Covid-19 : comment l'UE peut aider les petites entreprises à renforcer leur résilience 

 
 

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©PATRICIA DE MELO MOREIRA/AFP  

Les petites entreprises ont été durement touchées par la crise du Covid-19. Selon les députés, l'UE peut les aider en assouplissant les exigences et en soutenant leur résilience.

Dans un rapport adopté en décembre, le Parlement a demandé des mesures pour aider les petites et moyennes entreprises à faire face à la crise et pour les soutenir dans le processus de numérisation et de décarbonisation.



Pourquoi les petites et moyennes entreprises sont-elles importantes ?


Les PME sont l'épine dorsale de l'économie. En effet, au nombre de 24 millions, elles représentent 99% des entreprises de l'UE. Avant le début de la pandémie, ces entreprises ont généré plus de la moitié du PIB de l’UE tout en employant environ 100 millions de travailleurs. L'Union européenne doit les aider à surmonter la crise du Covid-19.


Le rapport du Parlement de décembre a souligné la nécessité de mettre à jour la stratégie de la Commission européenne en faveur des PME en raison du coronavirus. En effet, cette stratégie fut initialement publiée le 10 mars 2020, soit un jour avant que l’Organisation mondiale de la santé déclare une pandémie.


Certaines des propositions de la Commission visent à améliorer l'accès des PME aux marchés extérieurs à l'UE et à étendre le programme Erasmus aux jeunes entrepreneurs afin qu’ils puissent se former auprès de travailleurs expérimentés du monde entier.


Les députés demandent également d'aligner la stratégie PME sur la stratégie industrielle, la stratégie européenne pour les données et le pacte vert européen, afin d'impliquer activement et de soutenir les PME dans la transition vers une Europe plus verte et numérique. Les petites entreprises sont essentielles à la compétitivité et à la prospérité de l’Europe, aux écosystèmes industriels, à la souveraineté économique et technologique et à la résistance aux chocs extérieurs.


Les secteurs tels que le tourisme, l'hôtellerie, la culture, la création, les transports, les foires commerciales et les événements, en grande partie composés de PME, sont ceux qui ont le plus souffert de la crise du Covid-19.



Moins de bureaucratie


Les petites et moyennes entreprises ont besoin de davantage de ressources pour faire face à des exigences bureaucratiques complexes. Selon les députés, l'excès de charge administrative mine leur capacité à prospérer. Ces derniers invitent donc les États membres et la Commission à reconnaître la nécessité d’une meilleure réglementation et d’une simplification, et à adopter une feuille de route assortie d’objectifs concrets et contraignants.


Selon une enquête de 2019 réalisée par Eurochambres auprès des entreprises, les procédures administratives représentent un défi majeur pour pas moins de 78% des PME. Les formalités complexes auxquelles les PME, surtout les microentreprises, sont confrontées les empêchent d'obtenir des liquidités pour leur fonctionnement de base. Les députés se sont montrés inquiets des difficultés d'accès aux lignes de financement de la Banque européenne d’investissement (BEI). En réponse à cela, ils préconisent un assouplissement temporaire des règles de l'UE en matière d'aides d'État.



Focus sur l'innovation et l'accès au marché


Le Parlement souhaite également que les PME soient soutenues dans la numérisation et l’innovation. Pour cela, il est nécessaire de développer des initiatives pilotes afin accélérer l'adoption de solutions de commerce électronique par les PME, surtout depuis que la pandémie a poussé les petites entreprises vers des modèles commerciaux numériques. Seules 17% des PME ont jusqu'à présent adopté de nouvelles technologies numériques.


Les députés demandent à la Commission et aux États membres d’investir, entre autres, dans l’économie des données, l’intelligence artificielle, la production intelligente, l’internet des objets (IDO) et l’informatique quantique et de garantir une forte proportion de PME dans ces domaines.

Actuellement, environ 600 000 PME exportent hors de l'UE. Selon les députés, ces entreprises qui cherchent à accéder au marché mondial n'amélioreront leur compétitivité que si elles sont soutenues aux niveaux local et international.