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Pollution des océans : « On va connaître de sérieux problèmes », d'après Anna Rosbach

Environnement - 19-03-2010 - 12:54
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Anna Rosbach lors de notre interview, en mars 2010.

Anna Rosbach lors de notre interview, en mars 2010.

Imaginez une énorme masse dérivante de particules plastique, couvrant une superficie de deux fois et demie la France… Cela fait froid dans le dos, et pourtant cela existe dans l'océan Pacifique. La Danoise Anna Rosbach (Europe de la liberté et de la démocratie), auteure d'un rapport sur la pollution des océans, explique le phénomène de la « soupe plastique » et fait part de son inquiétude pour l'Atlantique du Nord-est et la mer Baltique.

Pourquoi la question de la pollution des océans est-elle si importante ?
 
Anna Rosbach : Pour moi, l'eau est la chose la plus importante. Sans eau, il n'y aurait pas de vie sur terre. Et on pollue trop l'eau. On va connaître de sérieux problèmes.
 
D'énormes quantités de plastique se retrouvent dans les océans, concentrés en certains endroits en « soupe plastique », comme par exemple dans le Pacifique Nord. D'où cela provient-il ?
 
AR : Une grande part de cette matière plastique provient de Chine ou du Japon. Malheureusement, une grand part vient également d'Europe. Il y a une « soupe plastique » dans l'Atlantique et une autre dans le Pacifique. Leur taille augmente extrêmement rapidement, elles sont également de plus en plus profondes. Les couches de plastique sont de plus en plus épaisses. (…)
 
Il faudrait démarrer une nouvelle filière industrielle ! Vous ne pouvez pas simplement prendre un navire de pêche standard et dire : « Je vais prendre un chalut et ramasser tout ça ». Car le plastique des bouteilles d'eau n'est pas le même que pour une burette d'huile ou que celui qui est utilisé dans votre maison. De nouvelles professions pourraient apparaître.
 
Et c'est probablement dangereux pour les poissons…
 
AR : Tout à fait - les mammifères marins, les petites baleines et beaucoup d'autres animaux sont actuellement en train de se noyer. Même les requins se noient car s'ils sont coincés dans de vieux filets de pêche, ils ne peuvent plus bouger. Et s'ils ne peuvent plus bouger, ils ne peuvent plus respirer.
 
C'est démentiel ce que vous trouvez dans le ventre des phoques, des dauphins et de ce genre d'animaux : toutes sortes de jouets en plastique. C'est très triste. La « soupe plastique » est inquiétante et s'étend.
 
Les pays comme la Chine et les Etats-Unis sont-ils conscients de ce problème ?
 
AR : C'est tout à fait en dehors de leurs préoccupations.
 
Que faire des anciens filets de pêche, qui sont une source de pollution non négligeable ?
 
AR : J'ai entendu parler d'un pêcheur danois très embêté à cause de ses vieux filets. Il ne savait pas quoi en faire. Il a trouvé un moyen de les découper en tous petits morceaux et de les recycler. Ils seront transformés en nouveaux filets. Il a déposé un brevet là-dessus, il s'est lancé dans les affaires et en un an il était devenu millionnaire !
 
Vous préparez actuellement un rapport sur la pollution en mer Baltique. Quel constat faites-vous ?
 
AR : Même si un accord est signé entre la Suède, la Finlande et le Danemark, il y a toujours des rivières qui passent par la Biélorussie et la Russie et débouchent sur la mer Baltique. C'est une zone qu'il est impossible de ne pas polluer. Il y a également l'industrie du papier finnoise qui existe depuis plus de 100 ans. Pour faire du papier il faut beaucoup de produits chimiques. C'est la même chose en Suède.
 
L'interview a été menée en anglais.
 
REF.: 20100305STO70033