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Coup de chaud sur l'Arctique

Environnement - 10-03-2010 - 09:02
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La glace fond en Arctique, et les enjeux ne sont pas qu'écologiques. Ils touchent aux matières premières, au transport international et à la souveraineté des Etats. ©BELGA/SCIENCE

La glace fond en Arctique, et les enjeux ne sont pas qu'écologiques. Ils touchent aux matières premières, au transport international et à la souveraineté des Etats. ©BELGA/SCIENCE

Avec le réchauffement climatique, l'Arctique se trouve au centre de nombreuses convoitises. La région abrite d'importantes ressources naturelles et de nouvelles voies maritimes pourraient s'ouvrir. Dans le même temps, les populations Inuits et la faune sont menacées. Les revendications nationales prendront-elles le pas sur un accord international équilibré et respectueux de tous les enjeux ? Les députés européens en débattront avec Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE, ce mercredi.

La zone Arctique est soumise à un réchauffement beaucoup plus rapide que le reste du globe. La température a ainsi augmenté de 5°C au cours du 20ème siècle, soit dix fois plus que la moyenne dans l'ensemble du monde. Les estimations tablent sur une augmentation de 4 à 7°C pour le siècle en cours.
 
En conséquence, la glace fond... Ce qui a des implications nombreuses. Les conditions de vie des Inuits et de la faune sauvage changent radicalement. De nouvelles voies maritimes s'ouvrent, comme le passage du Nord-Ouest. On estime par ailleurs que 20 % du gaz et du pétrole non encore découverts se trouve sous le sol Arctique.
 
Cependant, la région Arctique n'est pas soumise à des mesures internationales, comme par exemple l'Antarctique. De nombreux pays souhaitent en effet faire reconnaître leur souveraineté sur d'immenses régions, espérant exploiter les ressources et développer le commerce maritime.
 
Un enjeu européen
 
Devant les enjeux qui se profilent, une action européenne concertée est nécessaire. Trois pays membres de l'Union européenne (UE) sont directement concernés (Suède, Finlande, Danemark). Deux autres pays fortement concernés ont également des relations poussées avec l'UE (Norvège et Islande).
 
La Britannique Diana Wallis (Alliance des démocrates et des libéraux) appelle la Commission européenne à se saisir du sujet très prochainement. « Certains [députés européens] ont demandé qu'un commissaire spécifique soit en charge des questions arctiques, car cela concerne l'environnement, la pêche et la recherche », explique-t-elle. Et de continuer : « Faut-il sinon demander à la Haute représentante de s'en occuper ? D'un côté il s'agit bien d'affaires extérieures, de l'autre cela inclut clairement des enjeux internes ».
 
Ces questions devraient être abordées lors du débat ce mercredi. Car Diana Wallis met clairement en garde contre les conséquences du réchauffement climatique en Arctique et le rôle que l'UE doit jouer : « Du fait de sa structure, de son histoire et de son expérience dans les négociations transnationales, l'UE a beaucoup à apporter à la discussion sur l'Arctique ». Sera-t-elle entendue ?
 
REF.: 20100305STO70026