Résolution du Parlement européen du 3 mai 2022 vers une stratégie de l’Union européenne visant à encourager l’éducation des enfants dans le monde: atténuer l’incidence de la pandémie de COVID-19 (2021/2209(INI))
Le Parlement européen,
– vu la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant du 20 novembre 1989,
– vu l’article 26 de la déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 18 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, les articles 13 et 14 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et l’article 10 de la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes,
– vu les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, adoptés en 2015, et le rapport des Nations unies sur les objectifs de développement durable de 2021,
– vu les observations générales du Comité des droits de l’enfant des Nations unies(1),
– vu les lignes directrices des Nations unies relatives à la protection de remplacement pour les enfants du 18 décembre 2009,
– vu l’étude mondiale des Nations unies sur les enfants privés de liberté du 11 juillet 2019,
– vu la note de synthèse des Nations unies intitulée «L’impact de la COVID‑19 sur les enfants», publiée le 15 avril 2020, et la réponse positive à celle-ci qui a été signée par 173 pays, sous l’égide de l’Union européenne et du groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes,
– vu la réponse de l’Organisation de coopération et de développement économiques du 19 octobre 2020 intitulée «What is the impact of the COVID-19 pandemic on immigrants and their children?» (Quelle est l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur les migrants et leurs enfants?),
– vu la convention de l’Unesco concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement, adoptée le 14 décembre 1960,
– vu la brochure de l’Unicef, de l’Unesco et de la Banque mondiale intitulée «Mission: rétablir l’éducation en 2021»,
– vu l’article 49 de la charte de l’organisation des États américains de 1967,
– vu l’article 11 de la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant de 1990,
– vu les articles 17 et 25 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981,
– vu l’article 31 de la déclaration des droits de l’homme de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est de 2012,
– vu l’article 14 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,
– vu l’article 3, paragraphe 5, et l’article 21 du traité sur l’Union européenne,
– vu le rapport d’avril 2021 du programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) intitulé «Ne laisser personne de côté: impact du COVID-19 sur les objectifs de développement durable»,
– vu la garantie européenne pour l’enfance,
– vu la proclamation de 2021 en tant qu’Année internationale pour l’élimination du travail des enfants et l’approche de tolérance zéro adoptée par la Commission concernant le travail des enfants,
– vu sa résolution du 26 novembre 2019 sur les droits de l’enfant, à l’occasion du 30e anniversaire de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant(2),
– vu sa résolution du 11 mars 2021 sur le conflit syrien, dix ans après le soulèvement(3),
– vu l’article 54 de son règlement intérieur,
– vu les avis de la commission du développement et de la commission de la culture et de l’éducation,
– vu le rapport de la commission des affaires étrangères (A9-0058/2022),
A. considérant que près de cinq millions de personnes dans le monde sont mortes à cause de la pandémie de COVID-19, ce qui a poussé les gouvernements du monde entier à adopter des mesures extraordinaires pour enrayer la propagation du virus, y compris la fermeture des écoles et la restriction de l’accès aux établissements d’enseignement;
B. considérant que de nouveaux variants intensifient actuellement la crise de la COVID-19, tandis que les conflits et autres crises, y compris la crise climatique, continuent de faire courir aux enfants du monde entier un risque accru de ne pas atteindre un niveau d’instruction de base;
C. considérant que l’accès à l’éducation est un droit fondamental internationalement reconnu et indispensable à l’exercice des autres droits fondamentaux; que le droit à l’éducation suppose un enseignement primaire obligatoire, universel et accessible à tous;
D. considérant que, d’après l’Unicef, plus de 168 millions d’enfants ont perdu une année complète d’enseignement en raison des fermetures d’écoles dues à la COVID-19 et que l’éducation a été considérablement perturbée pour 800 millions d’étudiants dans le monde, qui ont perdu les deux tiers d’une année scolaire en moyenne;
E. considérant que depuis mars 2020, environ 194 pays ont été contraints de fermer leurs écoles sur l’ensemble de leur territoire en raison de la pandémie de COVID-19, ce qui a eu des répercussions sur plus de 1,8 milliard d’apprenants à l’échelle mondiale et les a privés d’accès à l’éducation et d’autres avantages majeurs offerts par l’école; que, dans certaines régions, les écoles restent fermées; que la fermeture des écoles a exposé les enfants à des violences et abus et à une exploitation en hausse, y compris dans le cadre de leur foyer; que les fermetures partielles ou totales d’écoles ont surtout une incidence sur les enfants vulnérables et marginalisés en raison du creusement des disparités déjà existantes au sein du système éducatif et de la perturbation de tous les aspects de leur vie quotidienne;
