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Les glaces de l’océan arctique ont fondu de manière significative depuis 1981 ©AP Images/European Union-EP  

L’importance géopolitique de la région arctique ne cesse de croître, dans un contexte de changement climatique et de concurrence pour les ressources naturelles, ce qui engendre de nouveaux risques environnementaux et sécuritaires pour la région et pour le monde. C’est pourquoi l’UE devrait parler d’une seule voix et faire pression pour maintenir l’Arctique en zone de coopération, affirme une résolution adoptée par les commissions des affaires étrangères et de l’environnement mardi.

Le rapporteur de la commission de l’environnement, Sirpa Pietikäinen (PPE, FI), a déclaré: "L’UE doit avoir une politique forte en matière de coopération dans l’Arctique, ne serait-ce que parce que nous sommes étroitement liés aux changements climatiques rapides qui touchent la région: d’un côté, nous sommes affectés par les changements météorologiques et des conditions de vie que cause la fonte des glaces; de l’autre, nous sommes parmi les plus importants émetteurs de polluants dans l’atmosphère arctique."

Dans une résolution adoptée par 111 voix pour, 8 contre et 1 abstention, les députés soulignent que les glaces de l’océan arctique ont fondu de manière significative depuis 1981, menaçant de libérer de grandes quantités de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère, tandis que la fonte des glaciers contribue à faire monter le niveau mondial des océans. Le volume de glace présent dans l’océan durant l’été a chuté de plus de 40% en 35 ans, ce qui engendre également des changements inconnus et imprévisibles pour l’écosystème mondial, déclarent-ils.

Alors que quelque 4 millions de personnes vivent dans la région, les députés demandent des garanties plus strictes pour que soient respectés et protégés les droits fondamentaux des peuples indigènes, ainsi que leur droit de participer aux prises de décision en matière d’extraction des ressources naturelles.

Les députés souhaitent également que la Commission européenne et les États membres tendent vers une interdiction de l’utilisation des fiouls lourds dans le transport maritime, via la convention MARPOL. Si cela n’était pas possible, l’UE devrait prendre des mesures pour interdire l’usage et le transport de fiouls lourds pour les navires qui entrent dans les ports de l’Union, demandent les députés.

Conserver l’Arctique comme zone de faible tension

Le rapporteur de la commission des affaires étrangères, Urmas Paet (ADLE, ET), a déclaré: "L’Arctique est depuis longtemps une zone internationale de coopération constructive, et demeure une région du monde où les tensions sont faibles. Nous voulons que cela continue ainsi. Il faut à tout prix éviter la militarisation de la zone. Par ailleurs, le respect du droit international dans l’Arctique est essentiel."

La résolution souligne l’importance géopolitique grandissante de la région arctique, alors que les changements climatiques impliquent de nouvelles voies de navigation et de nouvelles zones de pêche, ainsi qu’un meilleur accès à ses ressources naturelles. Les députés signalent la "présence croissante de forces militaires russes dans la région, la construction et la réouverture de bases et la création d’une région militaire russe en Arctique".

Les députés souhaitent que l’Arctique demeure une zone de faible tension et soulignent "le rôle important joué par le Conseil de l’Arctique dans le maintien d’une coopération constructive, de la paix et de la stabilité" dans la région.

Prochaines étapes

La résolution sera mise aux voix en session plénière le 2 mars.