une plateforme permettant de mettre en relation les enseignants et les prestataires de services qui peuvent apporter leur expertise sur des sujets pertinents pour le monde d’aujourd’hui;
1. se félicite que la présidente von der Leyen ait désigné l’année 2022 comme l’Année européenne de la jeunesse; estime que 2022 devrait donner un élan supplémentaire à la mise en œuvre correcte et complète de la stratégie européenne en faveur de la jeunesse au moyen de mesures ambitieuses pour relever les défis auxquels les jeunes sont confrontés, en particulier en raison des effets négatifs de la pandémie actuelle de COVID-19, et à la mise en œuvre concrète des autres outils existants, tels que la garantie renforcée pour la jeunesse, visant à lutter contre les effets de la COVID-19 sur la société et sur l’emploi; invite la Commission et le Conseil à veiller à ce que toutes les politiques ciblant les jeunes s’inscrivent dans un cadre intersectionnel et tiennent compte de la diversité des jeunes en Europe et des défis auxquels ils sont confrontés; estime que l’Année européenne de la jeunesse devrait contribuer à la mise en œuvre des principes 1 et 3 du socle européen des droits sociaux;
2. souligne que de nombreuses personnes ont déjà perdu leur emploi à la suite de la crise de la COVID-19, en particulier les jeunes, qui se trouvent plus fréquemment en situation d’emploi précaire, sont plus susceptibles d’avoir des contrats de travail temporaires ou à temps partiel et n’ont pas d’économies; salue dans ce contexte les projets de la Commission visant à renforcer la garantie pour la jeunesse et invite la Commission et les États membres à faire de la lutte contre le chômage des jeunes une priorité;
3. constate avec une grande inquiétude le taux élevé de chômage des jeunes dans un certain nombre d’États membres et la fragilité des contrats de travail des jeunes travailleurs, en particulier dans les secteurs gravement touchés par la COVID-19; demande que soit renforcée la garantie pour la jeunesse dans le but de réduire le chômage de longue durée et le chômage des jeunes d’au moins 50 % d’ici 2030, en y incluant également le critère de création d’emplois de qualité, conformément à l’objectif de développement durable nº 8 du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies; estime qu’il est temps de rendre la garantie renforcée pour la jeunesse à la fois contraignante et inclusive pour tous les États membres, notamment par des mesures actives de sensibilisation à l’égard des NEET à long terme et des jeunes issus de milieux socio-économiques défavorisés, tels que les jeunes handicapés, les jeunes LGBTIQ+ et les jeunes Roms;
4. se félicite de l’inclusion de la santé mentale parmi les priorités des objectifs en faveur de la jeunesse, comme prévu dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse, et invite la Commission à faire également de la santé mentale une priorité dans sa future stratégie de l’UE en matière de soins; souligne que le lien entre les facteurs socio-économiques, tels que le chômage, l’insécurité du logement, la santé mentale et le bien-être, doit être abordé afin de garantir une approche globale et générale de la santé mentale au niveau de l’Union européenne; souligne que l’incertitude quant à l’avenir, y compris les conséquences du changement climatique, a des effets négatifs sur la santé mentale des jeunes; invite dès lors les États membres à faire de la santé mentale une partie intégrante de la reprise socio-économique de l’Union après la pandémie et une priorité en matière de santé au travail, en particulier dans les environnements éducatifs et professionnels; demande que les soins de santé mentale soient accessibles et abordables pour toutes les tranches d’âge, en particulier pour les plus jeunes, et que l’on s’attaque aux inégalités en matière de santé en apportant un soutien approprié aux groupes de jeunes vulnérables; invite la Commission à mener une étude approfondie sur les différentes causes de la souffrance psychologique des jeunes en Europe;
5. souligne le rôle essentiel que doivent jouer les jeunes dans l’élaboration des politiques sociales et de l’emploi en Europe; salue le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse, l’animation socio-éducative et les organisations de jeunes, qui rapprochent l’Union des jeunes, pour autant que les processus de participation des jeunes soient suivis d’initiatives concrètes de la part des décideurs; encourage la promotion du principe de cogestion dans l’élaboration des politiques en faveur de la jeunesse, selon lequel les jeunes et les représentants de la jeunesse participent au processus d’élaboration; invite la Commission à reconnaître l’effet positif du secteur tertiaire, y compris des organisations de jeunesse, et les possibilités d’apprentissage non formel et informel qu’elles offrent, comme le volontariat et la participation des jeunes, et à reconnaître formellement les connaissances et compétences acquises par les jeunes grâce au troisième secteur, pour aider les jeunes à améliorer leurs perspectives sur le marché du travail; encourage à reconnaître l’engagement civique comme expérience professionnelle méritoire lors du processus de recrutement; invite la Commission à soutenir le projet des capitales européennes de la jeunesse dans le prolongement de l’Année européenne de la jeunesse; invite la Commission et les États membres à envisager une clause pour la jeunesse évaluant les effets d’une initiative sur les jeunes lors de la présentation de nouvelles initiatives dans tous les domaines d’action;
