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Procédure : 2006/2660(RSP)
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B6-0590/2006

Débats :

PV 15/11/2006 - 11
CRE 15/11/2006 - 11

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PV 16/11/2006 - 6.2
CRE 16/11/2006 - 6.2

Textes adoptés :

P6_TA(2006)0492

Débats
Mercredi 15 novembre 2006 - Strasbourg Edition JO

11. Situation à Gaza (débat)
PV
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  Le Président. - L’ordre du jour appelle les déclarations du Conseil et de la Commission sur la situation à Gaza.

 
  
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  Paula Lehtomäki, présidente en exercice du Conseil. - (FI) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, l’Union européenne est extrêmement préoccupée par les violences survenues à Gaza ces dernières semaines. Lors d’une opération militaire israélienne, plusieurs personnes ont été tuées à Beit Hanoun le 8 novembre et un tir d’artillerie a tourné au désastre et s’est soldé par la mort d’une vingtaine de Palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants qui fuyaient la zone. De plus, plusieurs personnes ont été blessées. Les opérations militaires ont également provoqué la destruction des infrastructures de la ville. L’Union européenne déplore profondément ces actes de violence et les dommages qui en résultent.

Parallèlement, les Palestiniens ont poursuivi leurs tirs indiscriminés de missiles Qassam en direction du territoire israélien, sur les villes d’Ashkelon et de Sderot, par exemple. Ces frappes ont tué une personne, en ont blessé plusieurs autres et ont provoqué des dégâts matériels. L’Union a appelé les responsables palestiniens à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser ces attaques.

L’Union européenne ne peut accepter le recours à la violence. Tout pays a le droit de se défendre, mais cela ne l’autorise pas à utiliser des forces disproportionnées et à grande échelle ou à lancer des actions du type de celle engagée à Beit Hanoun. Israël doit adapter l’envergure de son action à la situation. Il doit se conformer au droit humanitaire international. La sécurité n’est pas un droit applicable uniquement à l’une des parties, mais à chacune d’elles dans cette région du Moyen-Orient. L’Union européenne a appelé Israël à mettre fin à ses opérations militaires à Gaza.

L’Union a aussi demandé instamment au pouvoir palestinien de mettre fin aux tirs de missiles qui se sont poursuivis avec une intensité variable pendant tout l’automne. Ces attaques, qui visent manifestement et à tort la population civile, ont probablement pour but d’augmenter le sentiment de peur et d’insécurité. Les citoyens israéliens ne doivent plus vivre dans un climat de crainte permanente: eux aussi ont droit à la paix. Les Palestiniens doivent cesser d’utiliser la violence à des fins politiques.

L’emballement de la spirale de la violence menace d’anéantir toute chance de redémarrage du processus de paix au Moyen-Orient. Des événements tels que ceux que nous venons de décrire ne servent qu’à éloigner les parties des opportunités disponibles, surtout en ce moment même, alors qu’un processus de paix visant à négocier l’établissement d’un modèle à deux États est nécessaire. L’objectif reste la création d’un État palestinien viable, capable de coexister pacifiquement avec Israël. L’Union européenne espère que les événements de Beit Hanoun ne décourageront pas les parties ni la communauté internationale, ou qu’ils ne les conduiront pas à abandonner la recherche d’une paix durable et équitable.

L’Union européenne espère également que les incidents de Beit Hanoun ne décourageront pas les Palestiniens de poursuivre leur quête d’une harmonie mutuelle et la formation d’un gouvernement d’unité nationale qui pourrait satisfaire aux conditions fixées par le Quartet. L’ensemble de la communauté internationale a besoin d’un partenaire valable. Les Palestiniens ont droit à un gouvernement représentant les intérêts de tous les citoyens.

Parallèlement, la situation humanitaire de la population palestinienne préoccupe vivement l’Union européenne. La situation économique et humanitaire dans les territoires palestiniens est intolérable. Elle pourrait s’améliorer considérablement si Israël maintenait ouverts les postes frontaliers de Rafah et Karni, ce qui faciliterait la mobilité des Palestiniens. De plus, l’Union européenne a demandé instamment aux autorités israéliennes de reconnaître comme des revenus les droits et taxes de douane qu’elles ont perçus et qui appartiennent aux Palestiniens, ce qui pourrait soulager considérablement la situation économique de la Palestine.

L’UE a elle-même essayé d’aider les Palestiniens. Cette année, plus de 650 millions d’euros ont été alloués à titre d’aide via différents canaux, soit environ 25 % de plus que l’an dernier. Le mécanisme temporaire international est un moyen fonctionnel d’aider les Palestiniens et nous espérons qu’Israël et d’autres parties pourront également en faire bon usage.

À la lumière des événements de ces derniers jours, la situation au Moyen-Orient n’est donc pas très prometteuse, mais malgré cela nous devons continuer à croire en un avenir meilleur. L’Union européenne fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir le processus de paix.

 
  
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  Margot Wallström, vice-présidente de la Commission. - (EN) Monsieur le Président, je vous remercie de m’inviter en ce jour symbolique du 15 novembre, jour de la fête nationale palestinienne, pour évoquer la situation à Gaza.

L’escalade de la violence à Gaza a récemment atteint son paroxysme avec l’attaque perpétrée par les forces de défense israéliennes sur Beit Hanoun le 8 novembre, entraînant la mort de 18 civils palestiniens. En réponse, ma collègue commissaire, Mme Ferrero-Waldner, a déclaré être «profondément choquée par cet événement». Nos pensées vont en particulier à la famille Uthamina, qui a perdu six femmes et huit enfants tués pendant leur sommeil, ainsi qu’à tous les Palestiniens et Israéliens innocents ayant perdu la vie dans cette spirale de violence.

Après cette attaque, la commissaire Ferrero-Waldner a appelé toutes les parties à mettre un terme à la violence et à donner une chance au dialogue. Les factions palestiniennes doivent cesser de lancer des roquettes sur le territoire israélien. Nous reconnaissons le droit d’Israël à se défendre, mais pas au prix de vies innocentes.

L’attaque de Beit Hanoun est la dernière d’une série d’incursions dans la bande de Gaza ayant débuté le 28 juin. Les opérations militaires ont causé des dommages à des infrastructures vitales, surtout à Gaza - notamment à la centrale électrique, aux ponts et chaussées importants, ainsi qu’aux bâtiments officiels - et ont tué près de 300 Palestiniens, civils pour la plupart. En réaction, la Commission a, cette année, renforcé son assistance afin de répondre à l’augmentation des besoins urgents et humanitaires

En juin 2006, nous avons lancé le mécanisme international temporaire, qui canalise les ressources budgétaires des États membres et de la Communauté européenne afin de contribuer à la réduction de la crise socio-économique dans les territoires palestiniens. Ce mécanisme international temporaire a appuyé la fourniture de services de base à 1,3 million de personnes vivant dans la bande de Gaza et de prestations sociales à 100 000 Palestiniens vulnérables. L’opération porte actuellement son champ d’action à 150 000 personnes.

La Commission, par l’intermédiaire d’ECHO, a octroyé 84 millions d’euros pour aider les ménages palestiniens vulnérables en fournissant de la nourriture, de l’eau et des installations sanitaires, des soins médicaux et une protection sociale. La Commission européenne fournit également un paquet de 26 millions d’euros à titre d’aide alimentaire. Les apports alimentaires et financiers sont distribués par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient au titre de difficultés spécifiques, alors que les paquets de nourriture sont distribués aux non-réfugiés par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial de l’ONU.

La Commission est également un contributeur majeur de l’Office de secours et de travaux de l’ONU. En 2006, nous avons versé 64 millions d’euros à son fonds général. Celui-ci gère la santé, l’éducation ainsi que d’autres services sociaux destinés aux réfugiés palestiniens. À Gaza, ces services constituent l’unique élément de stabilité dans un environnement non sécurisé.