F. considérant que, selon l’Unicef, un tiers des enfants dans le monde n’a pas accès à l’internet, ce qui constitue un obstacle majeur à l’apprentissage numérique ou à distance; que la nécessité de programmes d’apprentissage et d’enseignement à distance persistera après la fin de la pandémie de COVID-19, en particulier dans les pays touchés par des catastrophes naturelles et des conflits; que l’apprentissage en ligne a amené de nouveaux défis pour les enseignants sur le plan de la facilitation de l’apprentissage des élèves et du maintien des interactions sociales; que la pandémie de COVID-19 et les mesures novatrices adoptées en urgence pour assurer la continuité de l’apprentissage des enfants offrent l’occasion de repenser l’éducation pour la rendre davantage tournée vers l’avenir et plus inclusive, plus souple et plus résiliente; que les programmes d’apprentissage à distance doivent être accessibles à tous les enfants et tenir compte des défis socio-économiques auxquels ceux-ci sont susceptibles d’être confrontés, ainsi que de leur manque d’accès à l’internet, aux émissions ou aux médias numériques;
G. considérant que les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 pour les parents ont à leur tour eu une incidence sur la santé, le bien-être et l’accès à l’éducation de leurs enfants; que les fermetures d’écoles ont pris les parents de court, notamment au regard de l’enseignement à distance et à domicile; que certains parents qui travaillaient, mais dépourvus de moyens financiers et sans autre solution, ont été contraints de laisser leurs enfants seuls à la maison, tandis que d’autres, en grande majorité des femmes, ont dû renoncer à leur travail, ce qui a fait basculer nombre de familles dans la pauvreté;
H. considérant que, pendant la fermeture exceptionnelle des écoles, plus de 90 % des pays ont mis en place diverses formes d’apprentissage à distance; que cet apprentissage à distance a surtout profité aux enfants des niveaux primaire et secondaire, exposant les enfants du niveau préprimaire au risque de ne pas être préparés correctement à l’école primaire;
I. considérant que, dans le monde entier, les élèves ont déjà perdu environ 1 800 milliards d’heures d’enseignement en présentiel depuis le début de la pandémie de COVID-19 et que plus de 39 milliards de repas scolaires ont été supprimés à l’échelle mondiale en raison des fermetures d’écoles(4);
J. considérant que, bien avant la pandémie de COVID-19, le monde était déjà confronté à une crise mondiale de l’apprentissage causée non seulement par un accès difficile à l’éducation en raison de la pauvreté, des longs trajets pour se rendre à l’école la plus proche, de normes préjudiciables fondées sur le genre, de la discrimination à l’encontre des groupes vulnérables, de risques environnementaux et de conflits, mais aussi par une scolarisation qui n’aboutit pas nécessairement à l’apprentissage; que la pandémie a aggravé la situation critique des enfants dans un certain nombre de régions en conflit, souvent caractérisée, entre autres, par une insécurité croissante, une plus grande vulnérabilité aux effets du changement climatique et des attaques contre les établissements d’enseignement, ce qui expose davantage les enfants au risque d’être recrutés dans les conflits – une violation grave des droits de l’enfant et du droit humanitaire international; que 617 millions d’enfants et d’adolescents dans le monde ne parviennent pas au niveau de compétence minimal en lecture(5) et en mathématiques, bien que deux tiers d’entre eux soient scolarisés;
K. considérant que la COVID-19 a réduit à néant vingt ans de progrès en matière d’éducation; que 101 millions d’enfants supplémentaires, soit 9 % des élèves de la première à la huitième année de scolarité, n’atteindront pas le niveau de compétence minimal en lecture(6) en 2020;
L. considérant que l’on estime que, d’ici à 2030, 825 millions d’enfants supplémentaires atteindront l’âge adulte sans disposer des compétences de niveau secondaire dont ils ont besoin pour travailler et vivre; que des millions d’enfants et de jeunes ayant régulièrement fréquenté l’école n’acquièrent pas les connaissances et les compétences nécessaires pour accéder au marché du travail, réussir, développer pleinement leur potentiel et apporter une contribution à leur communauté;
M. considérant que les fermetures d’écoles ont d’importantes répercussions économiques, car elles empêchent les enfants et les jeunes d’acquérir les compétences nécessaires, d’exploiter pleinement leur potentiel et de se préparer à la vie, ce qui les conduit fréquemment au chômage et, par conséquent, creuse les inégalités et réduit les débouchés;
N. considérant que selon les Nations unies, 11 millions d’élèves du primaire et du secondaire dans le monde – dont 5,2 millions de filles – risquent de ne pas reprendre leur scolarité après la réouverture des écoles fermées(7) en raison de la COVID-19; que plus les enfants restent longtemps déscolarisés, plus ils risquent d’abandonner complètement l’école; que cette situation risque de compromettre les résultats obtenus dans le domaine de l’éducation et en vue de la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier ceux liés à la réduction de la pauvreté, à la santé et au bien-être, ainsi qu’à une éducation de qualité;
O. considérant que les fermetures d’écoles ont des conséquences différentes selon le genre, et risquent d’aggraver les inégalités; que, selon les estimations, les fermetures d’écoles en temps de crise pourraient entraîner l’augmentation du taux de grossesses adolescentes; que les filles qui ne sont pas scolarisées sont exposées de manière disproportionnée au risque de mariage précoce et forcé et d’exploitation sexuelle; qu’il est estimé que deux millions de cas supplémentaires de mutilations génitales féminines pourraient apparaître au cours de la prochaine décennie; qu’un nombre important de filles pourraient ne pas être autorisées à reprendre leur scolarité une fois que les écoles rouvriront en raison de l’existence de certaines mesures discriminatoires qui interdisent aux filles enceintes et aux jeunes mères d’aller à l’école;