6. souligne qu’il est nécessaire que les États membres continuent d’investir suffisamment de ressources du fonds FSE+ dans des mesures visant à soutenir l’emploi des jeunes; souligne que les États membres continuent doivent pour ce faire allouer au moins 15 % de leurs ressources du FSE+ relevant de la gestion partagée à des actions ciblées et des réformes structurelles pour soutenir des emplois de qualité pour les jeunes; rappelle la nécessité d’une garantie pour la jeunesse contraignante, plus efficace et plus inclusive, dans un cadre de qualité précis, prévoyant des stages et des apprentissages rémunérés à tous les NEET;
Investir dans la jeune génération
7. invite la Commission et le Conseil à exploiter pleinement et de manière optimale les fonds disponibles au titre du cadre financier pluriannuel 2021-2027, sans préjudice des programmes déjà mis en place au titre du FSE+, à la suite des problèmes structurels concernant le chômage et la pauvreté des jeunes; rappelle que les régions ultrapériphériques sont particulièrement touchées par ces questions et ont donc besoin d’un soutien spécifique; se félicite, à cet égard, de la disponibilité des fonds au titre de la FRR pour les mesures destinées aux enfants et aux jeunes et s’attend à ce que cela mène à la création de possibilités importantes pour les jeunes en Europe; demande aux organisations de jeunesse et aux partenaires sociaux de participer au suivi et à l’évaluation des plans nationaux pour la reprise et la résilience; invite les États membres à s’assurer que le Fonds pour une transition juste et le FSE+ soutiennent des plans intégrés au niveau local afin de contribuer au perfectionnement et à la reconversion, en particulier pour les groupes les plus vulnérables touchés par la transition;
8. invite les États membres à veiller à la complémentarité entre les mesures relevant de la FRR, les autres programmes de l’Union, tels que la garantie renforcée pour la jeunesse et la garantie européenne pour l’enfance, et les mesures et investissements nationaux visant à promouvoir les compétences, l’éducation, la formation et l’intégration sur le marché du travail, conformément à leurs propres besoins et aux conditions nationales spécifiques; demande à la Commission de continuer à suivre les investissements et les dépenses consacrés aux priorités en faveur de la jeunesse effectués dans le cadre de NextGenerationEU, de la FFR et du FSE+, et d’associer étroitement le Parlement à cet exercice; rappelle la possibilité offerte par le volet «Investissements sociaux et compétences» d’InvestEU de générer des investissements à impact social; prend note de l’attention croissante accordée aux concepts d’obligations à effet social et de contrats de résultat social destinés aux jeunes, tout en associant également le secteur privé à leur conception et à leur mise en œuvre;
9. salue le renforcement du soutien aux jeunes agriculteurs prévu par la prochaine politique agricole commune;
10. se félicite de la portée élargie de la garantie renforcée pour la jeunesse, qui s’étend au groupe des 15-29 ans; rappelle que la garantie renforcée pour la jeunesse devrait garantir de véritables possibilités d’emploi, et non pas des stages de piètre qualité ou des formations sans fin;
Intégration des jeunes sur le marché du travail
11. constate avec inquiétude que la garantie pour la jeunesse n’a jusqu’à présent pas entièrement atteint ses objectifs et demande des mesures renforcées, y compris la pleine utilisation des possibilités offertes par le FSE+, pour promouvoir l’emploi au moyen d’interventions actives en faveur de l’intégration sur le marché du travail et de la création de postes de premier échelon durables, afin d’offrir aux jeunes l’accès à la sécurité sociale et à une rémunération équitable; invite la Commission à demander aux États membres de présenter des systèmes actualisés de garantie renforcée pour la jeunesse et d’introduire un cadre comportant des normes de qualité, claires et contraignantes pour toutes les offres proposées au titre des initiatives visant à favoriser des résultats positifs et durables pour les jeunes et leur transition