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GRÈCE

LA SITUATION FORESTIÈRE ACTUELLE : APERÇU DU CONTEXTE ET APPRÉCIATION DES PRINCIPALES CONTRAINTES

Sommaire

1.0 - Introduction

Avec une surface de 13.2 millions de km2, la Grèce apparaît comme un pays fortement accidenté puisque les plaines n'y occupent que 30 % du sol. Le potentiel forestier varie selon l'altitude et selon le climat : les précipitations diminuent en allant d'ouest vers l'est ; elles sont plus marquées au nord qu'au sud. Le climat est fortement méditerranéen dans la moitié sud et dans les îles, il évolue lentement vers le montagnard dans le centre et surtout dans le nord de l'Etat.

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1.1 - La forêt en grèce

La densité forestière

Comme toujours dans les régions méditerranéennes, les statistiques ne savent pas rendre clairement compte du concept de "forêt", si simple dans les pays tempérés. Le flou des chiffres est dû à l'existence, sur un bon tiers du territoire grec, de sols "partiellement boisés" ou bien encore, de "pâturages forestiers". La répartition territoriale à la suite du dernier recensement est la suivante :

Forêts (production supérieure à 1m3/ha/an
et de plus de 1.2 m de haut) :
3 350 000 ha(25.4 % du territoire)
Autres formations forestières :3 153 000 ha(24 % du territoire)

De plus, il y a lieu de tenir compte d'environ 2 300 000 ha de terrains non cultivés où s'applique la réglementation forestière. Au total, le service forestier a sous sa responsabilité 66.7 % du territoire national, dont des zones extraordinairement intéressantes et riches en matière de faune, de flore, de milieux naturels.

Les statistiques officielles indiquent que 65 % de ces territoires appartiennent à l'Etat. Ceci ne semble pas correspondre à la réalité. Du fait que les plans de propriétés (le cadastre) n'existent pratiquement pas et que les droits d'usage sont très fréquents, de nombreuses personnes privées s'approprient des terrains, principalement pour construire. Néanmoins, l'Etat reste de très loin le plus grand propriétaire foncier et forestier de la Grèce, ce qui est une des caractéristiques principales de ce pays.

Une cartographie de zones forestières est en cours. Les véritables forêts sont situées loin des zones urbanisées et, en particulier, les 4 millions d'Athéniens doivent faire un déplacement très important pour trouver des peuplements forestiers.

Les principales essences forestières

Les feuillus

Le genre Quercus (13 espèces pour 26 % de la surface en forêt) est majoritaire en Grèce et bien représenté par les espèces des cerris, pubescens et aegylops et des Quercus à feuilles persistantes comme le Quercus ilex. Le genre Fagus (près de 20 % de la surface), est limité à quelques secteurs montagnards du nord, dont le Fagus moesiaca, qui serait un hybride fixé entre Fagus sylvatica et Fagus orientalis.

Les conifères

Parmi les Abies (11.4 %), le plus connu est Abies cephalonica, souvent hybridé avec Abies alba. Très schématiquement, on peut dire qu' Abies cephalonica domine au sud, l'hybride au centre, et Abies alba au nord du pays, Picea étant limité à l'extrême nord (3.6 %). Pinus halepensis est présent dans les régions littorales et dans les basses montagnes jusqu'à 1 000 m : en Attique, Mégaride, Béotie, Locride, Salamine, Aegine, Eubée, Péloponnèse et Argolide. Pinus brutia, sylvestris et nigra sont répartis dans l'ensemble du pays (19.5 % pour les pins). Cupressus sempervirens est abondant dans les étages supra-méditerranéen et montagnard- méditerranéen de la Crète.

Les types de forêts

Toutes les données qui suivent portent sur les seules forêts "strictes" qui recouvrent 3 350 000 ha environ. Les futaies occupent 872 000 ha (dont trois quart de résineux). Les taillis dominent avec 1 207 000 ha et produisent du bois de feu, très largement exploité lors des grandes crises vécues par le pays jusqu'en 1950. La conversion des taillis en futaie ou leur transformation sont théoriquement possibles et ont été étudiées. Le reste est formé de peuplements mixtes.

