Retour au portail Europarl

Choisissez la langue de votre document :

  • bg - български
  • es - español
  • cs - čeština
  • da - dansk
  • de - Deutsch
  • et - eesti keel
  • el - ελληνικά
  • en - English
  • fr - français (sélectionné)
  • ga - Gaeilge
  • hr - hrvatski
  • it - italiano
  • lv - latviešu valoda
  • lt - lietuvių kalba
  • hu - magyar
  • mt - Malti
  • nl - Nederlands
  • pl - polski
  • pt - português
  • ro - română
  • sk - slovenčina
  • sl - slovenščina
  • fi - suomi
  • sv - svenska
Background
 

Carton rouge à la prostitution forcée

Droits de la femme/Egalité des chances - 01-03-2006 - 19:21
Partager

Les députés réclament des mesures afin de s'attaquer au problème aigu de l'exploitation sexuelle des femmes en marge des grands événements sportifs internationaux. Pour marquer la Journée internationale de la femme, le 8 mars, la commission des Droits de la femme organise un séminaire sur la prostitution forcée dans le cadre de ces événements. Le sujet sera traité par le biais d'une question orale à la Commission et par l'adoption d'une résolution lors de la session plénière du 13 au 16 mars.

 
 
La prostitution forcée dans le cadre des événements sportifs mondiaux
 
Lors d'événements tels que les Jeux Olympiques, les manifestations sportives internationales, les expositions mondiales et les grands congrès, la demande en prostitution et services sexuels connaît, semble-t-il, une augmentation spectaculaire. Et nombreuses sont les femmes à avoir été attirées par de fausses promesses de travail licite dans un pays riche, comme serveuses, danseuses, employées de maison, pour être ensuite forcées d'y travailler comme esclaves sexuelles.
 
Cette année, dans la perspective de la Coupe du monde de football qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet, de nombreuses organisations ont appelé à la vigilance afin de protéger les femmes contre ce type particulier d'exploitation. En Europe, les organismes défendant les Droits de l'homme  craignent que la traite des femmes et la prostitution forcée n'enregistrent un boom significatif pendant le Mondial.
 
La commission des droits de la femme et de l'égalité des genres a voulu attirer l'attention sur ce problème en organisant un séminaire à l'occasion de la Journée internationale de la femme avec des spécialistes des organisations internationales, des institutions de l'UE, des organisations sportives et des ONG.
 
REF.: 20060301BKG05724

Pour une campagne européenne contre la traite des êtres humains

Haut de la pageSuivant
 
 
Au cours de la semaine suivante, lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg, les députés, dans le cadre d'une question orale à la Commission, débattront des actions pouvant être menées pour lutter contre la prostitution forcée dans le cadre d'événements sportifs importants.
 
La commission des Droits de la femme a déposé une proposition de résolution en liaison avec cette question orale. Les députés s'y félicitent de la campagne "Carton rouge à la prostitution forcée" menée par le Conseil national allemand des femmes et appellent les États membres à la soutenir. Ils invitent la Commission européenne et les États membres à lancer une campagne européenne pour informer et éduquer le grand public et en particulier les amateurs de football sur la prostitution forcée dans le cadre des événements sportifs mondiaux.
 
Les députés pressent également l'Allemagne de mettre en place une ligne d'assistance téléphonique multilingue et de lancer une campagne de communication à grande échelle en vue de venir en aide aux femmes forcées de se prostituer. Ils entendent que le Comité Olympique International, la FIFA, l'UEFA, la Fédération allemande de football et d'autres instances manifestent leur soutien à la campagne "Carton rouge à la prostitution forcée" et se déclarent publiquement opposés à la traite des êtres humains et à l'esclavage sexuel. Ils tiennent tout particulièrement à ce que les médias et les vedettes du sport s'impliquent dans la campagne.
 
Haut de la pageSuivant

Un problème d'une ampleur croissante dans le monde

Haut de la pageSuivantPrécédent
 
 
Le nombre exact des victimes de la traite des êtres humains est difficile à établir. Les statistiques précises manquent, mais il est évident que la traite constitue une activité criminelle en rapide expansion. La suppression des frontières entre les États membres de l'UE n'apporte pas que des avantages, elle permet aux organisations criminelles d'opérer plus facilement dans tout le territoire de l'Europe. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables. Sur un total annuel estimé de 600.000 à 800.000 victimes des trafiquants dans le monde, quelque 80% sont des femmes et des jeunes filles tandis que les mineurs d'âge représentent jusqu'à 50% du total. Dans l'UE, le chiffre dépasse 100.000 femmes chaque année.  Nombreux sont les enfants, principalement des filles, vendus aux réseaux de prostitution dans leur jeune âge. Selon les études internationales, l'âge moyen auquel ces filles commencent à se prostituer est de 14 ans.
 
