Élargissement de l'espace Schengen sans frontières intérieures

L’espace de libre circulation comprend actuellement 29 pays européens. Découvrez quels sont les pays membres et ceux qui sont susceptibles d'y adhérer prochainement.

Libre circulation des personnes


Pouvoir voyager sans devoir montrer son passeport, vivre, travailler, étudier ou même prendre sa retraite dans n’importe lequel des 27 pays qui forment l’espace Schengen est, sans aucun doute, l’une des réalisations principales de l’intégration communautaire.

La libre circulation des personnes, née suite au Traité de Maastricht en 1992, reconnait les droits qu’ont les citoyens de circuler et de résider librement dans l’Union européenne. La libre circulation est devenue concrète en 1995, suite à la naissance de l’espace Schengen et à la suppression des frontières intérieures.

Actuellement, l’espace Schengen comprend la plupart des États membres de l’UE, à l’exception de l’Irlande qui dispose de sa propre zone commune de circulation avec le Royaume-Uni, ainsi que Chypre qui fait actuellement l'objet d'un processus d'évaluation afin de déterminer s'il est prêt à rejoindre la zone.

Quatre pays qui ne font pas parties de l’UE - l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein - ont également rejoint l’espace Schengen.

Élargissement de l’espace Schengen


Le Parlement européen a soutenu l'adhésion de la Croatie à la zone de libre circulation le 10 novembre 2022. La Croatie a rejoint l'espace Schengen le 1er janvier 2023.

En juillet 2023, le Parlement a invité le Conseil à approuver l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen d’ici fin 2023. Cette résolution a insisté sur le fait que ces deux pays remplissaient les obligations nécessaires pour y être admis.

Le 30 décembre 2023, les pays de l'UE ont décidé à l'unanimité de donner leur feu vert à la suppression des contrôles aux frontières aériennes et maritimes intérieures de l'UE avec la Bulgarie et la Roumanie à compter du 31 mars 2024. Les discussions sur la levée des contrôles aux frontières terrestres devraient se poursuivre en 2024.

Quelles sont les conditions pour rejoindre l’espace Schengen ?

  • Les pays doivent assumer la responsabilité de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne
  • Ils doivent appliquer un ensemble de règles communes de Schengen, comme les contrôles aux frontières terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que la délivrance uniforme de visas Schengen
  • Ils doivent garantir un haut niveau de sécurité dans l’espace Schengen et coopérer avec les organismes chargés de faire respecter la loi dans les autres pays de cet espace
  • Ils doivent se connecter et utiliser le système d'information Schengen (SIS)
Une femme face à un tableau d'affichage des départs à l'intérieur d'un aéroport
Schengen : élargissement de l'espace européen sans frontières

Contrôles temporaires des frontières 


Chaque année, c'est plus de 1,25 milliard de voyages qui sont effectués au sein de l'espace Schengen. Les contrôles aux frontières intérieures ont été supprimés dans cet espace, mais les États membres ont conservé le droit de rétablir des contrôles temporaires en cas de menaces graves pour l'ordre public ou la sécurité intérieure.

En raison de la crise migratoire, ainsi que de l'augmentation des menaces terroristes transfrontalières depuis 2015, un certain nombre d'États membres de l'espace Schengen ont réintroduit des contrôles et les ont même prolongés à plusieurs reprises. La pandémie de Covid-19 a également poussé de nombreux pays de l'UE à réintroduire des contrôles aux frontières pour tenter de contenir la propagation du virus.

En décembre 2021, la Commission européenne a proposé une mise à jour des règles régissant l'espace Schengen. Le but étant de garantir que la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures reste une mesure de dernier recours et de promouvoir la mise en oeuvre de mesures alternatives telles que des contrôles de police ciblés et une coopération policière renforcée.

Les députés européens se sont à plusieurs reprises opposés à la réintroduction fréquente des contrôles, qui entrave la libre circulation des personnes dans l'UE.

Le Parlement a approuvé la mise à jour des règles de Schengen en avril 2024, fixant des délais clairs pour les contrôles aux frontières intérieures. Le Conseil a donné son accord en mai 2024.

Cet article a été à l'origine publié en février 2018, mais il a depuis été mis à jour à plusieurs reprises. La dernière mise à jour a eu lieu en juin 2024.