réussie vers le marché du travail; invite la Commission et les États membres à encourager les entreprises à jouer un rôle actif dans la garantie renforcée pour la jeunesse; rappelle que l’un des objectifs du FSE+ est de favoriser la participation équilibrée des femmes et des hommes au marché du travail par des mesures visant à assurer, entre autres, des conditions de travail équitables, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée et l’accès aux services de garde d’enfants, y compris l’éducation et l’accueil des jeunes enfants; rappelle en outre que le FSE+ devrait également viser à mettre en place un environnement de travail sain et bien adapté afin de répondre aux risques pour la santé liés à l’évolution des formes de travail et aux besoins d’une main-d’œuvre vieillissante;
12. rappelle que les partenariats avec les parties prenantes sont des éléments essentiels de la garantie renforcée pour la jeunesse, mais qu’actuellement, il n’existe pas au niveau de l’Union d’organes ou de mécanismes formels qui permettraient leur participation à la surveillance et à l’application des systèmes de garantie pour la jeunesse; invite la Commission à surveiller la mise en œuvre des dispositifs de garantie renforcée pour la jeunesse par l’intermédiaire du comité de l’emploi (COEM) et à faire régulièrement rapport au COEM sur l’application et les résultats des dispositifs de garantie pour la jeunesse tout en tenant le Parlement informé; invite la Commission à créer un groupe de travail chargé de la mise en œuvre de la garantie renforcée pour la jeunesse, associant les parties prenantes concernées, y compris les partenaires de la société civile, les organisations de jeunesse et les partenaires sociaux, aux travaux du COEM, pour faciliter la coordination et l’échange de bonnes pratiques entre les autorités européennes et nationales, ainsi qu’avec les partenaires de la société civile et les organisations de jeunesse, mais aussi pour évaluer régulièrement son incidence et proposer des recommandations d’amélioration;
13. invite les États membres à veiller à ce que les services publics de l’emploi (SPE) collaborent avec les autorités locales, le secteur de l’éducation, les organisations de jeunesse et le secteur privé par l’intermédiaire du réseau européen des SPE, afin de promouvoir des emplois stables, de qualité et bien rémunérés et de renforcer le soutien sur mesure en matière de formation, de recherche d’emploi et de conseil pour les jeunes, et encourage les États membres à doter les SPE de moyens suffisants pour fournir des ressources et des formations sur la manière de rester en bonne santé mentale en dépit d’un climat économique incertain et face aux difficultés que pose la recherche d’emploi;
14. recommande de renforcer l’accent mis sur l’emploi dans les systèmes de soins psychiatriques, en insistant particulièrement sur la contribution positive que peut avoir un emploi de qualité sur la santé mentale;
15. invite les États membres à faciliter l’accès des jeunes à des stages et apprentissages rémunérés, inclusifs et de qualité; demande que les systèmes de suivi soient renforcés afin de garantir que les jeunes bénéficient d’une première expérience professionnelle appropriée et de qualité, de possibilités de formation et d’acquisition de nouvelles qualifications ou références; condamne la pratique des stages non rémunérés comme une forme d’exploitation des jeunes travailleurs et une violation de leurs droits, et demande à la Commission et aux États membres, en collaboration avec le Parlement et dans le respect du principe de subsidiarité, de proposer un cadre juridique commun destiné à assurer une juste rémunération des stages et apprentissages pour éviter les pratiques d’exploitation; condamne la pratique des contrats «zéro heure» et demande aux États membres de soutenir les employeurs qui proposent des stages et des apprentissages aux jeunes en situation de handicap;
16. invite la Commission à réexaminer les instruments européens existants, tels que le cadre de qualité pour les stages ainsi que le cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité, et à inclure des critères de qualité dans les offres destinées aux jeunes, y compris le principe d’une juste rémunération pour les stagiaires et les apprentis, l’accès à la protection sociale, l’emploi durable et les droits sociaux;
Mobilité de la main-d’œuvre et compétences pour l’avenir
17. invite la Commission à veiller à ce que la nouvelle initiative ALMA aide les jeunes, en particulier les jeunes qui ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ou de formation (NEET), à trouver une expérience de travail temporaire de qualité dans un autre État membre; insiste pour que le programme ALMA se conforme à des normes de qualité respectueuses des droits du travail des jeunes, telles qu’une rémunération décente, de bonnes conditions de travail et l’accès à la protection sociale;