La gestion de ces forêts est considérée comme assez correcte dans les zones de production (en particulier au nord de la Grèce), bien que soient déplorés d'une part le manque d'interventions sylvicoles dans les jeunes peuplements et d'autre part l'exploitation souvent anarchique faite par les coopératives forestières. Par contre, dans les zones peu productives en bois de qualité et en particulier pour la forêt thermophile, une gestion de la biomasse et une prévention efficace contre les feux doit absolument être mise en oeuvre pour limiter les risques de propagation des incendies.

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1.2 - Le reboisement

Commencé en 1880 de façon symbolique, il est généralement peu actif puisque la superficie totale reboisée n'atteint pas 200 000 ha un siècle après, en incluant les opérations de régénération des forêts existantes. On utilise en montagne le Pinus nigra, l'Abies cephalonica (ou son hybride), le Fagus sylvatica et en plaine les Pinus radiata, brutia, halepensis, ...

Depuis quelques années, les grands incendies qui ont désolé le pays n'ont pas été compensés par la reconstitution forestière. Par ailleurs, la correction torrentielle est connue en Grèce et fait l'objet de boisements spécialisés. De l'avis de tous les responsables forestiers grecs, les reboisements sont pratiquement inexistants en dehors des zones déjà forestières. Le pâturage anarchique, un personnel forestier mal formé et sans autorité, une population locale non sensibilisée à ce problème entravent fortement le reboisement des 3 millions d'ha potentiellement reboisables, aussi bien pour la production ligneuse que pour la protection des sols et des sites.

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1.3 - La propriété des forêts

Forêts "strictes"
- Etat1 642 000 ha
- Autres propriétaires publics302 000 ha
- Propriétaires privés exploitants agricoles445 000 ha
- Autres propriétaires privés particuliers121 000 ha
Terrains partiellement boisés
- Etat2 568 000 ha
- Autres673 000 ha

L'Etat est, de très loin, le plus grand propriétaire forestier de la Grèce : avec des taux de propriété de 65 % en forêt stricte et de 80 % des terrains partiellement boisés. Les autres propriétaires sont les communes, les monastères, les personnes morales ou de simples particuliers.

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1.4 - L'approche des différentes fonctions de la forêt

Les fonctions écologiques : protection des sols et du milieu

Quelle que soit la volonté, affichée ou non, des propriétaires, les conditions naturelles, topographiques et climatiques du pays rendent la fonction écologique absolument essentielle. Il existe environ 600 bassins torrentiels actifs où la présence forestière est d'utilité publique pour retenir les sols et pour écrêter les crues. De plus, la présence de la forêt permet une régulation de la pluviométrie. A noter aussi que les zones semi-forestières ou les zones naturelles soumises à la loi forestière sont souvent très riches au niveau floristique et faunistique.

Le territoire grec présente une biodiversité très intéressante liée à la présence de nombreux étages de végétation, depuis la mer Méditerrannée jusqu'aux étages alpins (25 montagnes dépassent 2 000 m). L'existence actuelle de 10 parcs nationaux est la concrétisation de la volonté de préserver ces richesses. Ces parcs couvrent une surface de 68 740 ha, dont 39 500 ha de forêts. Les réserves naturelles sont au nombre de 14 pour une surface de 310 800 ha, dont 241 500 ha de forêts. Une expérience de redynamisation de l'économie locale a bien réussi à partir du parc national de Samaria en Crète.

Les fonctions socio-économiques : production de bois, pâturage

La production de bois

La production nationale ne couvre que 30 % des besoins du pays, mais apparaît pourtant bloquée à son niveau actuel (même si la bonne volonté politique souhaite obtenir un meilleur résultat), pour différentes raisons :

Le pâturage

L'élevage se pratique sur 40 % des étendues forestières, avec des densités élevées de caprins, d'ovins et secondairement de bovins. L'Etat, propriétaire du sol, concède le droit de pâturage aux municipalités qui peuvent ensuite sous-traiter avec les éleveurs privés. En pratique, 12 millions de caprins ou ovins pâturent, parfois dans des conditions excessives (risque de dégradation de la végétation et départ d'érosion).