Nos efforts sont susceptibles d’alléger la crise humanitaire dont souffrent les Palestiniens. Toutefois, sa cause initiale, qui est l’absence d’espoir dans une solution pacifique pour les Israéliens et les Palestiniens, doit être traitée d’urgence. Il est urgent de remettre en place un processus de paix global, porteur d’une perspective politique claire.

Le processus de réconciliation entre Palestiniens doit se voir donner une chance. Nous devons encourager le président Abbas à poursuivre ses efforts en vue de la formation d’un gouvernement d’unité nationale, avec une plate-forme reflétant les «principes du Quartet», soit la non-violence, la reconnaissance des accords internationaux, la reconnaissance de l’État d’Israël et la possibilité d’un engagement rapide. Cette démarche contribuera à restaurer l’espoir d’un État viable et indépendant pour les Palestiniens.

C’est pourquoi le Conseil «Affaires générales et Relations extérieures», qui s’est réuni lundi, a salué la proposition de la Commission relative à l’apport d’un soutien supplémentaire aux Palestiniens dès la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Pour fournir ce support avant la fin de l’année, nous devrons recourir à la réserve d’aide d’urgence et obtenir l’accord de l’autorité budgétaire. La Commission comptera sur le soutien du Parlement européen.

Parallèlement à l’assistance de l’Union européenne, Israël doit libérer les centaines de millions de dollars de recettes fiscales et douanières qu’il a collectées pour le compte de l’Autorité palestinienne et qu’il retient depuis mars en réponse à la formation du gouvernement dirigé par le Hamas.

Nous devons tous œuvrer de concert pour pouvoir, à l’occasion de la fête nationale palestinienne de l’année prochaine, progresser vers la création d’un État palestinien démocratique, viable et souverain.

 
  
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  Hans-Gert Poettering, au nom du groupe PPE-DE. - (DE) Monsieur le Président, Madame la Présidente en exercice du Conseil, Madame la Vice-présidente de la Commission, Mesdames et Messieurs, la situation au Moyen-Orient est à la fois préoccupante, dangereuse et tragique. Elle est préoccupante parce que les conflits durent depuis des décennies et que leur fin n’est pas en vue. Elle est dangereuse parce que les tensions entre les parties opposées ne font que croître et parce que des puissances extérieures - telles la Syrie et l’Iran - exercent une influence croissante. Enfin, elle est tragique parce que des civils, en particulier un grand nombre d’enfants, comptent parmi les victimes.

Comme nous l’avons dit aux parties au Moyen-Orient, une solution militaire est hors de question: la paix doit être obtenue par le dialogue et la négociation. Nous déclarons également qu’une politique basée sur le principe «œil pour œil, dent pour dent» est exclue, car elle ne ferait qu’aggraver la situation, chaque camp répondant à une attaque par une attaque plus violente. Nous devons briser cet engrenage de la violence. Nous le demandons tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens.

La position du groupe du parti populaire européen (démocrates-chrétiens) et des démocrates européens est parfaitement claire. Nous voulons un État israélien ayant des frontières sûres et, de même, un État palestinien ayant des frontières sûres. La dignité d’un Israélien est la même que celle d’un Palestinien et nous ne devons pas faire deux poids, deux mesures. Nous voulons un État libanais indépendant et démocratique. Toute remise en question du droit à l’existence de l’un de ces États - les États israélien et libanais existent déjà et il devrait y avoir un État palestinien - revient à menacer durablement non seulement la paix dans cette région, mais aussi, vu les circonstances, la paix mondiale.

L’UE et d’autres pays doivent maintenant apporter leur contribution à la paix. En fait, je pense que l’Union peut se féliciter d’apporter cette contribution sous la forme des troupes stationnées dans la région, bien que nous aurions préféré qu’il s’agisse de forces armées européennes plutôt que de troupes nationales envoyées par certains États membres. À l’avenir, l’UE devra examiner comment elle pourrait apporter une contribution réellement européenne à ce type de problème. Il est vrai que le simple fait que des troupes aient été envoyées sur le terrain représente un progrès. Cependant, le développement d’une contribution authentiquement paneuropéenne - y compris militaire - doit maintenant se poursuivre.

C’est maintenant au tour des dirigeants politiques, dont les atouts majeurs sont la confiance et la crédibilité, d’agir. S’il y a matière à critiquer, nous devons le faire, indépendamment du fait que ce soit les Israéliens ou les Palestiniens les responsables. En ce qui concerne les décisions du conseil de sécurité, je déclare - moi qui suis très pro-américain - qu’il est inacceptable que les États-Unis opposent leur veto à toutes les critiques ou condamnations concernant Israël.

(Applaudissements)

Permettez-moi de dire très sérieusement que ce n’est pas la bonne manière de parvenir à la crédibilité ni, surtout, d’instaurer la confiance chez tous les partenaires concernés. Je pense que l’atout de l’UE en cette matière tient à sa crédibilité, parce que nous reconnaissons le droit d’exister des deux États, l’israélien et le palestinien, et que nous voulons le retour de la paix au Liban.

Face aux terribles conséquences du massacre de Beit Hanoun, dont Israël est responsable même si, théoriquement, elles sont dues à une erreur technique, les excuses ne suffisent pas. À l’avenir, Israël doit élaborer des politiques garantissant qu’il ne réagira pas constamment selon le principe «œil pour œil, dent pour dent».

(Applaudissements)

On vient de m’informer qu’une femme a été tuée et que le garde du corps d’un ministre a perdu les deux jambes aujourd’hui suite à un tir de missiles Qassam. Ceci doit cesser. Nous devons le faire savoir aux deux camps et nous devons être crédibles. Nous, les Européens, nous ne devons pas fermer les yeux, mais au contraire nous devons avoir une attitude responsable.

(Applaudissements)

 
  
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  Martin Schulz, au nom du groupe PSE. - (DE) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, ce n’est pas la première fois que le Parlement discute de la situation à Gaza et il est peu probable que ce soit la dernière. C’est la première fois, cependant, que la discussion fait émerger de cette Assemblée la formation d’un avis qui implique un changement des relations de l’UE avec l’un de ses pays partenaires, à savoir Israël.

Les remarques de M. Poettering montrent que nous devons discuter, au-delà des divergences de groupe, de la position que l’UE devrait adopter à l’égard de cette question et surtout du rôle d’Israël et du gouvernement israélien dans l’évolution de la situation dans cette région.

Je n’attends rien de la part des organisations terroristes. Que pouvons-nous attendre de la part de terroristes? La réponse est: la terreur, le mépris pour l’humanité, les souffrances indicibles dont ces criminels sont responsables dans le monde, qu’ils continuent à provoquer tous les jours et dont M. Poettering n’a donné qu’un exemple. Que peut attendre de tels individus un système commun de législation comme l’UE? La réponse est: rien. Ils ne sont pas des partenaires valables pour nous. Ce ne sont pas des gens sur lesquels nous devons et pouvons fonder nos espérances quand il s’agit d’établir la paix.

Par contre, nous devons compter sur un pays démocratique basé sur l’État de droit. Israël, ce merveilleux pays fondé suite aux heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité, a droit à notre solidarité absolue dans la région. Quiconque tente simplement de menacer cet État ou de remettre en question son droit d’existence devra affronter l’opposition de tous les Européens. Il n’y a pas de limites à notre solidarité envers Israël.

Néanmoins, en tant que pays démocratique basé sur l’État de droit, Israël doit être ouvert aux questions. Il doit être possible de demander à une démocratie fondée sur les mêmes valeurs fondamentales que les nôtres comment ce qui s’est passé à Beit Hanoun peut être qualifié d’incident technique. J’attends d’une culture démocratique de la légalité qu’elle demande aux responsables de cet «incident technique» de répondre de leurs actes.

