Violations des droits de l’homme en Chine, en Iran et en Égypte 

Communiqué de presse 
Session plénière 
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  • La Chine doit mettre un terme aux dispositifs de travail forcé et aux incarcérations de masse des minorités ethniques 
  • L’Iran doit libérer la lauréate du Prix Sakharov 2012, Nasrin Sotoudeh, et empêcher l’exécution imminente d’Ahmadreza Djalali 
  • L’Égypte doit cesser de réprimer les défenseurs des droits de l’homme 

Jeudi et vendredi, le Parlement a adopté trois résolutions faisant le point sur la situation des droits de l’homme en Chine, en Iran et en Égypte.

Travail forcé et situation des Ouïghours dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang (Chine)

Le Parlement condamne fermement le système de travail forcé mis en place par le gouvernement chinois, notamment l’exploitation des minorités ouïgoure, kazakhe et kirghize et d’autres minorités musulmanes dans des usines situées à l’intérieur et à l’extérieur des camps d’internement du Xinjiang. Il dénonce également le transfert en cours de travailleurs forcés dans d’autres divisions administratives chinoises, et le fait que des marques et entreprises européennes connues aient bénéficié de ce travail forcé en Chine.


Les députés sont très préoccupés par le régime croissant d’oppression dont font l’objet de nombreuses minorités religieuses et ethniques, notamment les Ouïghours et les Kazakhs, en Chine continentale. Cette oppression ‘‘porte atteinte à leur dignité humaine et viole leur liberté d’expression culturelle, de croyance religieuse, leur droit à la liberté de parole et d’expression, ainsi que leur droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques’’.


Ils déplorent également la persécution en cours et les violations graves et systémiques des droits de l’homme qui sont assimilables à des crimes contre l’humanité, tout en exhortant le gouvernement chinois à mettre immédiatement un terme à la pratique des détentions arbitraires sans chef d’inculpation, des procès et des condamnations pénales à l’encontre des Ouïghours et des membres d’autres minorités musulmanes, à fermer tous les camps et centres de détention pour les minorités ethniques victimes d’incarcération de masse, et de libérer sans délai et sans conditions les détenus.


Le texte a été adopté par 604 voix pour, 20 contre et 57 abstentions. Pour plus de détails, cliquez ici (17.12.2020)

Iran, notamment le cas de la lauréate du Prix Sakharov 2012, Nasrin Sotoudeh

Les députés condamnent fermement la détention arbitraire, la condamnation et le retour récent en prison de la défenseure des droits de l’homme, avocate et lauréate du Prix Sakharov 2012 Nasrin Sotoudeh. Ils appellent également les autorités iraniennes à la relâcher sans délai et sans conditions, et à l’autoriser à recevoir les soins de santé dont elle a besoin.


La résolution condamne par ailleurs les récentes exécutions en Iran de Rouhollah Zam, journaliste établi en France et rédacteur en chef de la chaîne Telegram Amad News, et du lutteur Navid Afkari, et exhorte l’Iran à empêcher l’exécution imminente de l’universitaire irano-suédois Ahmadreza Djalali. Elle appelle le Chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, et tous les pays de l’UE à intervenir de façon urgente pour tenter d’empêcher tout projet d’exécution de M. Djalali, faire annuler sa condamnation à mort et obtenir sa libération immédiate.


Le texte demande aux États membres de faire des déclarations publiques communes et de lancer des initiatives diplomatiques pour surveiller les procès injustes et visiter les prisons où les défenseurs des droits de l’homme et d’autres prisonniers d’opinion, notamment les ressortissants de l’UE en Iran, sont détenus. Il exige également des mesures européennes ciblées contre les représentants iraniens responsables de violations graves des droits de l’homme, notamment des récentes exécutions de Rouhollah Zam et de Navid Afkari, ainsi que contre ceux responsables de violations flagrantes, y compris les juges ayant condamné à mort des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des dissidents politiques et des militants.


Le texte a été adopté par 614 voix pour, 12 contre et 63 abstentions. Pour plus de détails, cliquez ici (17.12.2020)

Détérioration de la situation des droits de l’homme en Égypte, notamment le cas des militants de l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR)

Le Parlement déplore une nouvelle fois et dans les termes les plus fermes la poursuite et l’intensification de la répression des droits fondamentaux et notamment des défenseurs des droits de l’homme, des avocats et des représentants de la société civile en Égypte. Les députés s’indignent des récentes arrestations de militants de premier plan de l’EIPR, Gasser Abdel Razek, Karim Ennarah et Mohammad Basheer, qui représentent l’une des dernières organisations indépendantes de défense des droits de l’homme dans le pays, en représailles de leur récente rencontre légitime avec des diplomates européens au Caire.

Les députés saluent la libération provisoire de ces militants mais exhortent les autorités égyptiennes à abandonner toutes les poursuites à leur encontre, à cesser de les harceler et de les intimider, ainsi que le fondateur et directeur par intérim de l’EIPR, Hossam Bahgat, et à annuler toute mesure restrictive à leur encontre, notamment les interdictions de voyager et le gel des avoirs.

La résolution regrette que la décision de libération n’ait pas inclus d’autres détenus de l’EIPR, notamment Patrick George Zaki, dont l’ordre de détention a été prolongé de 45 jours le 6 décembre. Elle souligne que les arrestations et détentions actuelles s’inscrivent dans un cadre plus large d’intimidation des organisations qui défendent les droits de l’homme, et appelle à mettre un terme immédiat à ces actes.

Le texte déplore enfin la tentative des autorités égyptiennes d’induire en erreur et d’entraver les progrès dans les enquêtes sur l’enlèvement, la torture et le meurtre en 2016 du chercheur italien Giulio Regeni. Il regrette le refus persistant des autorités égyptiennes de fournir aux autorités italiennes tous les documents et informations nécessaires pour permettre une enquête rapide, transparente et impartiale.

Le texte a été adopté par 434 voix pour, 49 contre et 202 abstentions. Pour plus de détails, cliquez ici (17.12.2020)