P. considérant que dans le monde, 129 millions de filles ne vont plus à l’école, dont 32 millions sont en âge d’être à l’école primaire, 30 millions en secondaire inférieur et 67 millions en secondaire supérieur; que moins de la moitié des pays du monde ont atteint la parité de genre dans l’enseignement primaire; que le passage à l’apprentissage à distance nuit aux enfants, et en particulier aux filles, issus des ménages les plus pauvres et les plus vulnérables, qui risquent fort d’abandonner l’école de manière permanente ou pour de longues périodes;
Q. considérant que neuf des dix pays où il est le plus difficile pour les filles d’accéder à l’éducation se trouvent en Afrique subsaharienne et que le dixième est l’Afghanistan, où les Talibans ont de fait privé les filles d’une éducation au-delà de l’école primaire en ordonnant la réouverture du secondaire uniquement pour les garçons; que le manque de clarté de la politique des Talibans ainsi que les promesses vagues et non tenues concernant l’éducation des filles mènent des millions de filles afghanes à craindre, à juste titre, pour leur éducation; que plusieurs initiatives internationales lancées par des universités et des particuliers ont vu le jour pour offrir un enseignement à distance aux filles et aux femmes afghanes;
R. considérant que, selon les autorités répressives nationales et régionales de plusieurs pays, les enfants non scolarisés – en particulier les filles et les enfants issus de milieux défavorisés, notamment les enfants issus de minorités, ou vivant dans des zones rurales, les enfants issus de peuples autochtones, les enfants migrants, y compris les réfugiés, les enfants handicapés, les enfants placés, ainsi que les enfants qui ont perdu leurs parents et/ou leurs grands-parents à cause de la pandémie de COVID-19, entre autres – sont vulnérables de façon disproportionnée à l’exploitation, au travail des enfants et aux violences domestiques, y compris en tant que témoins de ces violences, au harcèlement en ligne et à d’autres crimes tels que l’exploitation et les abus sexuels(8);
S. considérant que, outre les immenses coûts sociaux, la Banque mondiale estime qu’une fermeture des écoles pendant cinq mois dans le monde entier pourrait entraîner une perte d’apprentissage se chiffrant à 10 000 milliards de dollars; que la perte en matière d’apprentissage pourrait coûter jusqu’à 161 millions de dollars par jour aux économies;
T. considérant que les fermetures d’écoles ont malheureusement été essentielles pour limiter la propagation de la COVID-19, que l’école est plus qu’un lieu d’apprentissage pour les enfants, étant donné qu’elle constitue également un lieu de rencontre et une plateforme de soutien psychosocial et à la santé mentale; que selon l’Unesco et l’Unicef, les fermetures d’écoles n’entravent pas seulement le droit à l’éducation, mais également le droit à la santé, plus de 80 millions d’enfants étant privés de primovaccination à la suite de ces fermetures; qu’avec la fermeture des écoles, les enseignants n’ont pas été en mesure de rechercher des signes d’éventuels abus ou manques de soins de la part des parents; que, selon le Centre de recherche Innocenti de l’Unicef et le Programme alimentaire mondial, les fermetures d’écoles ont également eu une incidence sur le droit à une bonne nutrition et sur l’accès à un repas quotidien; que les programmes d’alimentation scolaires peuvent inciter les enfants les plus vulnérables à retourner à l’école; que les fermetures d’écoles ont de graves conséquences sur le bien-être mental des enfants, ces derniers pouvant être exposés à la violence et au stress au sein du foyer familial; que les fermetures d’écoles peuvent avoir des conséquences psychosociales graves à long terme, notamment la dépression, l’accroissement de l’anxiété et le suicide, les enfants étant privés de contacts sociaux;
U. considérant que l’abandon scolaire renforce les inégalités sociales et peut ainsi avoir une incidence sur la stabilité et la prospérité d’un pays en mettant en péril l’avenir de millions d’enfants et en touchant fortement l’ensemble d’une génération; que l’éducation s’est révélée essentielle dans la lutte contre l’extrémisme et la radicalisation des enfants et des jeunes;
V. considérant que, selon le rapport 2021 du HCR sur l’éducation, la moitié des enfants réfugiés ne sont toujours pas scolarisés; que les enfants réfugiés sont exclus des possibilités d’apprentissage à distance; que le surpeuplement qui caractérise les conditions de vie des enfants réfugiés, notamment ceux qui vivent dans des camps de réfugiés, facilitent souvent la propagation du virus et empêchent le respect des règles sanitaires; que la situation de la COVID-19 dans les camps constitue une crise pour les enfants, qui sont nombreux à avoir un système immunitaire déjà affaibli ou des problèmes de santé sous-jacents acquis pendant leurs premières années de croissance, qui les mettent à la merci de cas plus graves de ce virus mortel; que la plupart des camps de réfugiés ne proposent pas de services de santé adéquats pour répondre de manière appropriée aux besoins des enfants et de leurs familles;
W. considérant que la répartition inégale des vaccins contre la COVID-19 dans le monde touche de manière disproportionnée les pays à faible revenu,
1. reconnaît et salue le travail des enseignants, des éducateurs et du personnel de soutien, qui se sont rapidement adaptés à la pandémie de COVID‑19 et ont assuré la poursuite du processus d’apprentissage pour les enfants et les adolescents; salue les initiatives prises par les organisations internationales et locales de la société civile, les particuliers et les entreprises pour fournir aux enfants des technologies de l’information et de la communication, des cours d’apprentissage à distance et d’autres matériels d’apprentissage, en particulier dans les pays où les enfants ont un accès limité à l’apprentissage à distance ou n’ont pas du tout accès à l’apprentissage; demande instamment à la Commission, au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et aux États membres de promouvoir une approche fondée sur les droits de l’enfant dans le cadre des efforts déployés au niveau mondial pour atténuer les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur l’accès des enfants à l’éducation, et sur les principes de non-discrimination, d’intérêt supérieur de l’enfant et de participation des enfants;
