Iran : comment l’UE peut-elle aider à désamorcer la situation ?  

 
 

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Aujourd'hui, les députés débattent de la situation en Iran suite aux récentes tensions dans la région. Comment en est-on arrivé là et quel rôle l'UE peut-elle jouer ?

Téhéran, Iran  

Depuis des années, les relations avec l'Iran sont tendues de crainte que le pays ne développe des armes nucléaires. L’accord de 2015 sur le nucléaire, ou plan d’action conjoint, avait pour but empêcher cela. Début janvier, les tensions dans la région se sont renforcées suite à la mort d’un chef militaire iranien dans une frappe aérienne américaine.

Cet après-midi, les députés européens débattront de l'évolution de la situation. Suivez le débat en direct à partir de 15h.

Accord sur le nucléaire

Le Plan d’action global commun est un accord dont l‘objectif est de contrôler le programme nucléaire iranien (pour s’assurer qu’il reste pacifique) en échange de la levée de mesures restrictives à l’encontre du pays. Il a été signé en juillet 2015 par l'Iran, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Union européenne ainsi que la Chine, la Russie et les États-Unis.

La mise en œuvre de l'accord a commencé le 16 janvier 2016 après que l'Agence internationale de l'énergie atomique a confirmé que l'Iran respectait ses engagements de démantèlement nucléaire.


Trump

Donald Trump, président des États-Unis depuis janvier 2017, s'est toujours opposé à l'accord. En janvier 2018, il a annoncé que les États-Unis cesseraient de mettre en œuvre l'accord jusqu'à ce que ses « failles désastreuses » soient corrigées. Malgré les efforts de l'UE pour répondre à ses préoccupations, Trump a annoncé en mai 2018 que les États-Unis se retiraient de l'accord et qu'ils réimposeraient des sanctions à l’Iran. À cause de ces sanctions, les entreprises américaines n’ont plus le droit de faire affaire avec l'Iran et les entreprises étrangères qui le font risquent des amendes importantes et sont bloquées du système bancaire et financier américain.

L'Union européenne a continué à défendre l'accord, affirmant qu'il était soumis à une inspection nucléaire stricte et que l'Agence internationale de l'énergie atomique avait confirmé à plusieurs reprises que l'Iran respectait ses engagements au titre de l'accord. L'Union européenne a également essayé de proposer des mesures pour permettre aux entreprises de continuer à commercer avec l'Iran sans être pénalisées par les États-Unis.

L'Iran a initialement continué de se conformer à l'accord, mais a progressivement annoncé des écarts par rapport à l'accord initial, comme par exemple le dépassement de la limite d'uranium faiblement enrichi prévue.

Escalade

Suite à l’annonce de la mort du général iranien Qassem Soleimani lors d'une frappe aérienne américaine, les tensions n’ont fait que s’accélérer. Selon les autorités américaines, il élaborait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Iran et dans les pays voisins.

Peu de temps après, l'Iran a annoncé qu'il se retirait de l'accord et a, en guise de représailles, attaqué deux bases militaires américaines en Irak. La situation s'est encore aggravée après que l'Iran a déclaré le 11 janvier qu'il avait accidentellement abattu un avion d'Ukraine International Airlines, tuant les 176 personnes à bord.


Le rôle de l'UE

L'Union européenne a appelé à la désescalade et dimanche, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont exhorté l'Iran à respecter à nouveau ses engagements dans le cadre de l'accord sur le nucléaire.

Le Parlement européen suit continuellement la situation en Iran. Le 19 décembre, les députés ont adopté une résolutiondénonçant la violente répression des manifestations en Iran.

Cornelia Ernst (GUE / NGL, Allemagne), présidente de la délégation du Parlement pour les relations avec l'Iran, a déclaré: « Nous, en tant qu'Union européenne, devons clairement faire comprendre aux États-Unis que le meurtre de Soleimani était une violation du droit international et que les conflits au Moyen-Orient menacent la paix dans le monde. Nous devons faire comprendre aux Iraniens que la violence n’est pas la réponse à apporter aux manifestants. L'UE peut et doit jouer un rôle important de modérateur. »

David McAllister (PPE, Allemagne), président de la commission des affaires étrangères, a déclaré: « Je suis gravement préoccupé par les derniers événements violents en Irak, suite à la mort récente du général iranien Soleimani et du chef de la milice irakienne Abu Mahdi al-Muhandis. Il est maintenant urgent que les tensions se dissolvent et que toutes les parties impliquées fassent preuve de retenue afin de mettre fin à ce cycle de violence et des représailles. Après tant d'années d'efforts conjoints pour lutter contre l'État islamique et pour amener paix et stabilité en Irak et dans toute la région, de nouvelles confrontations et d’autres pertes humaines doivent être évitées. Pour cela, la préservation de la Coalition est essentielle. »

David McAllister a également appelé l'UE à continuer de soutenir l'accord sur le nucléaire et l'Iran à respecter ses engagements dans le cadre de l'accord.