Haut de la pageSuivantPrécédent

Conventions relatives aux Droits de l'homme

Haut de la pageSuivantPrécédent
 
 
La Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948)  proclame que "Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude". La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose en son article 5 (3) que : "La traite des êtres humains est interdite". En vertu de ces déclarations, nombre de mesures ont été prises au niveau international où d'importantes enceintes se penchent sur cette problématique: les Nations unies, l'OSCE, le Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est, le G8, le Forum Europe-Asie (ASEM) et le Conseil de l'Europe. De son côté, l'Union européenne a entrepris ses propres actions.
 
Haut de la pageSuivantPrécédent

Actions communautaires

Haut de la pageSuivantPrécédent
 
 
Deux décisions-cadres du Conseil ont été adoptées, l'une sur la lutte contre la traite des êtres humains (2002/629/JAI) et l'autre sur la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants et la pédopornographie (2004/68/JAI). Toutes deux ont pour objectif d'améliorer la coopération policière et judiciaire dans la lutte contre la traite des êtres humains. Il y a aussi une directive relative aux permis de séjour de courte durée octroyés aux victimes de ces trafics qui collaborent avec les autorités compétentes. Cependant, il n'existe aucune législation communautaire spécifiquement consacrée à la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle.
 
Deux importants programmes financés par l'UE ont été conçus pour prévenir la traite à des fins sexuelles, à savoir AGIS (programme-cadre relatif à la coopération policière et judiciaire en matière pénale pour la période 2003-2007) et Daphné II (couvrant la période 2004-2008 et qui porte sur la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes).
 
Les politiques nationales en matière de prostitution varient fortement d'un Etat membre à l'autre.  Ainsi, si la prostitution est réglementée en Allemagne, elle  est "tolérée" dans d'autres, mais constitue un délit dans d'autres encore.  Toutefois, les ministres de la Justice et des Affaires intérieures ont décidé, en février 2006, de charger leurs polices nationales respectives d'étudier les moyens permettant de lutter contre la traite des êtres humains dans le cadre des grands événements sportifs. Le Conseil reviendra sur cette problématique lors du Conseil des ministres de la Justice et de l'Intérieur au mois d'avril.
 
Haut de la pageSuivantPrécédent

Tolérance zéro pour la traite des êtres humains

Haut de la pagePrécédent
 
Le Parlement européen déploie depuis bien des années son activité dans le cadre de campagnes de prévention de la traite des être humains et de la violence envers les femmes.  Au fil des années, il a adopté de nombreuses résolutions, certaines portant spécifiquement sur la traite. Pour célébrer la Journée internationale de la femme en 2005, le Parlement avait organisé une série d'événements destinés à attirer l'attention sur la problématique de la violence envers les femmes.
 
Jusqu'à présent au cours de l'actuel mandat, deux résolutions peuvent être épinglées.  En janvier 2006, le Parlement a adopté un rapport de Mme Christa Prets (PSE, AT) sur les "Stratégies pour combattre la traite des femmes et des enfants, vulnérables à l'exploitation sexuelle", qui comporte des mesures portant sur l'offre et la demande ainsi que sur les trafiquants.
 
Cette résolution préconise la mise en place d'une politique commune de l'UE se concentrant sur l'élaboration d'un cadre juridique et l'application d'une législation, sur des contre-mesures et la prévention, sur la poursuite et la condamnation des auteurs ainsi que sur la protection et le soutien apportés aux victimes".  La résolution encourage l'UE à fixer des cibles crédibles et visibles, comme, par exemple, réduire de moitié le nombre des victimes des trafiquants au cours des dix prochaines années.
 
La résolution invite les États membres à "faire respecter la législation, de manière à intensifier la poursuite et la répression des trafiquants, des complices, des personnes qui sollicitent des services sexuels auprès de mineurs, ainsi qu'à poursuivre le blanchiment de l'argent provenant de la traite".  Et le Parlement invite les États membres, en particulier l'Allemagne, à prendre des mesures appropriées pendant la Coupe du monde de football de 2006 pour empêcher la traite des femmes et la prostitution forcée.
 
Une autre résolution du PE sur "la situation actuelle de la lutte contre la violence à l'égard des femmes et une action future éventuelle", rédigée par Mme Maria Carlshamre (ADLE, SE) et adoptée en février 2006, souligne que "la violence exercée par les hommes envers les femmes constitue un facteur important dans la vie des femmes et des jeunes filles qui deviennent victimes de la traite des êtres humains à des fins sexuelles". Cette violence est le reflet de rapports de force inégaux entre hommes et femmes et, de fait, "des enquêtes font apparaître que de 65 à 90% des femmes prostituées ont été l'objet d'abus sexuels par le passé".
 
La résolution qui doit être adoptée pendant la prochaine session à Strasbourg intensifie ainsi une campagne menée de longue date par le Parlement européen que l'on peut synthétiser en reprenant les termes utilisés dans les rapports ci-dessus : "tolérance zéro pour la traite des êtres humains" et "tolérance zéro pour la violence envers les femmes".
 
Haut de la pagePrécédent