(Applaudissements)

Il est regrettable que les vacances d’été du Parlement aient été interrompues par un incident technique du même genre survenu à Cana. Je continue à me demander qui en est responsable.

Si les développements dans la région entraînent des dommages collatéraux, Israël doit prendre garde à ce que sa culture de la légalité ne figure pas parmi ceux-ci. Il va sans dire qu’Israël doit se défendre, être capable de le faire, et que nous devons aider ce pays. Les événements survenus au Liban servent les intérêts de la sécurité israélienne. Ce que veulent les Européens pour qu’il y ait un État palestinien stable sert les intérêts de la sécurité israélienne. Tous nos efforts - qu’ils soient financiers ou diplomatiques, ou comme maintenant, militaires - servent les intérêts de la sécurité israélienne. Ce qu’un système commun de législation comme l’UE ne peut accepter, toutefois, c’est que l’on réponde à l’illégalité par l’illégalité. Ceci est inacceptable.

Ce qui est tout aussi inacceptable, c’est que nous restions silencieux quand un parti qui juge les citoyens en fonction de leur origine ethnique, comme le fait le parti de M. Liebermann, entre au gouvernement d’un pays comme Israël. Ceci est inacceptable.

(Applaudissements)

C’est le droit souverain des Israéliens d’élire un tel parti, mais nous avons également le droit souverain, en tant que députés de cette Assemblée, de condamner une telle politique. Aucun social-démocrate au monde n’a de point commun avec M. Liebermann.

La seule possibilité de solution dans cette région réside dans la renonciation à la violence. Le dialogue est l’unique voie à suivre. Les parties doivent essayer de regarder au-delà de toutes les violences et de toutes les expériences douloureuses pour se parler. Il y a eu quelques tentatives positives: souvenons-nous des efforts de M. Yitzhak Rabin, qui fut le chef d’état-major des forces armées israéliennes, mais qui savait tout de même que le dialogue reste le seul moyen de dépasser la guerre et les conflits.

Le dialogue ne garantit pas le succès, mais ce qui est certain, c’est que, sans dialogue, la paix n’a aucune chance. Par conséquent, nous attendons d’Israël en particulier qu’il donne la priorité au dialogue politique plutôt qu’à l’extension de la militarisation.

(Applaudissements)

 
  
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  Graham Watson, au nom du groupe ALDE. - (EN) Monsieur le Président, je ne compte plus le nombre de débats tenus au sujet du Moyen-Orient ces derniers mois, mais je sais que depuis notre débat de septembre, 150 Palestiniens ont été tués à Gaza, 70 rien que la semaine dernière. L’atrocité de Beit Hanoun, qui a vu la disparition de 18 civils palestiniens, est aussi inexcusable qu’inexplicable.

Dans une spirale de violence faite d’agressions armées de part et d’autre, il est souvent difficile de faire la distinction entre les attaques et les représailles. Toutefois, il ne fait aucun doute dans mon esprit que David Grossman avait raison en affirmant la semaine dernière que les dirigeants d’Israël se comportaient en vauriens.

Mon collègue, M. Davies, s’est récemment rendu à Gaza. Il indique, tout comme d’autres, que cette ville est devenue une prison, avec ces informations quotidiennes faisant état d’exécutions extrajudiciaires, de vies bouleversées et versées dans la misère, de représailles disproportionnées - depuis l’opération Pluie d’Été, les roquettes Qassam ont notamment tué 14 civils en deux ans. La réaction de l’armée israélienne a coûté la vie à 126 personnes le mois dernier, dont 63 ne participant pas aux combats.

Le temps est écoulé. Nous ne pouvons attendre davantage. La communauté internationale ne peut continuer à condamner tout en attendant une issue à cette situation. C’est une stratégie désastreuse qui laisse le champ libre à d’autres. Nous devons relancer les pourparlers et les négociations. Nous ne pouvons perdre de temps à déployer des observateurs internationaux et militaires à Gaza. Nous devons relancer l’engagement du Quartet et j’espère que Washington renforcera son rôle en assistant aux négociations pour expérimenter un nouveau multilatéralisme.

Les Palestiniens doivent comprendre que le recours au terrorisme ne leur apportera jamais la reconnaissance qu’ils recherchent et les Israéliens doivent comprendre qu’ils perdent leur reconnaissance en passant constamment outre le droit international et en utilisant une force militaire disproportionnée contre des cibles civiles.

Lors de la cérémonie du souvenir organisée en mémoire d’Yitzhak Rabin, M. Grossman a parlé d’un pays hypnotisé par la folie, la grossièreté, la violence et le racisme, d’un État gaspillant son crédit, gaspillant son propre peuple, ses jeunes en particulier. Ce même Israël a récemment fait usage de bulldozers de l’armée pour détruire les tombes de soldats britanniques tués à Gaza en 1917 et a, le 31 octobre, envoyé des F-15 plonger sur des soldats français servant au sein de la FINUL au Liban. Combien d’ennemis les Israéliens veulent-ils? Combien de temps pensent-ils pouvoir se maintenir dans une situation de conflit non résolu?

Il est temps que les personnes raisonnables, de part et d’autre, relancent peut-être le processus de Genève et il est temps que l’Union européenne fasse ce qu’elle peut pour promouvoir, encourager et soutenir ce processus.

(Applaudissements)

 
  
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  Hélène Flautre, au nom du groupe des Verts/ALE. - Monsieur le Président, j’étais avec M. Davies, Mme Morgantini et d’autres députés à Gaza il y a deux semaines, le jour où l’armée israélienne commençait le siège de Beit Hanoun: c’était le début d’une campagne d’exécutions extrajudiciaires, de massacres et de destructions de biens civils. Israël, puissance occupante dans les territoires palestiniens, ne cesse de violer les droits de l’homme et le droit humanitaire international en toute impunité.

L’emploi de la force, avec excès et sans distinction, contre les civils et les biens de caractère civil, la destruction d’ouvrages fournissant l’électricité et l’eau, la démolition à l’explosif des édifices publics, les restrictions imposées à la liberté de circulation et les conséquences de toutes ces actions pour la santé publique, l’alimentation, la vie des familles et l’état psychologique du peuple palestinien constituent une punition collective flagrante, en violation, elle aussi flagrante, de la quatrième Convention de Genève.

Le lancement incessant de roquettes Kassam contre Israël est certes sans excuses, mais rien ne peut justifier qu’un peuple tout entier fasse l’objet d’un châtiment draconien comme celui imposé par Israël. Dans de telles conditions, l’Union européenne doit arrêter d’apporter sa caution à la politique israélienne.

Elle doit notamment assumer pleinement ses responsabilités en matière de supervision du point de passage de Rafa et ne plus simplement s’incliner devant la volonté du gouvernement israélien. L’Union doit utiliser les instruments à sa disposition dans le cadre de l’accord d’association, notamment la clause des droits de l’homme, afin de s’assurer que les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire ne restent pas impunies. Elle doit exiger le remboursement des taxes retenues illégalement par les Israéliens. Le dialogue doit être relancé au plus vite avec le futur gouvernement d’union nationale et l’aide directe aux institutions palestiniennes doit être rétablie.

Enfin, l’Union européenne et les États membres doivent tout mettre en œuvre afin de faire appliquer l’opinion de la Cour internationale de justice sur l’édification illégale du mur. Une réunion du conseil d’association UE-Israël doit être convoquée de toute urgence. La révision de l’accord doit être envisagée si les violations ne cessent pas.

Enfin, l’Union européenne doit prendre toute sa part dans l’organisation d’une conférence internationale pour la paix dans la région.