2. reconnaît que l’éducation est une question transversale qui intéresse tous les aspects du développement durable;
3. se félicite des engagements pris lors de la conférence mondiale de l’Unesco sur l’éducation au développement durable de 2021 et de l’adoption de la déclaration de Berlin; insiste sur le fait qu’il est nécessaire de garantir une éducation de qualité à tous les enfants en tant que moteur de la réalisation de l’ensemble des ODD et qu’il importe d’intégrer le développement durable à tous les niveaux de l’éducation et de la formation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur et à l’éducation des adultes, y compris l’enseignement et la formation professionnels, l’éducation non formelle et l’apprentissage informel;
4. insiste pour que l’Union montre la voie à suivre en tant que puissance dans le domaine de l’éducation, qui permet aux États membres d’exercer pleinement leur capacité à soutenir l’éducation des enfants dans le monde et de faire valoir leurs convictions à ce sujet; insiste sur le rôle essentiel du futur espace européen de l’éducation, qui offre une occasion importante de renforcer la coopération internationale afin de créer des synergies en matière d’éducation au-delà de l’Europe et ainsi d’élaborer des approches et des solutions communes à des défis communs; exhorte la Commission à redoubler d’efforts pour définir, dans cette perspective, une stratégie assortie d’une description et d’objectifs clairs;
5. souligne qu’il importe absolument de garantir le droit des enfants à l’éducation et de donner à chaque enfant la chance de retourner à l’école et demande à la Commission, au SEAE et aux États membres de soutenir les autorités des pays tiers pour qu’elles fassent de la réouverture des écoles une priorité de leurs plans de relance, y compris sous la forme d’un soutien aux enseignants en vue d’aider les enfants à rattraper leur retard d’apprentissage, ainsi que d’un soutien au bien-être des enfants, les écoles étant essentielles à l’apprentissage, à la sécurité, à la santé, à la nutrition et au bien-être général des enfants; demande à la Commission, au SEAE et aux États membres d’aider les autorités des pays tiers à veiller à ce que tous les enfants puissent jouir de leur droit à une formation primaire et à prendre des mesures pour s’assurer que la formation secondaire soit disponible et accessible; invite en outre la Commission, le SEAE et les États membres à aider les autorités des pays tiers à concevoir et mettre en œuvre des méthodes d’apprentissage et d’enseignement numériques et à faciliter l’accès à l’internet pour tous;
6. estime qu’il convient d’accorder la priorité aux plans de relance nationaux et aux programmes d’aide pilotés par les institutions financières européennes et internationales qui prévoient une meilleure mobilisation des ressources nationales, la protection et la forte augmentation des dépenses nationales dans les domaines sociaux, notamment l’éducation et la santé, et l’amélioration de la qualité de ces dépenses; insiste, dans ce contexte, sur la nécessité d’assurer une répartition et un financement équitables afin que les enfants, les jeunes et les familles défavorisés, pauvres ou marginalisés – en particulier les filles – ne soient pas laissés pour compte; souligne que l’intérêt supérieur de l’enfant doit guider tous les efforts visant à atténuer les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur l’accès à l’éducation et que ces mesures doivent respecter les droits de l’enfant à être informé, à être responsabilisé et à avoir la possibilité de faire entendre sa voix;
7. souligne qu’il est essentiel de prendre en compte la situation sociale des parents et de soutenir les familles qui ont vu leurs revenus diminuer du fait des répercussions économiques de la pandémie de COVID-19;
8. reconnaît que la mise en place d’une éducation de qualité doit être une priorité pour l’aide publique au développement de l’Union et de ses États membres;
9. note que les déplacements forcés entraînent une augmentation du nombre de personnes vivant dans des camps de réfugiés; invite la Commission à favoriser le transfert de compétences dans les camps de réfugiés et à soutenir activement l’éducation des réfugiés et des personnes déplacées afin de faciliter leur intégration et leur participation à des activités génératrices de revenus;
10. se déclare préoccupé par l’incidence financière durable de la pandémie sur le financement de l’éducation, étant donné que la majorité des États membres de l’Unesco n’ont pas encore atteint le seuil de 4 à 6 % de leur PIB ou de 15 à 20 % de leurs dépenses publiques;
11. met en avant les inégalités qui existent dans les efforts déployés pour lutter contre la pandémie en raison de l’inégalité d’accès aux vaccins et des inégalités de moyens de protection qui en résultent; souligne que l’on ne pourra stopper la pandémie qu’en agissant à l’échelle mondiale et que les vaccins doivent être accessibles à tous; demande aux États membres de revoir à la hausse leurs contributions au programme COVAX des Nations unies et son efficacité globale pour garantir un accès suffisant aux vaccins contre la COVID-19 pour les pays tiers afin de leur permettre de mettre sur pied des campagnes de vaccination nationales contre la COVID-19 qui soient conformes aux orientations fixées par les autorités nationales de santé publique concernées et par l’Organisation mondiale de la santé, de façon à permettre un retour rapide dans les écoles; demande instamment à la Commission, au SEAE et aux États membres de travailler en étroite collaboration avec leurs alliés transatlantiques et partenaires internationaux afin de favoriser l’approvisionnement mondial en vaccins contre la COVID-19, en assurant une distribution équitable aux pays et aux populations qui en ont le plus besoin, en vue de renforcer l’accès mondial à des produits médicaux liés à la COVID-19 à un prix abordable et de faire face aux contraintes de production et aux pénuries d’approvisionnement à l’échelle mondiale;