18. souligne que les compétences numériques sont essentielles au XXIe siècle pour les jeunes et tous les secteurs d’activité et invite la Commission et les États membres à mettre en place, en partenariat avec des organismes publics et des entreprises privées, un accès permanent, certifié et gratuit pour les jeunes à des cours en ligne et hors ligne sur les aptitudes et les compétences dans toutes les langues de l’Union; demande la création d’espaces d’échange sur l’apprentissage en ligne et l’enseignement en ligne; insiste pour que l’Union et les États membres élaborent davantage de programmes tels que eTwinning et la plateforme électronique pour l’éducation des adultes en Europe; fait observer que d’importantes limites doivent être surmontées dans de nombreux États membres en ce qui concerne l’accès au matériel, aux installations, à des formateurs qualifiés et à des infrastructures numériques appropriées; rappelle donc que l’accès aux cours en ligne doit être lié à des initiatives renforcées visant à remédier aux problèmes d’accès à l’internet et aux outils numériques, afin de ne laisser personne de côté, et insiste pour que les cours soient accessibles, afin d’éviter l’exclusion des jeunes en situation de handicap;
19. souligne l’importance du développement des compétences vertes et des possibilités d’emploi de qualité dans une économie neutre pour le climat, efficace sur le plan énergétique et circulaire, en particulier dans les régions les plus touchées par la transition écologique, comme celles qui dépendent fortement du secteur agricole et celles qui sont impliquées dans la lutte contre le changement climatique, la production d’énergie à partir de sources renouvelables, la diminution des émissions de carbone, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la gestion des déchets et de l’eau, l’amélioration de la qualité de l’air, ainsi que la restauration et la préservation de la biodiversité; invite les employeurs à assurer le recyclage et/ou la mise à niveau de leur main-d’œuvre, ainsi qu’à renforcer l’offre d’apprentissages plus efficaces, conformément au cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité;
20. invite la Commission à proposer en 2022 de nouveaux outils et initiatives visant à développer l’entrepreneuriat des jeunes et l’investissement social pour les jeunes dans le plan d’action pour l’économie sociale;
21. déplore le manque de corrélation entre les réformes et les investissements dans l’éducation et la formation, d’une part, et les mesures garantissant l’insertion des jeunes sur le marché du travail, en particulier les NEET, d’autre part; encourage des parcours d’apprentissage flexibles, inclusifs, accessibles et ouverts au moyen de comptes d’apprentissage individuels et de microcertificats pour les jeunes, les animateurs socio-éducatifs, les formateurs et les professionnels, et intégrant les aptitudes et les compétences acquises grâce à l’éducation non formelle et à l’apprentissage informel; souligne que le renforcement de l’orientation professionnelle très tôt dans la vie, la promotion de l’égalité d’accès à l’information et les conseils aux étudiants et aux apprenants adultes peuvent contribuer à leur faire choisir des parcours éducatifs et professionnels appropriés débouchant sur des perspectives d’emploi qui leur correspondent;
22. demande une nouvelle fois à la Commission et au Conseil d’encourager davantage le développement de l’enseignement et la formation professionnels (EFP) et de mieux promouvoir les compétences commerciales, en s’attachant à éviter les perceptions négatives majoritairement présentes dans plusieurs États membres, tout en renforçant l’attrait de l’EFP au moyen de campagnes de communication et de sensibilisation, de centres ou de pôles de compétences commerciales pour les jeunes, d’écosystèmes spéciaux pour l’EFP dans les communautés locales, de systèmes de formation en alternance et de mobilité à long terme pour les apprentis; salue, à cet égard, l’initiative visant à créer des centres européens d’excellence professionnelle, dont l’objectif est de fournir des compétences professionnelles de haute qualité et de soutenir les activités entrepreneuriales; demande à la Commission et aux États membres de créer un espace autonome pour l’EFP et un statut européen pour l’apprentissage; rappelle que les stages devraient faire partie de la formation scolaire et professionnelle et inclure, par conséquent, une dimension pédagogique; souligne qu’il est important d’améliorer les mécanismes de reconnaissance transfrontière des compétences et des qualifications et attire l’attention sur l’importance de promouvoir et de soutenir des pratiques telles que la solidarité intergénérationnelle et le mentorat pour diminuer les inégalités et garantir le soutien à la jeunesse;