 
  
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  Luisa Morgantini, au nom du groupe GUE/NGL. - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, «Pourquoi le pouvoir politique continue-t-il à refléter les positions des radicaux et non celles de la majorité de l’électorat? Comment cela est-il arrivé? Comment pouvons-nous aujourd’hui rester là à regarder, comme hypnotisés, ce déferlement de folie, de brutalité, de violence et de racisme dans notre pays? […] Nos responsables politiques et militaires manquent de substance. [Cher Monsieur Olmert,] pour une fois, regardez vraiment les Palestiniens, non à travers un viseur de fusil ou de derrière les barrières fermées d’un poste de contrôle: vous verrez une population qui n’est pas moins torturée que la nôtre, qui est vaincue, opprimée et désespérée. C’est peut-être pour cette raison que la majorité d’entre nous a réagi avec indifférence au coup dur porté à la démocratie par la nomination à des postes ministériels d’Avigdor Liebermann, un pyromane potentiel qui a été placé à la tête de services gouvernementaux avec la responsabilité d’éteindre les incendies.»

Ces paroles ne sont évidemment pas de moi: je ne suis ni israélienne ni palestinienne. Elles sont de David Grossmann, qui a perdu son fils dans une guerre inutile, une guerre qui a également été provoquée, bien sûr, par les missiles Katioucha, mais qui s’est soldée par la mort de milliers de citoyens libanais et israéliens, parmi lesquels le fils de M. Grossmann. Mme Wallström a déclaré qu’aujourd’hui, 15 novembre, c’est la fête nationale palestinienne. Que s’est-il passé le 15 novembre 1988? La déclaration et l’acceptation par les Palestiniens d’un État palestinien basé sur les territoires de 1967, ce qui revient à reconnaître l’État d’Israël. Toutefois, il n’y a pas eu un tel geste de la part du gouvernement israélien, qui n’a jamais reconnu ni les frontières sécurisées de 1967 - puisqu’il continue à construire des colonies -, ni l’État palestinien.

Je suis lasse: au cours de mes sept années et demie de mandat auprès de ce Parlement, j’ai entendu répéter à l’infini l’expression rebattue «deux peuples, deux États». Certes, il faut tout faire pour garantir qu’il y ait deux peuples et deux États capables de coexister pacifiquement. Mais pourquoi continuer à répéter cette expression éculée, étant donné que l’État palestinien n’est pas en train de se construire et que l’élaboration des décisions politiques, assistée comme elle l’est par la folie des extrémistes palestiniens, n’aide pas l’État palestinien à se développer mais l’aide plutôt à rogner continuellement son territoire?

Je me suis rendue à Gaza la semaine dernière - et je regrette que la délégation officielle du Parlement n’y soit pas allée aussi - avec douze collègues: nous avons vu ce que signifie vivre à l’intérieur de cette prison à ciel ouvert; nous avons vu ce que signifie utiliser des armes que personne ne connaît encore et qui sont peut-être testées sur les cadavres déchiquetés des jeunes gens tués par les bombes qui tombaient et détruisaient les maisons; nous l’avons vu, comme vous devriez le voir! C’est pourquoi nous ne pouvons plus continuer à parler de «deux peuples, deux États»: nous devons agir de manière décisive. Je pense qu’il est vraiment indispensable d’organiser une conférence de paix internationale réunissant toutes les parties impliquées. Mais il faut vraiment que nous l’organisions; nous devons agir!

Les Palestiniens n’auraient pas besoin de nos 650 millions d’euros si les Israéliens payaient les taxes qui appartiennent aux Palestiniens: de même que nous forçons d’autres à le faire - et sans recourir aux armes, cela va de soi - veillons à ce qu’Israël remplisse ses…

(Le président retire la parole à l’oratrice)

(Applaudissements)

 
  
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  Eoin Ryan, au nom du groupe UEN. - (EN) Monsieur le Président, la communauté internationale n’a pas suivi les événements liés à la crise en cours à Gaza. Elle a été distraite par d’autres événements au Moyen-Orient, tels la guerre au Liban, en Irak et en Iran. Nous devons tous reprendre nos efforts afin d’enclencher et d’encourager un processus de paix à Gaza. Des compromis doivent être faits par les Palestiniens et les Israéliens afin de mettre un terme à un conflit qui détruit tant de vies des deux côtés.

Je salue les efforts mis en œuvre par le Hamas et le Fatah afin de former un gouvernement d’unité et de mettre ainsi fin à l’embargo international sur la Palestine. J’appelle le Hamas, au sein de la nouvelle administration, à reconnaître Israël ou à accepter une solution viable à deux États au conflit du Moyen-Orient, ce qui me paraît être la seule issue.

Je condamne le tir de roquettes effectué ce matin à Gaza par des militants palestiniens, lequel a tué une femme âgée et blessé une autre personne dans la ville israélienne de Sderot. Je condamne par ailleurs la mort de ces 18 civils lors du bombardement de Beit Hanoun par les forces de défense israéliennes la semaine dernière. Le principe «œil pour œil» ne laisse que des aveugles.

Si je reconnais à Israël le droit de se défendre contre des attaques, nombre d’entre nous ont vu le documentaire sur Gaza hier et ont écouté nos collègues ayant récemment visité la région. J’ai été choqué par ce que j’ai vu et entendu: la brutalité pure infligée aux civils palestiniens. Les deux parties doivent comprendre que la seule solution consiste à s’asseoir à la table des négociations. Le dialogue est la seule issue. Le courage des dirigeants est nécessaire de part et d’autre. Nous, Irlandais, ne connaissons que trop bien le cycle de violence provoqué par ces conflits. Nous ne connaissons que trop bien également les avantages considérables dont chacun peut bénéficier lorsque la violence prend fin et que des négociations et un dialogue véritables se mettent en place.

Nous devons tous tendre vers l’instauration de la confiance. L’Union européenne a augmenté son assistance au peuple palestinien cette année et a réclamé le versement immédiat, par Israël, des recettes fiscales et douanières retenues. Elle poursuit par ailleurs ses démarches visant à obtenir la libération du soldat israélien capturé et des législateurs palestiniens détenus en Israël, ainsi que la réouverture des points de passage de Gaza.

L’Union européenne a l’obligation de protéger les vies civiles. Pour l’instant, elle se trouve en position plus favorable que la Grande-Bretagne ou les États-Unis pour officier en tant qu’intermédiaire honnête. Les esprits raisonnables doivent s’élever et réagir face à ces événements. Le mal continuera à l’emporter si nous ne faisons rien.

 
  
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  Bastiaan Belder, au nom du groupe IND/DEM. - (NL) Monsieur le Président, ce matin, sept attaques de missiles palestiniens sur le territoire israélien se sont traduites par le triste bilan d’un mort et un blessé grave dans la ville de Sderot. Les responsables de cette violence prétendent avoir agi pour venger le bain de sang de la semaine dernière à Beit Hanoun. En tout cas, il ne s’agissait pas d’une action au nom de la famille Athamna, de Beit Hanoun, qui a été durement éprouvée. C’est tout le contraire: ses membres soulignent - comme vous pouvez le lire vous-même dans la presse israélienne d’aujourd’hui - qu’il y a eu assez de sang versé. Il est triste que cet esprit de réconciliation palestinien ne trouve pas d’écho parmi les différents représentants importants du Hamas. Ces jours derniers, ceux-ci ont déclaré péremptoirement que le nouveau gouvernement palestinien n’a pas à reconnaître l’ennemi sioniste. Le Conseil et la Commission peuvent-ils fournir des éclaircissements sur ce litige politique palestinien permanent entre le Fatah et le Hamas? Par la même occasion, j’aimerais connaître leur réaction suite à la déclaration de Mohammed Shabir, qui a été proposé comme Premier ministre d’un cabinet palestinien d’union nationale: «Je ferai savoir clairement quelle est ma position après ma nomination». Avez-vous été en contact avec lui depuis?