12. prie instamment l’Union, ainsi que les États-Unis et les autres membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’accroître la production et de diversifier les possibilités d’approvisionnement pour garantir un accès équitable aux diagnostics, aux vaccins, aux traitements et aux autres produits de santé nécessaires pour endiguer, prévenir et traiter la COVID-19, et de veiller à obtenir des résultats en ce sens d’ici à la 12e conférence ministérielle de l’OMC;
13. invite la Commission, le SEAE et les États membres à aider les autorités des pays tiers à mettre en œuvre des opérations spécifiques pour rendre les écoles sûres, notamment en fournissant des produits d’hygiène et en communiquant des informations sur le lavage des mains et d’autres mesures d’hygiène ainsi qu’en maintenant la continuité des services de nutrition pour les enfants et les adolescents en âge d’être scolarisés; souligne que les repas scolaires et l’accès à de l’eau propre sont non seulement essentiels pour assurer la nutrition, la croissance et le développement des enfants, mais qu’ils constituent également une forte incitation pour les enfants, en particulier les filles et les enfants issus des communautés les plus pauvres et les plus marginalisées, à retourner à l’école une fois les restrictions levées; souligne, à cet égard, l’importance cruciale du rôle des enseignants et des acteurs de la société civile, y compris des associations, communautés et ONG confessionnelles, pour promouvoir la santé et prévenir et combattre la pandémie de COVID-19 ainsi que pour soutenir les enfants et leurs familles face aux défis et difficultés amenés par la crise sanitaire, améliorer leur bien-être et proposer des programmes de formation et d’éducation;
14. demande à la Commission, au SEAE et aux États membres de soutenir les autorités des pays tiers dans l’établissement de plans de gestion et d’atténuation des risques liés à l’éducation grâce à la planification de la résilience; souligne l’importance de développer et de garantir dès maintenant des plans d’urgence et de réponse aux crises pour réduire le risque de transmission de la COVID-19 dans les écoles et pour minimiser l’incidence de la fermeture des écoles sur les enfants et leurs familles, en particulier sur les enfants les plus pauvres et les plus marginalisés, ainsi que ceux en situation de handicap grave; souligne, à cet égard, la nécessité de donner la priorité aux enfants dans les zones de conflit ainsi qu’à leur accès à une éducation de qualité;
15. souligne l’incidence que la fermeture des écoles peut avoir sur les responsabilités professionnelles des parents qui doivent s’occuper de leurs enfants dans le même temps; souligne l’importance de fournir aux parents qui travaillent des ressources et des conseils adéquats sur l’enseignement à distance, les activités extrascolaires et les méthodes de soutien psychologique pour concilier travail à domicile et enseignement à domicile;
16. souligne qu’il importe de fournir un soutien éducatif et psychosocial aux enfants et aux familles qui doivent se placer en isolement pour réduire autant que possible le risque de contagion, en vue de faire baisser le niveau de stress et d’anxiété au sein du foyer familial;
17. demande à la Commission, au SEAE et aux États membres d’aider les autorités des pays tiers à publier de manière proactive des orientations sur les bonnes pratiques en matière d’apprentissage à distance et à veiller à ce que des outils, des programmes et des technologies appropriés et sûrs soient utilisés et mis à la disposition d’enfants issus de familles à faibles revenus, d’enfants issus de zones rurales, autochtones et migrants, d’enfants marginalisés et d’enfants handicapés ou ayant des difficultés d’apprentissage, d’enfants bénéficiant d’une protection de remplacement, d’enfants dans des centres de détention ainsi que d’enfants vivant dans des zones reculées ou dans des environnements où ils sont privés de liberté ou où l’accès à l’internet n’est pas omniprésent; souligne les possibilités offertes par l’apprentissage numérique pour permettre aux établissements d’enseignement d’atteindre tous les enfants rapidement et à grande échelle, tout en favorisant les partenariats et en travaillant avec un large éventail d’acteurs de la société civile ainsi que des secteurs public et privé; souligne toutefois que l’investissement dans l’apprentissage numérique doit viser la réduction des fractures numériques et s’adapter au contexte, tout en étant compatible avec l’intérêt supérieur de l’enfant, sans préjudice du soutien aux infrastructures et au personnel de l’éducation de base ainsi que de l’apprentissage en présentiel; rappelle également que l’accès aux technologies numériques n’a toujours pas été équitable ni généralisé pendant la pandémie; estime que de lourds investissements sont nécessaires dans ce secteur, tant en matière de formation que de financement; invite l’Union et les États membres à continuer à fournir des ressources éducatives gratuites ainsi qu’un accès libre aux outils numériques aux enseignants, aux parents et aux élèves; souligne, dans ce contexte, que la vie privée des enfants et la protection des données à caractère personnel doivent être garanties lors de l’utilisation de tous les outils numériques et qu’il faut être attentif aux contenus liés aux questions de genre et aux réalités de vie différentes des enfants;
