Mali: "Je regrette que les groupes tactiques de l'UE ne soient pas déployés" 

 
 

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Pour Arnaud Danjean, le recours aux groupements tactiques de l'UE pour faire face à la crise au Mali aurait été souhaitable  

L'appel de la France au soutien pour sa campagne contre les militants islamistes au Mali a reçu une réponse inégale des autres Etats membres. Bien que l'UE ait proposé de former l'armée malienne, la sous-commission parlementaire de la sécurité et de la défense souhaiterait un recours aux groupements tactiques, unités militaires rapidement mobilisables par l'UE pour une intervention internationale. Arnaud Danjean, député démocrate chrétien français, nous a donné son avis sur la situation.

Pourquoi la sous-commission de la sécurité et de la défense prône-t-elle le déploiement des groupements tactiques de l'UE au Mali? L'UE ne devrait-elle pas également offrir un autre type de soutien?

On peut envisager beaucoup de types de soutiens. Mais ces groupes tactiques avec leur flexibilité constituaient, quand ils ont été instaurés, l'outil le plus adapté pour répondre rapidement à une crise. Le Parlement européen, comme tous les observateurs, a pu constater que ces groupes n'ont jamais été utilisés: ils sont restés un instrument virtuel. Cet instrument aurait été particulièrement adapté pour répondre à une crise comme celle du Mali.

J'ajoute que le groupe tactique actuellement en alerte est constitué des 3 pays de Weimar: France, Pologne et Allemagne. Ces trois pays prônent une relance de l'Europe de la défense et veulent se montrer assez ambitieux en la matière. Je regrette que l'un des instruments de l'Europe de la défense qu'ils avaient la possibilité de mettre en œuvre n'ait pas été sollicité.

Avons-nous besoin d'une réponse militaire commune de la part de l'Union européenne face aux menaces communes?

Oui, je pense que c'est la raison d'être principale de la politique européenne de sécurité et de défense: offrir une réponse commune, à chacun selon ses possibilités. Les 27 Etats membres ont des capacités militaires très hétérogènes, il n'empêche que chacun doit pouvoir contribuer à la hauteur de ses moyens. Je regrette d'ailleurs que, de plus en plus, les missions effectuées dans le cadre de cette politique de sécurité et de défense commune impliquent un nombre de plus en plus restreint de pays contributeurs.

La crise constitue-t-elle un frein ou un incitant à la création d'une véritable politique européenne de la défense?


Les deux: nous aimerions qu'elle constitue une stimulation pour les pays qui sont tous confrontés à la crise budgétaire, qui voient diminuer les moyens alloués à la défense. Malheureusement je constate surtout pour l'instant que c'est un frein ; je dois dire de façon assez pessimiste que je ne vois pas quelles sont les initiatives en cours qui pourraient nous permettre de sortir de cette situation.