Le Quartet doit, paraît-il, se réunir au Caire aujourd’hui pour relancer le processus de paix. Je suppose que la situation explosive à Gaza figurera en bonne place à l’ordre du jour. Après tout, le Conseil et la Commission ne sont pas sans ignorer la déclaration à la Knesset du chef du Shin Bet, l’agence de sécurité israélienne, à savoir que si la poussée politique et militaire radicale à Gaza ne s’inverse pas, Israël n’aura d’autre choix que de lancer une opération militaire à grande échelle. Le chef du Shin Bet, M. Diskin, a également fait savoir que depuis le retrait d’Israël de Gaza, pas moins de 33 tonnes d’explosifs militaires, de grandes quantités d’armes et 50 à 70 millions de dollars US en espèces ont été passés en fraude dans la bande de Gaza. L’Égypte, notamment, a déclaré que cela ne la concernait pas, ce qui est contraire à l’accord militaire qu’elle a conclu avec Israël.

En résumé, l’Union européenne doit profiter de la réunion du Quartet pour rappeler à l’Égypte - et, en fait, au reste du monde arabe - ses responsabilités. Gaza ne doit pas se transformer en un très redoutable Hamasstan.

 
  
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  Alessandro Battilocchio (NI). - (IT) Monsieur le Président, je rentre de Palestine. Je m’y suis rendu sans préjugés ni idées préconçues, mais la situation que j’y ai trouvée est encore pire que ce à quoi je m’attendais: c’est une poudrière prête à exploser avec un effet de dominos sur toute la région.

Neuf mois: c’est le temps depuis lequel les salaires n’ont pas été payés à cause du blocage des transferts d’argent, avec comme conséquence des services publics et des écoles fermés, des hôpitaux qui n’acceptent que les trop fréquentes urgences. Onze mille: c’est le nombre de prisonniers politiques palestiniens dans les geôles israéliennes, parmi lesquels 400 enfants et 41 députés élus dans le cadre d’élections que la communauté internationale a reconnues comme étant libres et transparentes. Dix-neuf, dont douze mineurs, tel est le bilan des affrontements de ces jours derniers, qui ont éclaté le lendemain même de notre départ. Neuf cent douze kilomètres: c’est la longueur du mur gigantesque qui coupe le pays en deux et sépare des familles entières, pour des raisons qui n’ont rien ou peu à voir avec la sécurité. Neuf cent mille oliviers, dont certains étaient centenaires, ont été abattus pour laisser la place à cette impressionnante mais inutile structure. Quatre-vingt-sept pour cent: c’est le taux de pauvreté à Gaza, où tous les liens avec l’extérieur ont été coupés et où tant l’importation que l’exportation de marchandises sont impossibles. Mille trois cent quinze mètres: telle est la largeur de la frontière militarisée de Gaza, qui ne peut être franchie qu’à pied, même par les personnes âgées et les enfants, après d’interminables contrôles; un incroyable et sinistre parcours, une pratique d’un autre âge. Pourtant, il y a encore une lueur d’espoir dans les yeux las des gens qu’on croise dans les rues.

L’Europe a encore une chance de se rattraper, si nous recommençons là où nous nous sommes arrêtés et si nous reprenons le fil qui s’est cassé récemment. Remettons-nous à travailler à une solution juste et équitable pour deux peuples et deux États: la sécurité pour l’État d’Israël, dont la reconnaissance n’est pas à discuter, et des droits pour une Palestine libre et indépendante. Il est grand temps: ou nous prenons une initiative ferme et décisive maintenant, ou nous devrons accepter la pleine responsabilité de notre refus ou de notre incapacité à agir.

(Applaudissements)

 
  
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  José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra (PPE-DE). - (ES) Monsieur le Président, Madame la Présidente en exercice du Conseil, Madame la Vice-présidente de la Commission, je pense que nous devrions tirer deux conclusions du débat que nous tenons cet après-midi.

La première a été mentionnée par le président de mon groupe, M. Poettering, qui a déclaré que nous devons être cohérents avec les positions que nous avons adoptées dans le passé et, de même que nous avons condamné les attaques indiscriminées contre des citoyens israéliens innocents, nous devons également condamner cette attaque disproportionnée des forces israéliennes, où des civils, surtout des femmes et des enfants, ont trouvé la mort.

Malheureusement, Monsieur le Président, les excuses du Premier ministre et l’enquête qui sera effectuée par le gouvernement israélien ne ramèneront pas ces personnes à la vie.

Monsieur le Président, au cours de la séance plénière de ce matin, on nous a rappelé que ces problèmes de violence récurrente au Moyen-Orient ne pouvaient être résolus que par une solution équitable et globale.

Toutefois, je suis frappé - et je suis heureux que la présidence en exercice du Conseil soit parmi nous - par le fait regrettable - que l’ancien Premier ministre belge Mark Eyskens nous a rappelé - que, lorsque l’Union européenne vote aux Nations unies, six fois sur dix chaque État membre vote comme bon lui semble. Monsieur le Président, ce n’est pas en agissant ainsi que l’Union européenne deviendra un acteur majeur de la scène internationale.

Je pense que chacun, dans cette Assemblée, reconnaît le droit légitime d’Israël à se défendre, mais une condamnation de ce tragique événement par les Nations unies n’aurait pas été une mauvaise chose.

Par conséquent, j’appelle la présidence en exercice du Conseil à travailler pour garantir que, si l’Union européenne veut être un acteur majeur de la scène internationale, elle puisse parler d’une seule voix, au moins sur la scène internationale et, en particulier, aux Nations unies, où nos États membres ne devraient pas agir de manière lamentable comme ils l’ont fait en rapport avec ces événements tragiques que nous sommes en train de condamner.

 
  
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  Véronique De Keyser (PSE). - Monsieur le Président, plus de trois cents morts depuis le mois de juin en Palestine! En termes diplomatiques, on parle de réponse disproportionnée. Quelle disproportion? Un Israélien tué pour dix Palestiniens durant cette seconde intifada, un pour cent depuis la guerre du Liban. Il n’y a donc pas d’équidistance mais chacune de ces morts est inutile.

Or, aujourd’hui, les instances internationales les plus hautes, l’ONU comme le quartet, sont comme tétanisées devant les États-Unis. Que l’Europe, comme elle l’a fait au Liban, prenne donc une position unanime et forte, comme l’est d’ailleurs la résolution commune du Parlement aujourd’hui! Qu’elle use donc de tous les instruments politiques dont elle dispose, y compris l’accord d’association avec Israël, pour mettre fin à la violence. Cette violence condamne à mort tous les Palestiniens, mais elle condamne aussi la démocratie israélienne. Elle met fin à la démocratie israélienne, dont le gouvernement vient de s’allier un partenaire xénophobe qui soutient des thèses de purification ethnique.

Ne soyons pas plus timorés que ces Israéliens qui nous écrivent aujourd’hui leur indignation devant ces massacres, invoquant la justice et le droit international; je pense notamment aux signataires courageux du manifeste publié par les principales associations des droits de l’homme israéliennes, qui demandent l’arrêt de l’étranglement de Gaza. C’est pourquoi, je réclame la levée du blocus sur Gaza et la reprise de l’aide à la Palestine ainsi que le soutien au gouvernement d’union nationale sur le point d’être créé. Il s’agit là d’une victoire des modérés contre les extrémistes de tous bords.

En outre, je m’inquiète dans cette guerre sale de l’emploi possible par les Israéliens de nouvelles armes de destruction, dont l’utilisation a déjà été suspectée au Liban, et je demande à cet égard qu’une enquête internationale soit engagée. Je soutiens l’idée d’une conférence internationale pour la paix, réunissant tous les acteurs du Moyen-Orient, y compris la Syrie et l’Iran, et je réclame, comme l’a fait l’éditorial du quotidien Haaretz, l’envoi d’une force d’interposition internationale à Gaza.

