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Les États membres de l'UE devraient "s'abstenir d'inciter la crainte et la haine de leurs citoyens à l'égard des migrants et des demandeurs d'asile à des fins politiques", ont déclaré jeudi les députés dans une résolution sur les droits fondamentaux dans l'UE. Les droits à la libre circulation et aux avortements vitaux sont également soulignés dans le texte, qui sera prochainement voté par le Parlement dans son ensemble.

La résolution non législative, rédigée par József Nagy (PPE, SK), aborde les principaux défis des droits fondamentaux dans l'Union européenne en 2015, notamment dans les domaines des migrations, de la protection des enfants et de l'environnement en ligne.


"La masse de problèmes non résolus à l'échelle de l'Europe provoque le mécontentement du public et alimente l'extrémisme. Nous demandons à l'UE et à ses États membres de fournir plus d'aide aux personnes dans le besoin, de montrer plus de compréhension envers les minorités et de faire en sorte que les institutions travaillent de manière équitable. En ce qui concerne les crises sécuritaires et migratoires, nous demandons une solidarité et une responsabilité raisonnables, une coopération accrue et une protection efficace de nos frontières extérieures", a conclu le rapporteur. La résolution a été adoptée par 41 voix en faveur et 4 contre.


Migration - protéger les groupes vulnérables


Les députés demandent instamment aux États membres de garantir que les structures d'accueil ne privent pas les personnes de leurs droits fondamentaux à des conditions de vie dignes et d’accorder une attention particulière aux besoins des groupes vulnérables comme les demandeurs d'asile ayant des besoins spéciaux, et les femmes et les enfants, notamment ceux qui sont non accompagnés.


Ils notent que le fait de nommer des tuteurs pour des enfants non accompagnés est une garantie importante pour assurer leur intérêt supérieur et encouragent également les États membres à maintenir les familles ensemble.


Améliorer l'intégration, prévenir les discours haineux et combattre la radicalisation


Les députés demandent aux États membres de développer des campagnes d'information "positives" pour accélérer l'intégration des migrants et des réfugiés et de partager les meilleures pratiques dans ce domaine. Ils soulignent que l'accès à l'éducation est essentiel pour intégrer les réfugiés.


Ils déplorent le "niveau croissant de discours haineux au sein de certaines institutions, partis politiques et médias" et demandent à l'Union de donner l'exemple en "s'opposant aux discours haineux au sein des institutions".


Les députés demandent également à la Commission de soutenir les efforts déployés par les États membres pour prévenir la radicalisation et l'extrémisme violent en promouvant les valeurs européennes, la tolérance et le sens de la communauté et en évitant la stigmatisation de tout groupe religieux ou ethnique.


Protéger les enfants du trafic d’êtres humains et d’autres abus

 

Citant un rapport d’Europol selon lequel au moins 10 000 enfants réfugiés et migrants non accompagnés ont été portés disparus dans l'UE en 2015, les députés appellent les États membres et les agences de l’UE à intensifier leurs échanges d’informations et à mener des enquêtes conjointes afin de lutter contre le trafic d’enfants, les abus sexuels et d’autres formes d’exploitation.


Les États membres devraient enregistrer et identifier les enfants, de manière conviviale pour ces derniers, afin d’assurer leur introduction dans les systèmes nationaux de protection de l’enfance et d'empêcher leur disparation, affirment les députés. Par ailleurs, ils recommandent de renforcer les outils existants, tels que les lignes d'urgence européennes, pour retrouver les enfants disparus.


Menaces des droits fondamentaux sur Internet

 

Afin de lutter contre les risques auxquels les enfants sont confrontés sur Internet, comme l’exploitation sexuelle, la pédopornographie ou la cyberintimidation, les députés demandent qu’Europol et Eurojust soient dotés des ressources adéquates pour identifier les victimes, lutter contre les réseaux de pédophiles et accélérer le renvoi de contenus pédopornographiques. Ils souhaitent également des campagnes de sensibilisation et des programmes scolaires pour enseigner aux enfants les risques éventuels liés à Internet. Ils invitent les États membres à lutter contre la cyberintimidation.


Les députés rappellent que toutes les personnes ont droit à une vie privée, le droit d’accéder aux données personnelles les concernant, le droit de demander l’effacement de ces données et le droit d’être oublié, conformément aux législations européenne et nationale.


Prochaines étapes

 

La proposition de résolution sur la situation des droits fondamentaux dans l’UE en 2015 représente la réponse du Parlement au rapport annuel de la Commission européenne sur les droits fondamentaux dans l’UE. Elle doit être votée en plénière en décembre à Strasbourg.


Contexte

 

Parmi les autres sujets mentionnés dans le texte figurent les droits fondamentaux des minorités, en particulier la communauté Rom, des personnes LGBTI, des personnes âgées et des personnes avec un handicap.


Le 25 octobre, le Parlement a appelé à un mécanisme européen sur la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux afin de contrôler, chaque année la situation de ces principes dans les États membres, en se basant sur des éléments probants, de manière objective et non discriminatoire.