Nouveau Président américain: espoir d’une nouvelle ère dans les relations transatlantiques  

Communiqué de presse 
Session plénière 
 
 

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Les députés ont débattu des derniers développements politiques aux États-Unis avec les Présidents du Conseil européen et de la Commission.  

Les députés qualifient l’investiture de Joe Biden d’opportunité pour l’Europe de renforcer les liens transatlantiques et de lutter contre les menaces et les défis communs.

Mercredi matin, les députés ont débattu avec le Président du Conseil, Charles Michel, et la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, de l’investiture de Joe Biden en tant que nouveau Président américain et de la situation politique aux États-Unis.


Le Président du Conseil, Charles Michel, a ouvert le débat en déclarant: ‘‘Ce jour représente l’opportunité de donner un nouveau souffle à nos relations transatlantiques qui ont grandement souffert ces quatre dernières années. Durant cette période, le monde est devenu plus complexe, moins stable et moins prévisible. Cela requiert plus que jamais que nous, Européens, prenions notre destin en main afin de défendre nos intérêts et de promouvoir nos valeurs. Ensemble, nous devons constituer le fondement d’un ordre mondial basé sur des règles, en œuvrant pour la paix, la sécurité, la prospérité, la liberté, les droits de l’homme et l’égalité des sexes.’’


La Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a poursuivi: ‘‘L’Europe a désormais un ami à la Maison Blanche et est prête pour un nouveau départ avec son partenaire le plus ancien et le plus fiable. Nous devons faire avancer le changement mondial sur la base de valeurs communes’’, sur la démocratie, le changement climatique, la gestion de la pandémie et la numérisation. Évoquant le siège du Capitole planifié en ligne ainsi que la propagation des discours de haine et de la désinformation via les médias sociaux, Ursula von der Leyen a appelé à une collaboration avec les États-Unis pour réguler les géants des technologies. ‘‘Le pouvoir politique incontrôlé des géants de l’internet doit être maitrisé’’ car leur comportement doit être dicté par des lois et non par ‘‘les décisions arbitraires d’un PDG de la Silicon Valley’’.

Réguler les géants du numérique, lutter contre le populisme et relever les défis communs

Manfred Weber (PPE, DE) a souligné que ‘‘ce jour était un jour d’espoir. Les quatre années de division de la société sont derrière nous’’. Il a ajouté que nous ne devrions donner aucune leçon aux États-Unis, l’Europe rencontrant les mêmes problèmes: ‘‘Les médias sociaux mettent en lumière des positions extrémistes. Les géants des technologies ont besoin de règles claires, ils doivent être au service de la société.’’ Il est également important de prendre au sérieux les préoccupations des électeurs de Trump, a-t-il déclaré avant d’ajouter que la protection des frontières n’avait rien d’extrémiste. ‘‘Défendons nos valeurs communes et nos institutions’’, a-t-il conclu.


‘‘Ignorer le fléau de l’inégalité est à l’origine de certains des pires bouleversements de ces dernières années, tels que le Brexit et le Trumpisme’’, a déclaré Iratxe García Pérez (S&D, ES) avant de rappeler que toutes les démocraties, mêmes les plus solides, étaient vulnérables. Les scènes épouvantables de l’attaque sur le Capitole prouvent que ‘‘nous devons lutter contre la désinformation’’. Un autre défi commun consistera à reconstruire le système multilatéral, à garantir le respect des règles et des institutions démocratiques, a-t-elle conclu.


"Les racines de l'attaque du Capitole sont identifiables", a déclaré Dacian Cioloș (Renew Europe, RO). "Le populisme, la poursuite d'intérêts individualistes pendant un mandat public, la polarisation et les mensonges considérables propagés depuis la plus haute fonction du pays. Aucune démocratie au monde n'est à l'abri de ces dangers", a-t-il poursuivi. "Aujourd'hui est une occasion à ne pas manquer. Nous devons nous retrousser les manches, remodeler notre partenariat et trouver une vision commune ainsi qu’une solution pour faire face aux défis communs" tels que l'apaisement des tensions commerciales, la lutte contre le changement climatique et la manière de traiter avec les géants du numérique, a-t-il ajouté.


Jérôme Rivière (ID, FR) a déclaré que l'attaque du temple de la démocratie américaine était impardonnable. Il a condamné le fait que presque tous les médias sociaux aient bloqué un Président démocratiquement élu toujours en fonction, violant ainsi le principe démocratique essentiel de la liberté d'expression. Il a affirmé que la défaite de Donald Trump ne changeait pas l'agenda politique des États-Unis, "qui est de dominer les citoyens du monde entier".


Ska Keller (Verts/ALE, DE) a appelé à la sauvegarde des libertés fondamentales et de l'État de droit. Les événements au Capitole ont été le résultat direct des encouragements de Donald Trump et de "quatre années de mensonges quotidiens et de mépris des faits". "L'Europe est-elle à l'abri du populisme et de la démagogie, de la désinformation et des attaques contre l'État de droit?", a-t-elle demandé, mentionnant la campagne sur le Brexit "remplie de mensonges flagrants et de fausses promesses", le "mépris incroyable du gouvernement polonais concernant l’appropriation par les femmes de leur propre corps", et "le démantèlement systémique de l'État de droit en Hongrie par Viktor Orbán".


Derk Jan Eppink (ECR, NL) a mis en garde contre le fait de faire taire le débat public des géants de la technologie ou des politiques, admettant que "les grandes entreprises technologiques abusent de leur position dominante. Leur pouvoir doit être brisé". Cependant, alors que les démocrates peuvent être "traumatisés après quatre années de Trump, les nouveaux élus devraient s'abstenir de criminaliser la dissidence. Soulever des questions gênantes est le cœur de la démocratie", a-t-il ajouté.


Martin Schirdewan (The Left, DE) a déclaré que quatre années de Trump avaient sapé la confiance envers la démocratie, qui devait être restaurée et renforcée. Un nouveau Président américain doit également marquer un nouveau départ dans les relations transatlantiques, a-t-il ajouté, soulignant que les exigences étaient claires pour son groupe: un retour au multilatéralisme, une politique commune qui s'engage en faveur de l'action climatique, et une coopération pour un ordre mondial pacifique.


Revoir le débat (20.01.2021)