18. invite la Commission et le SEAE à maintenir un financement solide pour l’éducation par l’intermédiaire de tous les instruments financiers de l’Union disponibles, conformément au critère de référence de 10 % relatif à l’éducation de l’instrument «L’Europe dans le monde», ainsi qu’à y consacrer davantage de fonds afin d’accroître la résilience face aux crises actuelles et futures;
19. invite la Commission, le SEAE et les États membres à aider les autorités des pays tiers à assurer une prise en charge appropriée des enfants, y compris en mettant en place un plan d’urgence pour la prise en charge des enfants qui se retrouvent orphelins ou qui ne sont plus pris en charge de façon appropriée en raison de graves cas de COVID-19 qui nécessitent l’hospitalisation des adultes qui en ont la charge;
20. invite la Commission à établir un lien entre les activités de réduction des risques potentiels des investissements et le soutien financier à l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, en particulier grâce à la mise en place d’infrastructures appropriées et d’une formation de qualité pour les enseignants, dans le cadre de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) – Europe dans le monde;
21. demande à la Commission et au SEAE de soutenir les gouvernements des pays tiers dans la construction et la consolidation de systèmes éducatifs plus robustes, plus inclusifs et qui prennent en compte les questions de genre ainsi que dans l’éradication de toutes les formes de violence fondée sur le genre à l’égard des femmes et des filles; rappelle que les Nations unies ont établi l’accès des femmes à l’éducation comme un droit fondamental; est d’avis que l’amélioration de l’éducation des filles et le soutien à la participation des femmes à l’enseignement ainsi qu’à leur investissement dans des carrières dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) devraient constituer un objectif stratégique prioritaire pour l’Union et la communauté internationale du développement; insiste, à cet égard, sur le fait que les filles doivent pouvoir achever leur scolarité et avoir accès à des informations et à des services adaptés à leur âge, sans se heurter à des discriminations ni à des préjugés sexistes et avec une chance égale de réaliser leur potentiel; souligne la nécessité pressante de lutter contre les obstacles à l’éducation liés au genre, tels que les lois, les politiques et les normes socioculturelles néfastes qui empêchent les filles de poursuivre leurs études en cas de grossesse, de mariage ou de maternité; encourage la lutte contre les stéréotypes sexistes et les normes socioculturelles préjudiciables par l’intermédiaire de l’éducation, ainsi que la prévention de la violence au moyen de programmes éducatifs tenant compte de la dimension de genre;
22. condamne le fait que des millions de filles dans le monde n’ont pas accès à l’éducation, ce qui les expose à la dépendance et à un risque plus élevé de violence et d’exploitation, en particulier dans les cas où les femmes et les filles se voient systématiquement refuser l’accès à l’éducation, au travail et à la vie publique par les autorités en place; rejette l’utilisation abusive et l’instrumentalisation de toute pratique interdisant de manière discriminatoire l’accès à l’éducation à certains groupes ou imposant la fermeture des écoles pour eux; demande qu’il soit mis fin à ces pratiques et demande instamment la réouverture de toutes les écoles pour les filles et les femmes;
23. invite la Commission et le SEAE à préserver ainsi qu’à renforcer les réalisations des vingt dernières années en matière d’éducation des filles et des femmes en Afghanistan; demande instamment l’allocation des fonds nécessaires dans le cadre de l’aide humanitaire de l’Union en faveur de l’Afghanistan afin de permettre aux organisations internationales et locales de faciliter la réouverture des établissements d’enseignement pour les filles et les femmes et de développer des programmes d’apprentissage à distance à titre de mesure temporaire; demande qu’une attention similaire soit accordée à l’éducation des enfants et des jeunes Afghans dans les pays qui accueillent des réfugiés afghans;
24. souligne que le droit à l’éducation et à l’information sur la santé sexuelle et reproductive, le planning familial, les méthodes modernes de contraception, l’avortement sûr et légal, ainsi que les soins de santé maternelle, prénatale et postnatale, doit être garanti pour tous;
25. invite la Commission, le SEAE et les États membres, ainsi que les gouvernements nationaux des pays tiers, à élaborer des programmes spécifiques pour gérer et atténuer les effets de la pandémie de COVID-19 sur la santé mentale des enfants, des enseignants et de leur entourage ainsi que l’impact psychosocial de la pandémie sur ceux-ci et à concevoir des campagnes de prévention spécifiques destinées aux enfants, aux parents et aux enseignants sur les risques lors de l’utilisation de l’internet, tels que le harcèlement, la traite, les abus sexuels et le harcèlement en ligne, ainsi qu’à promouvoir des plans spéciaux pour aider les enfants victimes de ces pratiques et leurs parents;
26. souligne la nécessité de programmes complets d’éducation sexuelle adaptés à l’âge, fondés sur des données probantes, afin de réduire la vulnérabilité des filles et des jeunes femmes aux grossesses précoces ou involontaires, au mariage d’enfants, à la prostitution, à la transmission du VIH et aux violences à caractère sexiste;