Enfin, je presse l’Union européenne de saisir toutes les occasions de paix dans cette situation explosive - la mort et la famine ne sont pas un terrain propice à la paix! Nous ne portons pas toutes les responsabilités dans cette crise, mais nous en avons. J’ose le dire: nous avons contribué au chaos qui règne en Palestine, en interrompant prématurément l’aide à la Palestine et en mettant en place un mécanisme intermédiaire qui a mis du temps à être mis en œuvre. À chacun sa tâche certes, mais nous avons des erreurs à réparer et une responsabilité à assumer.

 
  
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  Alyn Smith (Verts/ALE). - (EN) Monsieur le Président, à l’instar de nombreuses autres personnes présentes aujourd’hui, je me suis rendu à Gaza avec Mme Morgantini il y a quelques semaines, alors que ce dernier épisode en date de la crise actuelle se mettait en route. Nous avons assisté à la brutalisation systématique, délibérée, très sophistiquée et très efficace d’un peuple tout entier.

Gaza est une prison sans espoir. Les Palestiniens modérés sont continuellement bloqués lorsqu’ils tentent de développer un État palestinien systématique susceptible de fonctionner. Ils sont bloqués par les Israéliens et nous devons adresser nos critiques à qui de droit. Le seul résultat de tout ceci ne peut être qu’un regain de violence et nous sommes condamnés à traiter les symptômes jusqu’à nouvel ordre.

Nous avons vu des fonctionnaires européens de bonne volonté - le mécanisme international temporaire a été évoqué aujourd’hui - et l’Union européenne déployer effectivement un certain nombre d’actions pour traiter les symptômes humanitaires de ce désastre. Toutefois, comme l’a indiqué la commissaire, cette situation est d’origine politique et sa solution doit être politique. L’accord d’association doit être mis sur la table et des sanctions doivent être envisagées, faute de quoi nous traiterons les symptômes d’un désastre humanitaire pour l’éternité. Nous ne sommes pas désarmés et nous devons utiliser tout ce dont nous disposons.

 
  
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  Adamos Adamou (GUE/NGL). - (EL) Monsieur le Président, «Europe», «paix», «droits de l’homme», «Palestine», «Gaza»: le vocabulaire que nous utilisons est particulièrement riche. La réalité n’est que guerre, misère et douleur, tandis que nous sommes ici à discuter, à adopter des résolutions et à répéter les mots «droits de l’homme» et «paix». Nous ne faisons que parler. Combien faut-il de crimes et de morts pour que l’Europe cesse de se comporter comme Ponce Pilate? En Palestine, ce ne sont pas seulement les gens qui meurent; l’espoir est en train de mourir aussi, et cependant je pense que la souffrance humaine n’est pas une chose à laquelle on s’habitue.

La visite du Parlement européen a été reportée pour des raisons dites «techniques». Il faut que quelqu’un nous explique quelles sont ces raisons techniques et qui en est responsable. Certains ne voulaient peut-être pas que nous nous y rendions? Et si nous ne réagissons pas, nous serons à nouveau les complices des crimes commis, non aujourd’hui, ni hier mais, si je ne me trompe, depuis des décennies.

Les mots doivent, en fin de compte, être traduits en actes. Conformément au droit international et sans intention de porter préjudice aux citoyens ordinaires, des sanctions doivent être imposées à Israël. Quand l’État d’Israël finira-t-il par se décider à rendre l’argent qu’il garde aux dépens de ses propriétaires palestiniens légitimes qui meurent de faim? Les Palestiniens ne sont pas des terroristes, et ils ne demandent pas la charité. C’est un peuple qui lutte pour sa dignité et sa survie contre les intérêts de tiers. C’est un peuple qui, face à l’hypocrisie de la communauté internationale, l’occupation et la terreur, lutte pour continuer à vivre.

 
  
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  Elmar Brok (PPE-DE). - (DE) Monsieur le Président, Madame la Présidente en exercice du Conseil, Madame la Vice-présidente de la Commission, Mesdames et Messieurs, ce qu’il faut retenir tout d’abord de ces questions, c’est que les populations des deux camps souffrent et sont à la merci de la politique. Ensuite, considéré au plan international, le conflit au Moyen-Orient a pris de telles proportions qu’il est au cœur des efforts consentis pour sauvegarder la paix mondiale et éliminer les menaces planant sur cette paix. Telles sont les deux raisons pour lesquelles ce conflit doit être résolu rapidement. C’est pourquoi le Quartet doit venir ici au complet pour présenter des exigences communes strictes, et non envoyer individuellement chacun de ses membres avec des documents élaborés de son propre chef.

Nous devons reconnaître qu’Israël s’est retiré de Gaza et que ce qui s’y passe est en partie un conflit interne entre Palestiniens, accompagné de terrorisme et prenant quasiment la tournure d’une guerre civile. De plus, en tant qu’État, Israël doit réagir face à des organisations terroristes qui ne relèvent de la responsabilité d’aucun État en particulier. Ceci explique pourquoi nous avons des difficultés à évaluer la situation. Toutefois, il n’y a pas d’excuse à des actions telles que les bombardements de civils et de leurs maisons, parce qu’Israël aussi doit comprendre que la seule chance de pouvoir jouir d’une paix et d’une sécurité durables, la seule chance de création d’un État palestinien viable, consiste à briser le cercle vicieux de la violence. C’est pourquoi Israël doit se demander si ses stratégies sont réellement les bonnes stratégies à appliquer.

Après tout, qu’est-ce qu’Israël a gagné à faire la guerre au Liban pour se venger de la capture de plusieurs soldats, une guerre qui, en fin de compte, a abouti à la prise du pouvoir par les forces pro-syriennes sur l’axe Iran-Syrie-Hezbollah au Liban? Comment cette guerre a-t-elle servi les intérêts d’Israël?

Une certaine responsabilité doit être reconnue également dans ce domaine, et le nouveau gouvernement de consensus récemment intronisé sur les territoires palestiniens pourrait être un moyen de prendre un nouveau départ, afin de garantir la paix mondiale et de donner un avenir aux populations de la région.

 
  
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  Proinsias De Rossa (PSE). - (EN) Monsieur le Président, Gaza est un camp de prisonniers, bouclé par Israël, réservé à 1,3 millions de Palestiniens.

Ses occupants sont affamés. Leurs infrastructures de santé et d’enseignement sont détruites. Leur économie est ravagée et ils sont massacrés. Quatre-vingts - et non dix-huit - hommes, femmes et enfants ont été tués la semaine dernière. La plupart d’entre eux étaient des civils vaquant simplement à leurs occupations quotidiennes et s’efforçant de continuer à vivre.

Tout cela est le fait d’un État qui prétend être l’unique démocratie de la région. Quelle expression honteuse de la démocratie! Israël pulvérise également ces pauvres gens avec des armes expérimentales. La Commission et le Conseil n’ont pas dit une parole sur ce qu’ils font pour enquêter à ce sujet.

Le lancement de roquettes Qassam n’apportera pas la paix au peuple palestinien et je condamne ces lancements. Toutefois, il est également clair que la puissance de feu israélienne et l’oppression du peuple palestinien par l’État hébreu ne sécuriseront pas l’avenir d’Israël non plus. Seules des négociations sur une solution à deux États amèneront cette sécurité, et j’appelle toutes les parties concernées à les entamer dès que possible.

 
  
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  Tokia Saïfi (PPE-DE). - Monsieur le Président, après le Liban, à Cana, nous assistons à un nouveau massacre de civils, mais cette fois à Beit Hanoun.

Le gouvernement israélien a déploré cette nouvelle tragédie en la qualifiant d’erreur technique. Mais nous savons déjà que cette reconnaissance ne suffira pas à arrêter le massacre d’autres innocents dans l’avenir. Afin d’arrêter cette escalade sans fin, l’Europe doit sortir de son inertie et prendre enfin des initiatives fortes en faveur d’une paix rapide et durable.