23. suggère d’ajouter des activités liées à la participation civique aux activités que le milieu professionnel estime être bénéfiques pour l’évolution personnelle et professionnelle des salariés, en particulier les jeunes travailleurs;
24. souligne que la protection du salaire minimal s’est révélée être un moyen efficace de remédier à la pauvreté des travailleurs; souligne que, dans certains États membres, les jeunes travailleurs perçoivent en pratique une rémunération inférieure au salaire minimal légal en raison des variations actuelles, ce qui contribue à perpétuer une situation de discrimination structurelle fondée sur l’âge; demande aux États membres de garantir un traitement équitable des jeunes sur le marché du travail, y compris en ce qui concerne le salaire minimal légal inscrit dans la proposition de directive relative à des salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne (COM(2020)0682);
25. souligne que les jeunes n’ont pas pleinement accès aux régimes de revenu minimal ou en sont complètement exclus dans de nombreux États membres à cause de critères d’éligibilité liés à l’âge; demande à la Commission et aux États membres, dans la recommandation à venir sur le salaire minimum, de prendre des mesures pour faciliter l’accès des jeunes à ces régimes;
Lutter contre l’exclusion des jeunes et éviter une génération perdue
26. invite la Commission à formuler une recommandation pour veiller à ce que les stages, les apprentissages et les placements professionnels soient considérés comme une expérience professionnelle et donnent par conséquent accès aux prestations sociales; demande une réduction de la période minimale de cotisation nécessaire pour accéder aux prestations sociales; salue l’initiative de la Commission de rassembler un groupe d’experts à haut niveau chargé d’examiner l’avenir de l’État-providence ainsi que les principales difficultés auxquelles font face les jeunes pour pouvoir bénéficier de la protection sociale;
27. invite la Commission à étudier la possibilité de fusionner les plateformes existantes du portail européen de la jeunesse, d’Europass et du réseau Eures en un environnement numérique unique, dans le but d’offrir à tous les jeunes Européens des informations et des perspectives en matière de formations, d’emplois, de stages, d’offres d’enseignement et de formation professionnels, d’aides financières, de programmes de mobilité, de conseils pour la création d’entreprise, de programmes de tutorat, de programmes de volontariat, de droits liés à la citoyenneté européenne, d’accès à la culture, entre autres; propose d’utiliser la plateforme unique pour centraliser toutes les candidatures aux divers offres et programmes et pour fournir des informations sur les différentes possibilités que l’Union offre aux jeunes Européens en fonction de leur situation personnelle; se félicite de la création de guichets uniques dans plusieurs États membres et soutient cette centralisation des services hors ligne, qui est essentielle pour atteindre les bénéficiaires et leur fournir des conseils et une assistance, et préconise leur création dans tous les États membres et dans différentes villes, afin d’atteindre les groupes de jeunes les plus vulnérables;
28. invite la Commission à veiller à ce que la nouvelle initiative ALMA aide les jeunes, en particulier les jeunes NEET, à avoir accès à l’insertion sociale et professionnelle dans leur pays d’origine, grâce à une expérience professionnelle temporaire et qualifiante de qualité dans un autre État membre qui répond à des normes de qualité minimales qui protègent les droits des jeunes en matière de travail, tels qu’une rémunération équitable et l’accès à la protection sociale; souligne qu’il est capital d’accompagner et d’orienter les jeunes avant, pendant et après leur participation au programme; relève que l’initiative ALMA doit promouvoir une réelle mobilité et des programmes de développement des compétences, une formation professionnelle et des emplois de qualité pour tous les participants, y compris les jeunes handicapés ou ceux issus d’un milieu défavorisé, et inclure une stratégie d’intégration conçue avec les partenaires sociaux et les organisations de la société civile pour garantir l’égalité d’accès, empêcher la discrimination et éliminer les obstacles qui pourraient se présenter, de manière à ce que l’initiative ALMA ne devienne pas un instrument permettant de créer de conditions d’emploi précaire pour les jeunes; remarque qu’il convient d’accorder des aides aux services publics de l’emploi pour le déploiement de cette initiative, par l’intermédiaire de la ligne budgétaire du FSE+ en coordination avec des partenaires privés et publics et en synergie avec l’espace européen de l’éducation; enjoint la Commission à garantir la valeur ajoutée de l’initiative ALMA par rapport aux possibilités existantes au titre d’Erasmus+ et du corps européen de solidarité, et à veiller à ce que l’apprentissage virtuel et la coopération restent associés à la mobilité physique au titre du FSE+; invite la Commission à évaluer si l’initiative ALMA pourrait être intégrée parmi les éléments de la mobilité de la garantie renforcée pour la jeunesse;