27. constate que le nombre d’élèves par rapport à celui des professionnels formés dans la région subsaharienne reste élevé, malgré les différents efforts de l’Union et l’aide qu’elle apporte; attire l’attention sur les moyennes régionales qui sont de 58 élèves par enseignant formé au niveau primaire, et de 43 élèves par enseignant formé au niveau secondaire; relève que de nombreux pays en développement ont des difficultés à utiliser efficacement les ressources et que très souvent, une augmentation des dépenses consacrées à l’éducation ne se traduit pas par un renforcement de l’apprentissage ou par une amélioration du capital humain; souligne le rôle joué par les enseignants à tous les niveaux pour faciliter l’apprentissage ainsi que l’importance des technologies pour l’apprentissage et la gestion efficace des écoles et des systèmes éducatifs dans ces pays; rappelle que d’après l’UNESCO, il faut recruter au moins 15 millions d’enseignants d’ici 2030 pour atteindre les objectifs en matière d’éducation en Afrique subsaharienne, conformément à l’ODD 4;
28. invite la Commission, le SEAE et les États membres à aider les autorités des pays partenaires à résoudre les problèmes qui minent leurs systèmes d’éducation afin qu’ils puissent résister aux crises à venir et à rendre les systèmes plus résilients et inclusifs, à mettre en œuvre des programmes de rattrapage des retards d’apprentissage, à protéger les budgets alloués à l’éducation, avec des investissements spécifiques dans une éducation de qualité, abordable et inclusive, y compris des investissements dans les technologies de l’éducation, la formation des enseignants et d’autres ressources, afin de veiller à ce que les enfants et les jeunes exploitent pleinement leur potentiel, soient préparés à la vie et ne manquent pas d’occasions d’accéder au marché du travail à un stade ultérieur de leur vie, tout en respectant les besoins et les droits en matière d’éducation de chaque enfant; souligne que les programmes d’apprentissage à distance conçus pour faire face aux crises futures doivent comprendre différents supports d’apprentissage, y compris des supports imprimés, afin d’être accessibles aux enfants les plus défavorisés et les plus marginalisés;
29. se félicite de la déclaration de Paris adoptée par l’Unesco intitulée «Un appel mondial en faveur de l’investissement dans les futurs de l’éducation»; invite instamment les pays du monde entier à considérer l’éducation comme un investissement plutôt que comme une dépense; estime qu’une aide financière adéquate et efficace dans le domaine de l’éducation est une condition préalable à l’éradication de la pauvreté et à l’amélioration du bien-être, en particulier à un moment où les ressources publiques sont de plus en plus limitées du fait d’exigences contradictoires, notamment dans des secteurs fortement touchés tels que la santé et l’éducation; invite instamment la Commission et les États membres à augmenter de manière considérable les financements en faveur de l’éducation dans leurs stratégies internationales de développement et d’assistance;
30. souligne que les jeunes constituent les atouts les plus précieux des pays en développement pour stimuler leur développement économique;
31. rappelle que la communauté mondiale s’est engagée à améliorer la qualité de l’éducation d’ici à 2030 (ODD 4);
32. appelle à l’intensification des échanges scolaires internationaux entre jeunes en Afrique et dans l’Union au travers, par exemple, des programmes Erasmus et Erasmus pour jeunes entrepreneurs, qui consiste à aider de nouveaux entrepreneurs à acquérir les compétences nécessaires pour la gestion d’entreprise;
33. demande aux États membres de prendre en considération l’aggravation de la situation des enfants détenus dans des camps en Syrie en raison de la crise sanitaire de la COVID-19 et de rapatrier immédiatement tous les enfants européens détenus dans ces camps, en faisant prévaloir le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant comme considération primordiale;
34. souligne qu’il importe d’inclure la formation professionnelle et les «programmes de seconde chance» dans les plans de relance pour aider les enfants et les jeunes à entrer sur le marché du travail; demande à la Commission, au SEAE, aux États membres et aux pays tiers de créer des perspectives attractives pour les jeunes;
35. souligne qu’il importe que les investissements dans la formation et l’éducation aillent de pair avec un soutien à la création d’emplois afin d’offrir de meilleures perspectives d’avenir à la prochaine génération de jeunes en Afrique et dans les autres régions en développement; note l’importance particulière que revêtent les partenariats public-privé pour atteindre l’ODD 8 (accès à des emplois décents); rappelle l’importance de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle, qui sont essentiels pour l’employabilité des jeunes et le développement durable; note en outre que la population jeune d’Afrique a d’abord et avant tout besoin d’être soutenue par une éducation de qualité et par un renforcement de la formation professionnelle afin de faciliter sa mobilité ainsi que son accès aux marchés et aux droits;
36. invite l’Union à encourager l’investissement dans la formation professionnelle et l’apprentissage tout au long de la vie ainsi que le renforcement des structures éducatives en coopération avec le secteur privé afin de mettre à profit le capital humain;
37. insiste sur l’importance de la formation professionnelle continue et d’un soutien financier accru pour les enseignants, qui leur donne les moyens de remédier aux pertes d’apprentissage de leurs élèves et ainsi de réagir à leur situation sociale, familiale et sur le plan de la santé mentale, et d’intégrer les technologies numériques dans les activités pédagogiques; souligne qu’il est urgent de saisir l’occasion et d’utiliser les fonds de relance post-COVID-19 ainsi que les mesures novatrices rapides utilisées pour assurer l’apprentissage à distance pendant la pandémie pour repenser l’éducation et bâtir des systèmes davantage tournés vers l’avenir, inclusifs, souples et résilients; est d’avis que ces nouvelles approches doivent permettre de remédier aux pertes d’apprentissage, prévenir l’abandon scolaire et assurer le bien-être social et émotionnel des élèves, des enseignants et du personnel;
