Les députés font le point sur les priorités de la politique étrangère, de sécurité et de défense de l’UE 

Communiqué de presse 
 
 

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  • Soutien du Parlement à la mise en place d’un Conseil de sécurité de l’UE 
  • Toutes les mesures doivent être prises pour éviter les ingérences extérieures dans les élections européennes de 2019 
  • La coopération UE-OTAN doit être complémentaire 

Mercredi, le Parlement européen a adopté deux résolutions examinant les choix clés de l’UE en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense et de l’UE.

Suite aux débats mardi avec la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, les résolutions annuelles du Parlement sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et sur la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ont été adoptées en plénière mercredi.


Renforcer la résilience face aux menaces extérieures


Dans la résolution sur la PESC, les députés insistent pour que les États membres fassent passer en priorité les positions communes de l’UE avant les intérêts nationaux. Ils suggèrent d’améliorer le processus décisionnel entre les pays de l’UE en mettant en place un Conseil de sécurité de l’UE et en remplaçant l’exigence de vote à l’unanimité au Conseil par la majorité qualifiée pour les sujets liés à la PESC.


Les députés soulignent également la nécessité pour l’UE de renforcer sa résilience face aux ingérences extérieures, notamment en ce qui concerne les prochaines élections européennes des 23-26 mai 2019. L’UE devrait être plus résiliente face aux attaques terroristes, notamment au terrorisme djihadiste, mais aussi à la radicalisation, à la migration irrégulière, à la propagande, aux campagnes de désinformation en ligne et hors ligne, aux tentatives de la Russie de mener des cyberattaques et aux autres menaces hybrides qui nécessitent une contre-attaque rapide et coordonnée.


Les députés souhaitent que soit envisagée la politique du ‘‘moins pour moins’’ pour les pays qui violent les droits de l’homme et les normes démocratiques, notamment en leur retirant les conditions préférentielles dont ils bénéficient potentiellement avec l’UE, par exemple en matière de commerce et de développement. Aucun accord entre l’UE et des pays tiers ne devrait être ratifié tant que les critères en matière de droits de l’homme ne sont pas respectés, soulignent les députés. La résolution appelle enfin les pays de l’UE à prendre les mesures nécessaires pour répondre conjointement à la crise migratoire.


Citation


Le rapporteur David McAllister (PPE, DE) a déclaré: ‘‘L’environnement sécuritaire de l’UE n’a jamais été aussi volatile, imprévisible, complexe et ambigu depuis la fin de la guerre froide. L’UE a donc la responsabilité grandissante d’assurer sa propre sécurité tout en défendant ses intérêts et ses valeurs. Il est temps que l’Union prenne son destin en main et joue pleinement son rôle de pouvoir souverain, politique et économique sur la scène internationale afin d’aider à résoudre les conflits à travers le monde et d’influencer la gouvernance mondiale.’’


Renforcer la défense commune de l’UE


Malgré les défis croissants rencontrés par l’ordre mondial fondé sur des règles, l’intégration de la défense de l’UE fait des progrès, estiment les députés dans le rapport sur la PSDC. Tout en saluant la mise en œuvre de la coopération structurée permanente, ils soulignent aussi la nécessité d’investir dans plus de domaines comme le renseignement, la surveillance, la reconnaissance, les communications satellites, l’accès autonome à l’espace et l’observation permanente de la Terre.


Les députés réaffirment la nécessité d’optimiser les capacités civiles et militaires de l’UE, notamment via la mutualisation et le partage, afin de relever les défis sécuritaires d’aujourd’hui, bien trop vastes pour être traités par un seul État. Les pays de l’UE doivent aspirer à améliorer leurs capacités militaires en vue de couvrir toutes les capacités terrestres, aériennes, spatiales, maritimes et informatiques, afin de faire de la politique de sécurité et de défense commune de l’UE une force crédible, affirment les députés.


Le partenariat stratégique entre l’UE et l’OTAN est également essentiel pour relever les défis sécuritaires en Europe. La coopération UE-OTAN devrait être complémentaire et garantir pleinement le respect mutuel de l’autonomie et des procédures décisionnelles. Enfin, les députés appellent les forces politiques en Europe et en Amérique du Nord à renforcer plutôt qu’à ébranler les liens transatlantiques essentiels en matière de sécurité.


Citation


Le rapporteur Mircea Pașcu (S&D, RO) a déclaré: ‘‘Le monde est actuellement confronté à des changements systémiques importants, qui tendent à remplacer le multilatéralisme par l’unilatéralisme, le libre échange par le protectionnisme et la solidarité par les intérêts partculiers. La PSDC est l’un des instruments utiles pour traiter nombre de ces défis. Des réponses mondiales sont nécessaires, mais elles sont de plus en plus difficiles à obtenir au sein d’un système fragmenté. Voilà pourquoi la PSDC devrait être utilisée de façon plus efficace et en cohérence avec d’autres instruments externes et internes, afin de permettre à l’UE de contribuer de façon décisive à la gestion des crises internationales et d’exercer son autonomie stratégique.’’


La résolution sur la PESC a été adoptée par 401 voix pour, 173 contre et 73 abstentions. La résolution sur la PSDC a été adoptée par 376 voix pour, 215 contre et 41 abstentions.