Martin Schulz se donne pour mission de rapprocher l’Europe des citoyens 

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Martin Schulz est le premier président du Parlement européen à être réélu  

« N’est-ce pas plutôt l’Europe qui se détourne des citoyens ? » Martin Schulz a pensé pendant des mois à cette question d’une femme danoise lors d’un débat sur les raisons pour lesquelles les citoyens se détournent de l’Europe. « Cette phrase m’a vraiment touché », nous a-t-il déclaré quelques mois plus tard dans une interview. « Peut-être que ça n’est pas vrai, mais nous devons le prends au sérieux, sinon l’Union européenne échouera ».

Martin Schulz, qui est le premier président du Parlement européen à être réélu, a pour mission de rapprocher l’Europe des citoyens. Pour lui, l’Union européenne (UE) ce n’est pas seulement à propos de créer le plus grand marché unique du monde, mais comment cela fait une différence dans la vie quotidienne des citoyens. L’UE doit répondre aux craintes de la population afin de faire face à l’euroscepticisme et l’extrémisme.


Garantir la justice sociale


« Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse en Europe », a déclaré Martin Schulz. « Il y a plus de personnes qui se trouvent dans des situations de travail précaires, alors qu’en même temps les riches deviennent encore plus riches. Pour les citoyens, ça n’est pas justifié et c’est ce que nous devons combattre ». Il s’est également inquiété du taux de chômage des jeunes : « nous pouvons réformer le marché du travail tant que nous voulons, mais tant qu’il n’y a pas de croissance économique, les jeunes n’auront aucune chance et une génération entière se détournera de l’Europe. Nous risquons de perdre toute une génération ».


Besoin d’européaniser les politiques

 

Selon l’ancien président du groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, les difficultés des citoyens avec l’Europe n’ont rien à voir avec un manque d’informations. « Nous pouvons biensûr rendre le Parlement européen plus transparent encore, nous pouvons ouvrir encore plus de bureaux d’information, mais aussi longtemps qu’il y a un filtre national aux politiques européennes, il est difficile d’atteindre les gens. C’est pourquoi la politique nationale doit être européanisée ».


Donner de l’importance au vote

 

À l’occasion des élections européennes cette année, plusieurs partis politiques ont proposé un candidat à la présidence de la Commission européenne pour la première fois. Jean-Claude Juncker, le candidat du parti qui a récolté le plus de sièges, a reçu le feu vert des autres groupes politiques pour tenter de rallier une majorité à sa candidature. Le Conseil l’a désigné comme leur candidat pour le poste.


Martin Schulz était le candidat du Parti des socialistes européens (PSE). Selon lui, il y a eu tournant : « si le Conseil n’avait pas choisir Juncker, on aurait pu oublier les prochaines élections européennes. Aujourd’hui, une chose est claire pour les prochaines élections européennes : le vote compte. Si nous nous organisons correctement, nous ouvrirons un nouveau chapitre du parlementarisme européen », a-t-il expliqué.


Un Parlement plus fort

 

La décision a également renforcé la position du Parlement européen. « Je pense que la décision du Conseil en faveur de Juncker, qui était le candidat du Parlement, signifie une augmentation considérable de l’influence du Parlement européen. Lors de la dernière législature, mon objectif était de rendre le Parlement européen aussi fort que la Commission et le Conseil. Ce sera aussi mon objectif principal de ce second mandat ».


Une coopération rapprochée avec la Commissions

 

La victoire de Juncker a également mené Martin Schulz à se présenter à nouveau à la présidence du Parlement européen : « au départ, je voulais devenir président de la Commission mais les électeurs en ont décidé autrement. Il était alors nécessaire pour les deux grandes familles politiques de collaborer pour permettre au Parlement et à la Commission de travailler plus étroitement ensemble. Il était donc logique pour moi que l’un soit en charge de la Commission et l’autre à la tête du Parlement. La Commission se rapprochera du Parlement et, par conséquent, sera plus légitime. Il y aura une grande convergence dans les actions de la Commission et du Parlement européen ».


Les défis à venir

 

Martin Schulz a des plans ambitieux pour la nouvelle législature. « Je veux renforcer le rôle institutionnel du Parlement. Je pense que le Parlement européen devrait se concentrer sur les questions principales telles que les banques, le chômage des jeunes, le chômage en général, le changement climatique, la politique énergétique », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « le Parlement est de plus en plus puissant, plus visible ».

Aujourd’hui, une chose est claire pour les prochaines élections européennes : le vote compte.

Martin Schulz, président du Parlement européen  
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