Les techniques d'élevage extensif actuellement employées sont incompatibles avec une gestion forestière convenable. Les aides de l'Union européenne pour l'élevage ne favorisent pas pour l'instant un changement dans les méthodes de production. L'économie rurale grecque est très vulnérable et la forêt ne contribue pas beaucoup à son développement, sauf l'utilisation de son sol pour les troupeaux.

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1.5 - La transformation du bois

Selon les sources, la possibilité forestière globale des massifs boisés de production oscillerait entre 3.2 et 3.8 millions de m3, soit 2 à 3 % du volume sur pied et 80 % de son accroissement annuel. Sur ce chiffre, un tiers serait prélevé sur des conifères (1.2 % du matériel inventorié), le solde, soit 2 millions de m3, proviendrait de l'exploitation des taillis feuillus et secondairement du Quercus ilex (soit 3 % annuellement de leur volume).

Les forêts domaniales sont le plus souvent exploitées en régie et les coupes peuvent être vendues aux enchères. En forêt privée, les coupes sont vendues sur pied et à l'amiable. Depuis 1985, une partie de la récolte publique est concédée, à prix préférentiels, à des coopératives de bûcherons. La récolte réelle est de 2.8 millions de m3, et comprend 15 % de ce volume en grumes. Les autres produits, de plus faible dimension, entrent dans la filière des panneaux de particules, des pâtes à papier, des panneaux de fibres et du bois de chauffage.

Cette récolte reste inférieure à la possibilité forestière estimée, ce qui est dû à différents facteurs :

La rentabilité des exploitations forestières en régie (tarification des exploitations, classement des produits, découpes) est loin d'être optimale.

Le gemmage est pratiqué sur Pinus halepensis dans une mauvaise conjoncture :

La récolte a baissé régulièrement, passant de 40 000 tonnes/an (niveau historique) à 12 000 tonnes en 1988.

Synthèse des statistiques disponibles relatives à la récolte grecque de bois rond (milliers de m3 de bois rond)

196519701976198319851986
OEUVRE-INDUSTRIE
dont conifères
dont feuillus
614
409
205
590
312
278
752
360
392
842
409
433
775
384
391
874
504
370
CHAUFFAGE
dont conifères
dont feuillus
2 217
50
2 167
2 456
386
2 070
2 075
405
1 670
1 872
245
1 627
1 459
-
-
2 100*
100
2 000
TOTAL
Conifères
Feuillus
2 831
459
2 372
3 046
698
2 348
2 827
765
2 062
2 714
654
2 060
2 234
536
1 698
2 974
604
2 370
*estimation à partir des statistiques disponibles

La filière bois souffre de nombreuses difficultés :

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1.6 - L'économie du bois

La Grèce couvre 50 % de ses besoins en bois (excepté le papier) et 30 % seulement en intégrant le papier. Les importations ont été les suivantes :

(milliards de drachmes)1988198919901991
Bois
Pâte à papier
Papier
28
2
49
48
4
66
58
3
82
70
18
100
Total79118143188
Source :Service national des statistiques

Les cours évoluent peu depuis la flambée de 1973-1974. Le nombre des entreprises a diminué peu à peu dans les scieries (passant de 1 300 à 640 entre 1975 et 1985) ; parallèlement, le nombre d'unités de production de panneaux (contreplaqué et placage) passait de 7 à 18, celui de panneaux de particules et fibres de 12 à 18, celui de traitement de la résine de 18 à 14. Il y a eu maintien du nombre d'unités de production de pâte (bois et paille) à 3 usines, les papeteries demeurent à une vingtaine environ et on connaît 1 seule usine d'allumettes. Le secteur de la transformation du bois en parquet et en caisserie a chuté fortement : de plus de 100 à 45 (parquets) et de 335 à 210 (caisses).

Les emplois générés étaient de 14 000 en première transformation et de 150 000 en seconde en 1983. Des données plus récentes ne sont pas disponibles.