D’abord, il faut arrêter d’asphyxier financièrement les territoires palestiniens car si on voulait augmenter la violence et y installer le chaos, on ne s’y prendrait pas autrement. Ensuite, il faut installer au plus tôt une force militaire entre Israël et la Palestine, comme cela a été fait entre le Liban et Israël avec la FINUL. Si cette force est bonne au Liban, elle le sera en Palestine. Et, surtout, il faut enfin exiger la création d’un État palestinien avec des frontières sûres et reconnues.

Une fenêtre est peut-être en train de s’entrouvrir aujourd’hui avec le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis. L’Administration américaine, je l’espère, va redéfinir sa politique au Proche-Orient. Dans la nouvelle stratégie qui se dessine, l’Europe doit être à l’initiative d’une nouvelle dynamique de paix, dans laquelle elle doit occuper enfin la place politique qui est la sienne et pas seulement celle du tiroir-caisse.

Nous ne devons jamais oublier que le conflit entre Israël et la Palestine n’est pas un conflit comme les autres. Il est porteur d’enjeux internationaux. Le temps est venu. Il y a urgence. Soyons courageux et prenons nos responsabilités avant qu’il ne soit trop tard!

 
  
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  Panagiotis Beglitis (PSE). - (EL) Monsieur le Président, la fuite des mères drapées de noir sauvant leurs enfants à Beit Hanoun, exposée par les médias internationaux, est le chœur de la tragédie moderne vécue par un peuple palestinien à la recherche de la liberté. Toutefois, il ne peut y avoir de libération pour le peuple palestinien tant que la stratégie dangereuse et sans issue des Nations unies continue à être appliquée dans la région, tant que la politique dangereuse et sans issue du pouvoir civil-militaire d’Israël est poursuivie.

Malheureusement, aujourd’hui nous avons entendu la commissaire parler comme si l’Union européenne était une organisation internationale humanitaire non gouvernementale. Toutefois, Madame la Commissaire, l’Union européenne est une organisation politique qui a des obligations internationales et le devoir de défendre les principes démocratiques et le droit humanitaire international. L’Union européenne, une fois encore, a fait la preuve de l’énorme déficit stratégique relativement à la question de la Palestine. Il est dommage que M. Solana ne soit pas présent aujourd’hui pour constater les résultats de la décision du Conseil des ministres de février d’imposer des sanctions économiques à un peuple palestinien qui s’est exprimé démocratiquement par des élections. Aujourd’hui, c’est le peuple palestinien qui paie, au plan politique et humanitaire, pour les impasses de l’Union européenne.

 
  
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  Ioannis Kasoulides (PPE-DE). - (EN) Monsieur le président, le gouvernement israélien et l’armée se sont excusés pour la tragique «erreur technique» ayant entraîné la mort de 19 civils innocents, des femmes et des enfants pour la plupart, à Beit Hanoun. Il ne s’agit pas de savoir si ces excuses sont acceptables ou non. L’utilisation d’une telle puissance, aussi aisée et aussi fréquente, ne peut qu’aboutir à des «erreurs techniques», en particulier lorsque le seuil de considération à l’égard de la vie humaine est si bas.

Israël et la Palestine ne trouveront jamais la paix et la tranquillité s’ils persistent à avoir la gâchette facile. Les Palestiniens ne réussiront jamais avec des roquettes Qassam et des attentats-suicides à la bombe. Les Israéliens s’exposeront toujours à une recrudescence de roquettes Qassam et d’attentats-suicides en répondant de manière si disproportionnée et si puissante. Aucune partie ne peut gagner unilatéralement. L’unilatéralisme est mort et enterré au Liban.

Sur une note positive, notons l’appel à des pourparlers sans conditions préalables lancé par le Premier ministre Ehoud Olmert au président Abbas, les progrès enregistrés dans la formation d’un gouvernement d’unité nationale entre le Fatah et le Hamas, un gouvernement de technocrates - le Premier ministre Haniya renonçant à son pouvoir - et l’acceptation implicite, par le Hamas, de la nécessité de s’asseoir à la même table qu’Israël. Il est temps que le Quartet agisse et que l’Union européenne cesse d’en être un membre passif.

Enfin, j’espère que le résultat des élections américaines amènera l’administration américaine à revoir sa politique et son rôle au Moyen-Orient.

 
  
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  Béatrice Patrie (PSE). - Madame la Ministre, Madame la Commissaire, chers collègues, je me réjouis pour ma part du consensus quasi historique, obtenu entre les différents groupes politiques au sein de notre Parlement qui nous permet d’adresser un message politique clair.

De toute évidence, les frappes de l’armée israélienne ne peuvent nullement être qualifiées «d’erreur technique». On a le sentiment qu’il s’agit plutôt d’un châtiment collectif de plus infligé aux citoyens palestiniens, lesquels sont tenus coupables des choix politiques opérés à l’issue des dernières élections législatives. Je ne peux que déplorer la similitude avec les méthodes utilisées à l’encontre des populations civiles du Sud-Liban lors de la guerre de l’été 2006, avec dans les deux cas une même utilisation de bombes à fragmentation.

Certes, la population israélienne est aussi la cible d’attaques meurtrières. Mais on est en droit d’attendre d’un État démocratique comme Israël une conduite conforme à la légalité internationale, qui ne peut être exigée de la part d’organisations terroristes.

Face à cette situation, l’Union européenne doit s’imposer comme la force motrice du quartet en faveur de la reprise de la feuille de route. La nouvelle donne politique américaine, la perspective de la constitution d’un gouvernement d’union nationale en Palestine et aussi, et surtout, les voix de protestation qui s’élèvent dans la société israélienne sont des facteurs d’espoir pour la relance du processus de paix.

 
  
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  Charles Tannock (PPE-DE). - (EN) Monsieur le Président, l’incident survenu la semaine dernière à Gaza, lorsqu’un obus de l’armée israélienne a touché Beit Hanoun par erreur et a provoqué la mort de 19 Palestiniens innocents, est véritablement tragique. Le Premier ministre israélien a présenté ses excuses et a demandé une enquête complète.

Israël, il convient de s’en souvenir, s’est retiré de Gaza de bonne foi, mais l’Autorité palestinienne n’a pas réussi à y établir la loi et l’ordre. Nous avons au contraire assisté à une descente vers le chaos, les luttes intestines et le lancement délibéré et répété de roquettes Qassam sur d’innocentes cibles civiles israéliennes, telle la femme tuée aujourd’hui à Sderot, sans excuses des militants, dont le Hamas, ni des milices utilisant des boucliers humains comme l’a fait le Hezbollah au Liban en tirant des roquettes depuis des zones civiles, appelant ainsi aux représailles qui ont abouti à la tragédie de Beit Hanoun. En outre, les milices du Hamas doivent encore libérer le caporal Shalit, qu’elles ont enlevé.

La formation d’un nouveau gouvernement d’unité nationale dirigé par le technocrate indépendant Mohammad Shbair a été annoncée hier. Toutefois, son porte-parole Fawzi Barhoom nie la volonté du Hamas de reconnaître Israël et a en revanche déclaré, c’est une déception, que le nouveau gouvernement reconnaîtrait les termes du «document des prisonniers», une déclaration signée cette année par des Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes qui reconnaît implicitement - mais pas explicitement - Israël en appelant à la création d’un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Il reste à voir si cela suffira à démanteler le MIT et à reprendre intégralement l’aide à l’AP. De nouvelles garanties sur la fin de la violence terroriste devront également être présentées sans tarder.

Je soutiendrai cette résolution avec réticence, mais je ne peux soutenir son appel au déploiement d’une force multinationale de l’ONU afin de contrôler les territoires occupés, sachant que les états de service de la FINUL au Liban restent à prouver. Je crains qu’au moment où je vous parle, le Hezbollah ne soit en train de se réarmer et de rechercher un prétexte pour entamer une nouvelle guerre contre Israël.

