Comprendre l'écart de rémunération entre hommes et femmes : définition et causes 

 
 

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Les femmes qui travaillent dans l'UE gagnent en moyenne 16% de moins par heure que les hommes. Découvrez comment cet écart de rémunération entre les sexes est calculé.

Comprendre l'écart de rémunération entre hommes et femmes : définition et causes  

Bien que le principe de l'égalité des rémunération ait déjà été introduit dans le traité de Rome en 1957, l’écart salarial entre les sexes persiste et seules de petites améliorations ont été réalisées au cours des dix dernières années.

À plusieurs reprises, le Parlement européen a insisté sur la nécessité de réduire l'écart salarial et a réitèré cette demande le 13 janvier lors d'un débat en session plénière à Strasbourg.

Qu'est-ce que l'écart de rémunération entre les sexes ? Comment est-il calculé ?

L'écart salarial entre hommes et femmes est la différence moyenne entre les gains horaires bruts des femmes et des hommes. Il est basé sur les salaires payés directement aux salariés avant la déduction de l'impôt sur le revenu et des charges sociales. Seules les entreprises d’au moins dix employés sont prises en compte dans les calculs.

Calculé de cette manière, l'écart salarial ne reflète pas tous les facteurs pouvant être liés à cette différence, comme par exemple, le niveau d’éducation, le nombre d'heures travaillées, le type de travail, les congés professionnels ou les horaires à temps partiel. Cependant, une tendance se dégage clairement : les femmes qui travaillent dans l'UE gagnent généralement moins que leurs collègues masculins.


L'écart de rémunération entre hommes et femmes dans l'UE

Dans l’Union européenne, l'écart salarial est très différent d'un pays à l'autre. En 2017, les écarts les plus élevés se retrouvaient en Estonie (25,6%), en République tchèque (21,1%), en Allemagne (21%), au Royaume-Uni (20,8%), en Autriche (19,9%) et en Slovaquie (19,8%). Au contraire, les écarts les plus bas ont été observés en Slovénie (8%), en Pologne (7,2%), en Belgique (6%), en Italie (5%), au Luxembourg (5%) et en Roumanie (3,5%). En France, l’écart de rémunération s’élève à 15,4%.

L'égalité salariale est régie par une directive européenne dont le Parlement européen a demandé (à plusieurs reprises) la révision afin de réduire ces écarts au maximum. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que sa Commission travaillerait sur une nouvelle stratégie européenne en matière de genre et sur des mesures contraignantes de transparence des salaires.


Apprenez-en plus sur le travail du Parlement en matière d’égalité des sexes.

Pourquoi y a-t-il un écart de rémunération entre les sexes ?

Interpréter les chiffres n'est pas simple. En effet, un faible écart de rémunération entre les sexes dans un pays spécifique ne signifie pas nécessairement plus d'égalité entre les sexes. Dans certains États membres, des écarts salariaux plus faibles sont parfois liés à une participation moins importante des femmes au marché du travail. Les écarts importants à leur tour sont souvent liés à des proportions élevées de femmes travaillant à temps partiel ou à leur concentration dans un nombre restreint de professions.

En moyenne, les femmes font plus d'heures de travail non rémunéré (garde d'enfants ou travaux ménagers) et les hommes plus d'heures de travail rémunéré : seulement 8,7% des hommes dans l'UE travaillent à temps partiel, contre près d'un tiers des femmes (31,3%). Au total, les femmes cumulent plus d'heures de travail par semaine que les hommes.

Cela signifie que les femmes gagnent moins par heure, qu’elles travaillent plus d’heures sans être rémunérées et que moins de femmes que d’hommes sont employées. Tous ces facteurs combinés créent une différence de revenu global entre les hommes et les femmes de près de 40% (données de 2014).

Les femmes sont également beaucoup plus susceptibles de subir des interruptions de carrière pour des raisons telles que la maternité, les soins aux autres et les responsabilités familiales, ce qui affecte négativement leur développement professionnel.

Environ 30% de l'écart salarial total entre les sexes peut s'expliquer par une surreprésentation des femmes dans les secteurs où les salaires sont relativement bas, comme les soins, la vente ou l'éducation. Dans les secteurs des sciences, de la technologie et de l'ingénierie, la proportion d'employés masculins reste très élevée (plus de 80%).

Les femmes occupent également moins de postes de direction : moins de 6,9% des PDG des grandes entreprises sont des femmes. Selon les données d'Eurostat, les femmes occupant des postes de directrices sont les plus touchées par les écarts salariaux. En effet, ces dernières gagnent 23% de moins par heure que les hommes occupant le même poste.

Les femmes sont également discriminées sur le lieu de travail. En effet, elles sont moins bien payées que leurs collègues masculins même lorsqu'elles occupent un poste de même catégorie. Elles sont aussi souvent rétrogradées lors de leur retour au travail suite à un congé de maternité.

Pourquoi combler cet écart ?

On remarque que l'écart de rémunération entre les sexes s'élargit avec l'âge et parallèlement à l'augmentation des exigences familiales, alors qu'il est assez faible lorsque les femmes entrent sur le marché du travail. Gagnant moins que leurs collègues masculins, les femmes ont moins l’occasion d’épargner et d’investir, ce qui les rend plus exposées à la pauvreté et à l'exclusion sociale à un âge avancé (l'écart de pension entre les sexes était d'environ 36% en 2017).

L'égalité des salaires n'est pas seulement une question de justice, mais elle stimulerait également l'économie car les femmes obtiendraient plus de ressources, ce qui finirait par entraîner plus de dépenses. Cela permettrait d’alléger une partie de la charge pesant sur les systèmes d'assistance sociale. En effet, les estimations montrent qu'une réduction d'un point de pourcentage de la réduction de l'écart de rémunération entre les sexes entraînerait une augmentation du produit intérieur brut de 0,1%.