Le pays enregistre son meilleur taux de couverture en bois de chauffage et en panneaux industriels, ce qui est tout à fait cohérent avec les qualités de bois couramment récoltées. Historiquement, l'industrie du bois ne s'est développée qu'à la sortie des guerres, notamment dans la décennie des années 1950. Après l'expansion remarquable de petites unités de sciage et de traitement de bois qui suivit, la crise économique mondiale (1973- 1974) a fait chuter sensiblement leur nombre : les causes en sont le manque de compétitivité des premières entreprises, conçues et gérées de façon trop anachronique, malgré le soutien de l'Etat.

Les importations portent sur le bois de qualité, feuillus et résineux, sur la pâte à papier ainsi que sur les cartons.

Les industries de seconde transformation, dont le nombre s'était également développé (à l'abri des barrières douanières), connaissent des difficultés importantes d'adaptation à la concurrence, notamment dans le meuble, secteur important de l'économie.

Le déficit de la balance des paiements de la filière bois s'est donc progressivement élevé :

C'est le troisième poste déficitaire du commerce extérieur grec après le pétrole et la viande. Dans une note financière récente, fournie pour la 49e session du Comité des bois à Genève (30 janvier 1992), la dérive économique de ce pays fait l'objet d'analyses peu optimistes : "1990 a été une autre année d'économie stagnante (...), la situation économique est restée fragile sans espoir de redressement. Parmi les points importants, figurent le déficit croissant de la balance commerciale, le taux de chômage et l'inflation. En 1991, le PNB baisse, malgré le maintien de l'indice de la construction. Dans ce contexte, l'économie du bois stagne sans perspective de développement. L'augmentation de la consommation en bois et produits dérivés ne peut être satisfaisante qu'au prix de nouvelles importations. Ces importations, qui portent maintenant sur des produits finis, ont augmenté de 20 à 30 % dans la seule année 1990."

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1.7 - Les contraintes, les problèmes et les insuffisances

Les principaux dommages

Les feux de forêts

Entre 1964 et 1983, la surface brûlée est restée annuellement assez stable, les moyennes se situaient autour de 20 000 ha, pour 700 à 800 feux. Depuis, la situation s'aggrave de façon inquiétante. En 1985 par exemple, 614 feux de forêts (48 000 ha) et 620 feux d'espaces naturels ligneux (43 800 ha) se sont produits. A compter de 1989, des îles ont été ravagées par les flammes, comme Thàssos ou Chio, et l'espace parcouru ne s'arrête pas aux seules forêts. Des oliveraies ou des plantations d'agrumes sont touchées à l'occasion de sécheresses impressionnantes.

La forêt grecque, l'espace naturel à caractère forestier, les zones agricoles de périphérie sont atteints dans leurs sanctuaires et l'économie locale de ces secteurs s'en remet très mal. Une analyse rapide de ce phénomène révèle des traits communs à tous les pays du pourtour méditerranéen, mais aussi des facteurs spécifiques à la Grèce.

Traits communs :

Traits spécifiques :

La couverture boisée a durement accusé le choc de quinze mauvaises années et plusieurs publications confirment une baisse du taux de boisement réel, très sensible. Le réveil de l'érosion, localement derrière les feux, fait de ce dossier complexe une contrainte énorme, qui pèse lourdement sur la politique forestière de ce pays et réduit sa marge de choix.

Les incidences du pâturage

Le pâturage résulte d'usages très anciens et intéresse 12 millions de caprins ou d'ovins et 600 000 bovins. C'est une composante essentielle de l'économie montagnarde. Les terrains pâturés sont presque toujours domaniaux (forêts et espaces naturels). En Grèce comme ailleurs, le juste équilibre entre pastoralisme et sylviculture constitue un vieux débat. L'abandon du pâturage ne restaure pas systématiquement une forêt montagnarde ; c'est même le contraire, avec l'embroussaillement et l'augmentation du risque d'incendie.

Le problème consiste ni à le supprimer, ni à l'intensifier, mais à le doser correctement en fonction des objectifs sylvicoles ou en fixant clairement ces objectifs s'ils font défaut. Si la présence de pâturage extensif crée des difficultés, l'absence de ce pâturage pose aussi un problème, principalement dans les zones de forêts thermophiles où la présence d'un sous-étage important augmente les risques d'incendies.