38. souligne le rôle de l’éducation non formelle et informelle, de l’éducation à la citoyenneté et du bénévolat; invite la Commission à soutenir les pays tiers pour améliorer la reconnaissance des compétences non techniques; souligne qu’il faut promouvoir les pratiques de solidarité intergénérationnelle et de mentorat pour réduire les inégalités, l’exclusion ou le décrochage scolaire;
39. appelle à accélérer les échanges de connaissances et à renforcer la mobilité à l’échelle mondiale et à tous les niveaux de l’éducation, entre les pays et les régions ainsi qu’en leur sein, tout en reconnaissant la complexité de l’histoire des relations mondiales et les controverses qu’elle suscite et en insistant sur l’importance de promouvoir le patrimoine, l’identité culturelle, l’histoire, les arts et la citoyenneté mondiale au travers de l’éducation; relève à cette fin le potentiel que présente la combinaison des échanges en ligne et des voyages;
40. souligne qu’il importe de développer et de renforcer les activités de sensibilisation au changement climatique, à la protection de l’environnement et à leur incidence sur les enfants et les générations futures; appelle à faire de l’éducation à l’environnement une composante essentielle des programmes scolaires;
41. insiste sur l’importance du rôle de l’éducation physique à l’école, étant donné que l’activité physique et un mode de vie sain sont essentiels pour améliorer la santé des apprenants; invite par conséquent la Commission et le SEAE à aider les autorités nationales à mettre à disposition des installations sportives suffisantes et sûres dans les écoles ainsi qu’à assurer la formation de professeurs de sport qualifiés;
42. attire l’attention sur la nécessité d’exploiter les synergies entre la culture et l’éducation afin de façonner des sociétés durables, inclusives et résilientes; invite à cet égard la Commission et le SEAE à aider les autorités nationales à intégrer les arts et la culture dans les programmes scolaires et les activités extrascolaires afin d’enrichir les expériences éducatives et d’apprentissage des apprenants dans les pays tiers;
43. estime que les gouvernements nationaux – et leurs autorités nationales, régionales ou locales compétentes – doivent communiquer avec les enfants de manière adaptée afin d’expliquer les mesures prises pour limiter la propagation de la COVID-19, d’exposer les conséquences, les risques et les dangers liés à la COVID-19 et d’informer les enfants de leurs droits;
44. souligne l’importance de l’acquisition de compétences, notamment par le biais de l’apprentissage en présentiel, qui permettra aux enfants de progresser tout au long de leur vie, notamment dans le domaine des relations personnelles, des capacités d’étude, de l’empathie et de la coopération; souligne qu’il est important que les enfants puissent se consacrer à des jeux et des activités de loisirs, qui constituent un élément fondamental de leur développement, comme le reconnaît l’article 31 de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant; demande que des mesures soient prises pour permettre aux enfants de s’adonner à davantage de loisirs et d’activités culturelles, qui constituent des droits en soi mais sont également un moyen d’améliorer leur santé mentale et leur bien-être global;
45. renouvelle son appel aux États membres des Nations unies qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, en soulignant qu’il importe de rendre réellement effectif cet instrument essentiel des droits de l’homme dans le monde entier;
46. souligne la nécessité d’une évaluation, d’un suivi et d’un contrôle appropriés de l’incidence des initiatives lancées pendant la crise afin d’identifier les lacunes et les défaillances ainsi que les moyens d’y remédier;
47. s’engage à faire de l’éducation un sujet de débat essentiel dans le cadre des travaux des délégations parlementaires, notamment au travers d’assemblées parlementaires paritaires telles que l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE;
48. charge sa Présidente de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.
Notamment les observations générales nº 5 sur les mesures d’application générales de la convention relative aux droits de l’enfant, nº 6 sur le traitement des enfants non accompagnés et des enfants séparés en dehors de leur pays d’origine, nº 10 sur les droits de l’enfant dans le système de justice pour mineurs, nº 12 sur le droit de l’enfant d’être entendu, nº 13 sur le droit de l’enfant d’être protégé contre toutes les formes de violence, nº 14 sur le droit de l’enfant à ce que son intérêt supérieur soit une considération primordiale, nº 15 sur le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et nº 16 sur les obligations des États concernant les incidences du secteur des entreprises sur les droits de l’enfant.
Centre de recherche de l’Unicef (janvier 2021), «COVID-19: Missing More Than a Classroom – The impact of school closures on children’s nutrition» (COVID-19: Les enfants privés de bien plus que de salles de classe – L’incidence de la fermeture des écoles sur l’alimentation des enfants).
Communiqué de presse d’Europol du 19 juin 2020 intitulé «Exploiting Isolation: Sexual Predators Increasingly Targeting Children during COVID Pandemic» (Exploiter l’isolement: les prédateurs sexuels ciblent de plus en plus les enfants pendant la pandémie de COVID-19).