29. estime que le bien-être des jeunes est une responsabilité partagée des acteurs publics et privés; invite la Commission et les États membres à collaborer avec les employeurs européens et nationaux pour mettre en œuvre les recommandations relatives à la responsabilité sociale des entreprises (RSE) afin d’aider les jeunes vulnérables et à inclure des dispositions relatives à la jeunesse dans les futures initiatives liées à la RSE;
30. rappelle que les jeunes femmes courent un risque accru de discrimination sur le lieu de travail(19), aggravé par les inégalités intersectionnelles, le chômage et leur condition de mère célibataire ou d’aidante informelle de longue durée, ce qui les exclut souvent de la population active ou peut les maintenir sous le seuil de pauvreté; invite le Conseil et la Commission à envisager, dans toutes les initiatives à partir de 2022, des objectifs indicatifs minimaux en matière d’assistance et de régimes d’aide adaptés pour les jeunes femmes à risque; invite la Commission à collaborer avec les États membres afin d’intégrer les plans d’action nationaux de garantie pour l’enfance aux mesures d’intégration professionnelle prises aux niveaux national, régional et local afin de soutenir les jeunes parents isolés;
31. réaffirme l’importance de l’accès à un logement décent et abordable et aux services sociaux adaptés pour les jeunes, en particulier ceux qui appartiennent à des groupes vulnérables en situation de handicap et les jeunes issus de familles nombreuses; demande à la Commission de travailler avec les États membres à des programmes en faveur de la jeunesse donnant la priorité au logement (Housing First), complétés par des services d’aide à l’emploi, des services sociaux et de santé; souligne l’importance des investissements privés et publics dans les infrastructures sociales pour les jeunes; se félicite du lancement, par la Commission, de la plateforme européenne sur la lutte contre le sans-abrisme, et de son objectif final consistant à éliminer le sans-abrisme à l’horizon 2030, ainsi que des possibilités que cela représente pour les jeunes; invite les États membres et la Commission à prendre des mesures et à mettre en place des programmes pour les jeunes qui atteignent l’âge de 18 ans et risquent de se retrouver sans domicile fixe, en particulier les groupes vulnérables tels que les personnes LGBTIQ+ sans-abris; demande à la Commission et aux États membres de s’assurer que la garantie renforcée pour la jeunesse contribue à lutter contre le sans-abrisme, qui est en augmentation dans de nombreux pays de l’Union;
32. encourage la Commission à lever les principaux obstacles qui empêchent les jeunes de se lancer dans l’agriculture, tels que l’accès à la terre, au financement, aux connaissances et à l’innovation;
33. constate avec inquiétude que les conditions se détériorent pour de nombreux jeunes en général, et en particulier pour les jeunes vulnérables qui souffrent déjà de chômage de longue durée et d’exclusion sociale, tels que les jeunes Roms, les jeunes en situation de handicap, les jeunes membres des communautés LGBTIQ+ et les jeunes migrants, et plaide pour une approche coordonnée afin de créer et d’offrir à ces jeunes des possibilités d’inclusion sociale dans le cadre de la garantie renforcée pour la jeunesse, du FSE+ et de la FRR;
34. demande aux institutions européennes et aux États membres de garantir l’absence de discrimination dans toutes les politiques axées sur la jeunesse, en prenant en considération la diversité des jeunes dans toute l’Europe et les problèmes auxquels ils sont confrontés;
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35. charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.
Moxon, D., Bacalso, C, et Șerban, A. M., Beyond the pandemic: The impact of COVID-19 on young in Europe (Au-delà de la pandémie: l’impact de la COVID-19 sur les jeunes en Europe), Forum européen de la jeunesse, Bruxelles, 2021.
Eichhorst, W., Hinte H. et Rinne, U., «IZA Policy Paper No. 65: Youth Unemployment in Europe: What to Do about It?» (Que faire pour lutter contre le chômage des jeunes en Europe?) Intereconomics, 2013, 48 (4), pp. 230-235.
Baptista, I., Marlier, E., et al., Social protection and inclusion policy responses to the COVID-19 crisis – An analysis of policies in 35 countries (Réponses des politiques de protection et d’inclusion sociales à la crise de la COVID-19 – Une analyse des politiques dans 35 pays), Réseau européen de politique sociale, Bruxelles, 2021.