Les attaques d'insectes et les maladies

Il existe un inventaire très sérieux des maladies et des insectes ravageurs reconnus. Les premiers travaux de recherche remontent à 1960. On y démontre que des espèces endémiques ne provoquent aucun dégât généralisé et grave sur l'ensemble du pays.

Les principaux problèmes

Le problème foncier

Du fait de l'inexistence de documents officiels pouvant servir de titres de propriété, l'action de l'Administration forestière est difficile. Les bénéficiaires des nombreuses servitudes considèrent avoir des droits comme s'ils étaient propriétaires. C'est ainsi que des constructions privées apparaissent sur des territoires appartenant à l'Etat. De même, certains reboisements qui perturbent les habitudes sont détruits par des incendies... Plus grave, devant l'impuissance de l'Administration à résoudre ce problème, le pouvoir politique est tenté d'admettre le fait accompli et c'est ainsi que le ministre de l'Environnement a déclaré vouloir légaliser (sans contrepartie !) toutes les constructions illégales en zones forestières.

La menace de l'érosion

L'Etat grec recense 600 bassins sensibles. La forêt y joue un rôle exclusif de protection. La sylviculture a pris ce risque en compte, mais l'effet des incendies de la dernière décennie a relancé le processus, faute de reconstitution assez dynamique. Techniquement, on estime à 6.6 % du territoire la superficie touchée ou concernée par l'érosion torrentielle, ce qui est important. Sur cette surface, 900 km2 constituent des sources de production de matériaux solides : glissements, éboulements et affouillements.

Il faut noter, par ailleurs, l'importance du phénomène des cultures en terrasses, particulièrement dans les îles. Des risques très sérieux d'éboulements sont inéluctables à terme si rien n'est fait : le reboisement de ces terrains pourrait être une des solutions.

Le handicap topographique

La topographie est nettement défavorable et limite toute mécanisation (effet sur les coûts) et toute coupe de régénération à grande échelle en futaie. La desserte a fait l'objet d'efforts depuis 1950 ; en 35 années, on a construit 16 400 km de routes forestières, à partir du réseau public, et on a mis 8 000 km supplémentaires aux normes.

Le débardage connaît les plus grandes difficultés :

Le débardage par traction animale restait encore très important en 1985 (70 % du débardage en futaie). L'avenir est à une coordination entre la traction animale, le câble et les engins mécaniques.

Les principales insuffisances

Les actions limitées de l'Administration forestière

La réforme en cours du Service central et des services extérieurs de l'Administration forestière devrait améliorer le fonctionnement de celle-ci. De l'avis général, les forestiers ont des pouvoirs très limités et sont soumis aux pressions du pouvoir politique, généralement plus enclin à s'attirer les voix des électeurs qu'à faire de la gestion à long terme. Risquant de se faire désavouer, les personnels forestiers ont abandonné les missions de surveillance et de répression. Dans les zones productives, leur mission est centrée sur la gestion, mais le nombre trop faible des personnels fait que leur action est limitée et qu'en particulier il existe des retards importants dans la gestion des jeunes peuplements et le reboisement.

Le problème des accidents de travail

La plupart des accidents dans le secteur de l'activité forestière frappe les exploitants. Ces travailleurs appartiennent souvent aux coopératives ouvrières qui obtiennent des contrats avec l'Etat, propriétaire forestier. Les conditions de travail sont délicates et le niveau de formation professionnel est limité. Pendant la décennie 1980-1989, la moyenne annuelle des accidents du travail se situe entre 800 et 900 cas, dont 80 % observés en phase d'exploitation. Des comparaisons ont été faites avec d'autres Etats qui travaillent aussi en régie (Allemagne et Slovénie) : la fréquence des accidents est partout sensiblement la même, mais ils sont plus graves en Grèce (40 journées de travail perdues dans chaque accident en Grèce contre 20 à 22 en Europe occidentale).


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Parlement européen
Révisé le 1er septembre 1996
URL: http://www.europarl.ep.ec/dg7/forest/fr/grece-1.htm