Libérer des fréquences radio pour développer l'internet mobile d'ici 2013

Avec le boom de l'internet mobile haut débit, il faut libérer de la bande passante. La disparition progressive de la télévision analogique au profit du numérique devrait ainsi libérer des fréquences qui devraient être attribuées en priorité à l'internet mobile, selon des mesures adoptées par le Parlement européen le 15 février. Un accord avait été trouvé avec les Etats membres en octobre dernier.

Ancienne radio©Wikimedia
Le spectre radioélectrique disponible devrait être dédié à l'internet mobile. ©Wikimedia

Radio, GPS, télévision, portables, télécommandes : de nombreuses technologies de notre quotidien utilisent les ondes radio. Leur fréquence est comprises entre 9 kHz et 300 GHz (spectre radioélectrique). C'est donc une ressource limitée et dont l'utilisation doit être réglementée, surtout avec l'explosion de la demande (internet haut débit, téléphonie mobile…).


Cette gestion relève de la compétence des Etats-membres mais l'UE veut s'affirmer comme un acteur majeur, en charge de la coordination du spectre radioélectrique au niveau européen.


Le 15 février, les députés européens ont ainsi approuvé le premier programme européen commun en matière de spectre radioélectrique. L'objectif : harmoniser l'utilisation du spectre hertzien pour les services et technologies "de quatrième génération" (4G), ainsi que les réseaux sans fil susceptibles d'atteindre une vitesse de téléchargement de 100 Mégabits par seconde.


Profiter de l'extinction de la télévision analogique


Dans le cadre de ce programme, les Etats membres devront autoriser l'usage de la bande de fréquence de 800 MHz pour les réseaux sans fil avant le 1er janvier 2013. Cette fréquence est aujourd'hui utilisée pour la diffusion des chaînes de télévision analogiques dans la plupart des pays de l'Union. Elle devrait être libérée d'ici la fin 2012, lorsque tous les équipements télévisés seront passés au numérique.


Le "dividende numérique" sera alors attribué à l'internet mobile haut débit. L'idée : réduire la pression du trafic de données sur les réseaux dits de "troisième génération", dû au boom des smart-phones et à l'envie des consommateurs de disposer de streaming de vidéos de haute qualité par exemple. Ce programme vise également à procurer une connexion haut-débit aux habitants des régions isolées.


Une opportunité à saisir


"Nous voulons que le spectre radioélectrique offre une capacité et une couverture réseau suffisante au sein de l'Union européenne, afin de réaliser le réseau mobile le plus rapide du monde", estime Gunnar Hökmark, rapporteur suédois sur le projet et membre du Parti populaire.


"L'Europe doit regagner son leadership en matière de téléphonie mobile. Cela offrira de nombreuses opportunités pour l'industrie des télécommunications, de nouveaux services, de nouveaux jobs et de la croissance", a-t-il précisé en session plénière le 14 février.

Le vote du Parlement a eu lieu le 15 février en session plénière.