25 ans du Prix Sakharov: "se taire et regarder ailleurs n'aide que les auteurs" 

 
 

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Barbara Lochbihler, députée allemande membre du groupe des Verts  

Les droits de l’homme ont toujours été une priorité pour le Parlement européen, qui depuis 25 ans remet le Prix Sakharov aux défenseurs de la liberté dans le monde. Nous avons discuté du prix et de la façon dont il a aidé à promouvoir les droits fondamentaux dans le monde entier avec Barbara Lochbihler, députée verte allemande et présidente de la sous-commission des droits de l’homme.

Comment le Prix Sakharov a-t-il contribué à défendre les droits de l’homme et à aider les lauréats dans leur combat ?

Le Prix Sakharov a pour but de conscientiser le public sur les défenseurs des droits de l’homme et les violations qu’ils combattent. Il est nécessaire d’attirer l’attention du public car se taire et regarder ailleurs n’aide que les auteurs de ces violations.

Chacun des lauréats a lutté contre une violation spécifique des droits de l’homme. Certains d’entre eux ont été emprisonnés, d’autres sont devenus des leaders d’opposition. En leur décernant le prix, nous les aidons à continuer et parfois, nous les protégeons. Le prix a également aidé le Parlement européen à enrichir son travail dans le domaine des droits de l’homme. C’est donc un véritable échange.

Comment voyez-vous l’avenir ? Que peut faire de plus le Parlement européen en faveur des droits de l’homme ?

Je pense que notre défi est que d’autres commissions accordent plus d’attention aux droits de l’homme, comme par exemple celle du commerce international. Lors de la prochaine législature, nous devons essayer activement d’intégrer les questions des droits de l’homme dans le travail de toutes les commissions du Parlement européen.

Les intérêts économiques et géostratégiques sont toujours pris en compte par les décideurs étrangers, mais l’Europe est connue pour sa politique axée sur les valeurs. Le Prix Sakharov permet de renforcer cette approche.