Je n’appelle pas non plus à une cessation immédiate de toute action militaire par Israël tant que celui-ci reste attaqué, comme le réclame mon collègue libéral, M. Davies.

 
  
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  Edith Mastenbroek (PSE). - (EN) Monsieur le Président, lorsque j’examine notre politique à l’égard des Palestiniens, je vois notre bâton, mais où se trouve notre carotte? Les Palestiniens perdent tout espoir de solution qu’ils conservaient et toute foi en nous, en tant que membres de la communauté internationale. Nous sommes face à deux peuples avides de paix et de quiétude dans leurs vies et nous ne pouvons plus nous en remettre à l’ancienne rhétorique. Nous connaissons tous la situation. Nous devons reconnaître que les deux parties n’y parviendront pas seules. Un appel aux négociations - aussi justifié soit-il - ne suffira pas cette fois.

Je voudrais demander ceci au Conseil et à la Commission: êtes-vous prêts à examiner des idées audacieuses? Que les Palestiniens définissent leur État avec la ligne verte pour frontière. Reconnaissons-le, pesons de tout notre poids pour amener le Quartet à le reconnaître et forçons ensuite Israël à l’accepter. Les démarches visant à accroître la confiance n’ont de chance d’aboutir que dans ce cas, car il ne peut y avoir de paix sans justice. Je le dis en amie d’Israël, convaincue, comme je le suis, que nous ne devons pas uniquement préserver l’avenir de l’État palestinien, mais que nous devons également protéger Israël contre lui-même. Telle est notre responsabilité.

 
  
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  Antonio Tajani (PPE-DE). - (IT) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Gaza est le nœud du problème: c’est le nœud de la crise israélo-palestinienne et de la crise au Moyen-Orient. La situation à Gaza a généré une offensive terroriste majeure; l’échec de la résolution du problème israélo-palestinien est à l’origine du 11 septembre, de la montée en puissance d’Al-Qaïda et de l’exacerbation de la crise au Moyen-Orient. C’est pourquoi l’Europe doit jouer un rôle majeur et impliquer des pays comme la Syrie, dont le rôle doit être considéré séparément de celui de l’Iran.

Bien sûr, aucun de nous ne doit absoudre Israël pour ce qui s’est passé à Gaza ces jours derniers - les forces armées israéliennes doivent accepter une part des responsabilités - mais ce serait une grave erreur que de faire porter à Israël uniquement l’entière responsabilité de l’ensemble de la crise. Nous ne devons pas oublier ce qui se passe, les missiles lancés à partir du territoire palestinien souvent avec l’appui d’organisations terroristes et extrémistes, simplement parce que certains ne veulent pas contrarier le processus de paix.

L’Europe doit jouer un rôle constructif et décisif pour faire avancer le processus de paix et désamorcer tout acte de provocation que l’un ou l’autre camp tenterait de commettre. Son rôle doit être équilibré: il serait désastreux que l’Europe prenne parti contre Israël en considérant que seul Israël est à blâmer pour tout ce qui s’est passé, car ce n’est pas de cette manière que nous pourrons trouver une solution à la situation.

Nous devons nous engager à établir un État palestinien et à faire le nécessaire pour assurer la sécurité d’Israël à l’intérieur de ses frontières, de sorte qu’aucune famille israélienne ne se sente contrainte d’envoyer un des ses enfants à l’école dans un autobus et un autre enfant dans un autre autobus chaque matin, parce qu’on ne sait pas lequel des deux reviendra à la maison. Nous devons être fermes sur ce point, faire savoir clairement au Hamas que toute action militaire et terroriste est inacceptable, et au Hezbollah qu’il est exclu qu’il joue un rôle politique dans le processus de paix.

 
  
  

PRÉSIDENCE DE M. GÉRARD ONESTA
Vice-président

 
  
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  Paula Lehtomäki, présidente en exercice du Conseil. - (FI) Monsieur le Président, je vous remercie, ainsi que les membres du Parlement, pour ce très riche débat. Le Conseil partage si bien les avis exprimés si fermement au cours de cette discussion qu’il est temps d’élaborer une politique. Il est temps de préparer une politique et nous avons toujours pensé que cette crise ne peut être résolue militairement; ce qu’il faut, par contre, c’est une solution politique globale. Il nous faut une solution proposant un modèle à deux États et qui exigera que les populations de la région, y compris les simples citoyens, acceptent réellement cet objectif de coexistence et s’engagent à tous les niveaux de la société.

Vous avez fermement exprimé l’espoir que l’Union européenne fera tout ce qui est en son pouvoir. Au nom du Conseil, je peux vous assurer que l’Union et la présidence feront tout ce qu’elles peuvent. Le potentiel et la force de l’Union européenne en matière de solution à cette crise résident dans le fait que l’Union est un acteur crédible aux yeux de toutes les parties. Nulle part ailleurs vous ne trouverez ce type de force. Pour que l’Union soit capable de poursuivre son travail et son rôle d’acteur crédible en matière de solution à cette crise, il faut qu’elle puisse mener une politique uniforme et cohérente, et la question de savoir comment favoriser cette cohérence est un défi quotidien.

Nous agissons énergiquement pour garantir que le Quartet ait également un rôle majeur à jouer dans la résolution de cette crise et nous avons l’intention de soutenir son implication active. Pour trouver une solution globale, il est également vital que nous puissions convaincre les pays de la région de s’impliquer dans ce processus.

La prochaine fois que la question du Moyen-Orient sera à l’ordre du jour de notre forum multilatéral de coopération, ce sera certainement la semaine prochaine lors du sommet UE-Russie, et ensuite fin novembre, à la réunion des ministres des affaires étrangères du processus de Barcelone à Tampere. Nous travaillerons aussi avec diligence pour que le Quartet se réunisse en décembre. Il s’agit d’une question importante, d’un problème grave et à long terme localisé aux portes mêmes de l’Europe, et il nous faut donc rassembler toutes nos ressources pour trouver une solution politique globale, durable et à long terme.

 
  
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  Margot Wallström, vice-présidente de la Commission. - (EN) Monsieur le Président, l’escalade de la violence à Gaza ne fait qu’accroître la souffrance des civils et alimenter l’extrémisme. Comme je l’ai déclaré, la Commission a renforcé son assistance pour répondre à l’urgence et aux besoins humanitaires. C’est une contribution utile, mais la solution est ailleurs. La seule issue pour Israël et les Palestiniens est de négocier une solution viable à deux États. La communauté internationale - vous avez été nombreux à le signaler - a pour devoir de relancer un processus de paix crédible. L’Union européenne doit jouer un rôle de premier plan à ce niveau et, par le biais de sa participation au Quartet, encourager toute idée visant à favoriser la paix dans cette région, notamment une conférence internationale sur le processus au Moyen-Orient.

 
  
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  Le Président. - J’ai reçu, conformément à l’article 103, paragraphe 2, du règlement, six propositions de résolution(1).

Le débat est clos.

Le vote aura lieu demain, jeudi.

Déclaration écrite (article 142)

 
  
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  David Martin (PSE). - (EN) L’Union européenne doit faire tout ce qui est en son pouvoir et utiliser chaque instrument dont elle dispose, notamment l’accord d’association de l’Union européenne avec Israël, pour mettre un terme à la violence à Gaza. La violence actuelle condamne les Palestiniens à une mort lente et risque d’embraser tout le Moyen-Orient. La mort et la famine ne sont pas des terreaux fertiles pour la paix. Nous devons mettre un terme au blocus israélien de Gaza, reprendre l’aide à la Palestine et soutenir un gouvernement d’unité nationale. Je soutiens pleinement l’idée d’une conférence de paix internationale rassemblant tous les acteurs du Moyen-Orient, notamment la Syrie et l’Iran. Nous avons besoin d’urgence d’une force internationale à Gaza.

 
  

(1)Cf. procès-verbal.

Dernière mise à jour: 24 janvier 2007Avis juridique