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 Zoznam 
 Úplné znenie 
Postup : 2005/2244(INI)
Postup v rámci schôdze
Postup dokumentu : A6-0210/2006

Predkladané texty :

A6-0210/2006

Rozpravy :

PV 06/07/2006 - 3
CRE 06/07/2006 - 3

Hlasovanie :

PV 06/07/2006 - 6.17
Vysvetlenie hlasovaní

Prijaté texty :

P6_TA(2006)0319

Rozpravy
Štvrtok, 6. júla 2006 - Štrasburg Revidované vydanie

3. Rozvoj a migrácia (rozprava)
PV
MPphoto
 
 

  Marie-Arlette Carlotti (PSE ), rapporteur . – Monsieur le Président, mes chers collègues, le monde compte 175 millions de migrants et ce chiffre a presque triplé en quarante ans. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il a pris une ampleur particulière dans le cadre de la mondialisation et surtout, il évoque désormais pour nous des drames humains. Chaque jour des dizaines et des dizaines d'Africains sont poussés par la pauvreté et le désespoir vers la rive Nord de la Méditerranée ou sur les côtes canariennes et la seule réponse de la part des États européens consiste à multiplier les contrôles et les patrouilles qui poussent les candidats au départ à prendre toujours plus de risques.

Or cette politique migratoire de l'Union repose sur une illusion! L'illusion que nous pourrions rendre nos frontières étanches, qui relève d'une vision avant tout défensive et sécuritaire et qui conduit à faire peser toute la responsabilité sur les États du Sud. Même la conférence euro-africaine de Rabat, qui se tiendra le 10 juillet prochain, va certainement aborder la question sous l'angle de la répression et du contrôle des frontières et nous n'entendrons toujours pas la voix de l'Afrique. Cette vision unilatérale et égoïste est reprise aujourd'hui dans les discours et dans les politiques d' "immigration choisie" qui font fureur en Europe. Immigration "choisie" pour le Nord, mais immigration toujours plus "subie" par le Sud et c'est donc dès à présent qu'une autre logique doit prévaloir en Europe. C'est tout à fait l'esprit de mon rapport. C'est dans cette dynamique que je veux m'inscrire pour proposer une nouvelle approche, des nouveaux outils et faire de la migration un levier du développement.

D'abord, nous devons mieux utiliser les outils qui existent déjà mais, surtout, nous devons tenir nos engagements en matière d'aide au développement, et nous le savons, le développement entraîne, dans une première phase, une intensification des migrations plutôt qu'un ralentissement. Bien sûr, l'augmentation de l'aide ne constitue pas à elle seule une réponse, elle est une condition nécessaire, mais pas une condition suffisante.

Ensuite je voudrais qu'on se penche véritablement sur le programme AENEAS pour le réorienter sur le seul aspect du développement, comme pour le programme qui lui succèdera en 2007, mais on en est loin! Aujourd'hui, ce programme est surtout utilisé pour des actions de protection des frontières au Nord. En 2005, par exemple, sept seulement des trente-neuf projets financés concernent les pays du Sud. En outre, si l'on devait mettre en place un seul outil financier nouveau, je crois qu'il faudrait créer un fond de garantie pour assurer la pérennité des microprojets dans les pays pauvres.

L'Union européenne doit également agir à l'endroit même où se trouvent les migrants, sur les lieux où commence la migration. Il est facile en effet de cibler les principales zones d'immigration – ce sont souvent les régions les plus pauvres – et d'y financer, avec un appui budgétaire ciblé, l'installation d'infrastructures: eau potable, électricité, routes, centres de santé et écoles, afin de retenir sur place les populations démunies.

Il est également facile d'identifier des pôles migratoires, nous les connaissons: ce sont des États ou des grandes villes qui possèdent des moyens de transport et de communication modernes et qui sont autant des espaces d'accueil que des espaces de départ vers les grandes routes migratoires, qui partent du Sahel vers le Nord par exemple. Ce repérage fait, on peut y développer plus qu'on ne le fait aujourd'hui des actions visant à soutenir les populations – en particulier les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants – et les aider à acquérir une autonomie, à se réaliser autrement que par la mobilité. On pourrait également mettre en place un programme d'information sur ces zones à l'intention des migrants.

L'Europe doit aussi, je crois, miser sur le potentiel que représentent les communautés de migrants dans les pays riches, au service du développement de leur pays d'origine. Je crois que c'est une piste prometteuse qui a vocation, au nom de la solidarité et de l'entraide, à transformer les migrants en acteurs du développement. C'est ce qu'on appelle le codéveloppement. Dans cette perspective, il faut favoriser les transferts de fonds vers les pays d'origine, les rendre plus transparents, moins coûteux, et mettre à l'étude un nouveau produit financier qui pourrait prendre la forme d'un "plan d'épargne développement".

L'Union, mais surtout ses États membres, doivent mettre en place des politiques innovantes telles que la prise en charge du différentiel de salaire pour certains migrants qui souhaitent retourner dans leur pays d'origine, ou des systèmes de doubles chaires pour des chercheurs ou des médecins, dans le cadre de partenariats institutionnels entre instituts de recherche, universités ou hôpitaux.

Il faut également encourager la migration circulaire qui permet aux migrants de faire des allers et retours, en concertation bien sûr avec les pays d'origine et en généralisant le transfert des prestations sociales. Je crois que de telles mesures permettraient de remplacer la fuite des cerveaux actuelle par une circulation des cerveaux. Nous le savons en effet fort bien, pour de nombreux pays du Sud, la migration signifie le départ des citoyens les mieux formés et les plus entreprenants. C'est un drame pour les pays pauvres, dans la mesure où ce phénomène touche souvent des secteurs essentiels comme la santé et l'éducation. De ce point de vue, je me réjouis que la Commission avance des propositions visant à tenir compte de ces enjeux.

Mais ce que je souhaite, plus globalement, c'est, que l'on inverse la donne, que s'impose une nouvelle logique pour l'Europe et qu'elle soit défendue. Une occasion est offerte puisque, l'ONU abordera pour la première fois en septembre, la question de la migration et du développement.

Je voudrais remercier les collègues qui m'ont soutenue sur ce rapport

 
Posledná úprava: 18. júla 2006Právne oznámenie