Reconstruire l'UE après le Covid-19 : les députés demandent une action décisive  

 
 

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Les Européens attendent de l'UE et de ses gouvernements qu'ils agissent de manière décisive pour sortir de la crise et construire une Europe plus résiliente, ont déclaré les députés.

Débat entre les députés, le Conseil et la Commission sur les actions pour lutter contre la pandémie de coronavirus et ses conséquences  

Lors d'un débat avec le Président du Conseil européen, Charles Michel, et la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les députés ont insisté sur l’importance de la solidarité et de la mise en place de nouvelles mesures ambitieuses afin de surmonter la pandémie de coronavirus et les défis économiques qui en découlent.



Une sortie de crise coordonnée


« Nous voulons sortir de cette crise plus forts, plus solides, plus aptes à relever les défis de demain. Il sera extrêmement important de coordonner l'assouplissement progressif des mesures de confinement ainsi que la reprise des activités pour éviter tout retour en arrière ou tout retour dévastateur vers la crise », a déclaré le Président du Parlement européen, David Sassoli, lors de son discours d'ouverture.



La plupart des députés ont salué les plans annoncés par Ursula von der Leyen, visant à garantir des investissements massifs dans le but de créer une économie plus résiliente, verte et numérique. La Présidente de la Commission a également souligné le rôle crucial du budget à long terme de l'UE, le décrivant comme « vaisseau mère de notre reprise ». Elle a aussi évoqué le besoin d'un nouveau plan Marshall, en référence au programme qui a permis aux pays européens de reconstruire leurs économies suite à la Seconde Guerre mondiale.



Le Président du Conseil, Charles Michel, a également appelé à une action commune au niveau européen, déclarant que : « parfois, il faut une crise pour rassembler les gens. »



Interventions des députés européens lors du débat


Prenant la parole au nom du groupe PPE, le député européen espagnol Esteban González Pons a souligné le rôle du Parlement : « Tant que cette pandémie continue, le Parlement ne peut pas fermer... Le Parlement est essentiel en période de pandémie. C'est une période extraordinaire pour les gouvernements et le Parlement est l'hôpital de la démocratie ». Il en a également profité pour souligner les erreurs commises dans la réponse initiale à la crise : « Nous aurions pu agir plus tôt, nous aurions pu agir de manière plus décisive, nous aurions pu agir ensemble », mais a ajouté : « L'Union européenne est le grand espoir que des millions d'Espagnols recherchent ».



Beaucoup de ceux qui ont pris la parole, tant dans l’hémicycle que depuis leur domicile, ont souligné à quel point le moment était critique. « Les décisions que nous prenons aujourd'hui détermineront l'avenir de l'Europe, si elle en sortira plus forte ou si les citoyens cesseront de croire au projet européen », a déclaré Iratxe García Pérez, députée européenne socialiste espagnole. « Plus notre action sera décisive, moins l'impact de cette crise sera dramatique demain et plus vite nous pourrons retrouver une vie normale. »



Appelant à la solidarité et à la coopération face à la crise sanitaire, Dacian Cioloș, député européen roumain membre du groupe Renew Europe, a déclaré que « ces temps difficiles sont un test pour tout le monde ». Selon lui, l'Europe a besoin d'un plan Marshall, d'une stratégie numérique et du Pacte vert ainsi que de beaucoup d’« ambition pour mettre en œuvre sa stratégie ».



Marco Campomenosi, député européen italien membre du groupe Identité et démocratie, a évoqué la frustration des personnes livrées à elles-mêmes et souhaitant reprendre le travail. Il a tenu à noter que, même avant la crise, l'UE avait connu des années de faible croissance. Il a aussi ajouté que, selon lui, les règles de l'UE devaient être modifiées afin de stimuler l'économie et assurer davantage d’autonomie.



« Nous voyons que la mondialisation et que l’envie de posséder toujours davantage ne sont pas toujours la réponse, mais se font au détriment de la résilience et de la capacité à faire face aux chocs », a déclaré Philippe Lamberts, député européen belge membre du groupe des Verts. Il a, par la suite, appelé à repenser l'organisation de la société et à envisager « une nouvelle façon de vivre, de produire, de bouger, de voyager ».



« Nous devons dire haut et fort que l'Europe n'était absolument pas préparée au rôle de coordinatrice qu'elle devait jouer » lors de la crise, a déclaré Raffaele Fitto, député italien du groupe ECR. Monsieur Fitto a demandé la mise en place de mesures pour soutenir les secteurs durement touchés tels que le tourisme, les transports et l'agriculture, ainsi que la suppression des formalités administratives et une refonte du budget de l'UE.



Manon Aubry, députée européenne française membre du groupe GUE/NGL, a critiqué les mesures d'austérité mises en place au cours de la dernière décennie, responsables selon elle de la réduction de la capacité de soins de santé à travers l'Europe. Manon Aubry a également regretté l'accent mis sur la limitation de la dette publique qui restreint la capacité des gouvernements à faire face aux crises. « Il est temps de lever certains tabous. C'est la seule manière de faire face à cette pandémie aujourd'hui et aux problèmes climatiques de demain. »



Découvrez les mesures prises par l'UE pour lutter contre la pandémie.