Paix et sécurité en 2021: évolution des relations entre l’Union européenne et la Turquie

28-07-2021

La Turquie a cherché pour la première fois à coopérer avec la Communauté économique européenne (CEE) en 1959 (Union européenne (UE) à partir de 1992), et est depuis lors un partenaire clé de l'UE sur les questions liées aux migrations, à la lutte contre le terrorisme et au commerce. L’Union et la Turquie sont liées par un accord d’association depuis 1964 et par un accord sur l’union douanière depuis 1995. En 1999, la Turquie s’est vu octroyer le statut de pays candidat à l’Union. Les négociations en vue de son adhésion ont débuté en 2005. Toutefois, ces dernières années, les relations entre l’Union et la Turquie ont souffert en raison d’une adoption mitigée des normes et principes démocratiques de l’Union par la Turquie et des actions d’Ankara dans les pays limitrophes membres de l’Union. Depuis le coup d’État militaire raté (en 2016) et la réforme constitutionnelle qui en a résulté (en 2017), qui ont consolidé et centralisé le pouvoir entre les mains de son président, la Turquie est confrontée à un recul dans les domaines de la démocratie, de l’Etat de droit, des droits fondamentaux et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le pays a également mené des opérations militaires dans les régions orientale et méridionale de l’Union, mettant ainsi à mal les traités internationaux et les droits des États membres de l’Union. Dans une déclaration de mars 2021, les membres du Conseil européen ont souligné l’intérêt stratégique de l’Union à développer une «relation de coopération mutuellement bénéfique avec la Turquie», en particulier dans un contexte marqué par la volonté de construire un environnement stable et sûr en Méditerranée orientale. Plus récemment, en juin 2021, les relations avec la Turquie ont de nouveau été au centre des discussions du Conseil européen sur les relations extérieures de l’Union, et les objectifs exprimés en mars 2021 ont été réitérés. Les conclusions de juin 2021 ont salué la désescalade en Méditerranée orientale et ont réaffirmé que l’Union était prête à s’engager avec la Turquie de «manière progressive, proportionnée et réversible». Conformément à ces conclusions, l’État de droit et les droits fondamentaux en Turquie restent une préoccupation majeure de l’Union, et le dialogue sur les questions du respect de la démocratie, de l’État de droit et des droits des femmes restera au centre de tout débat. En décrivant le développement des relations entre l’Union et la Turquie, en esquissant leur contexte et les questions qui y sont le plus importantes, la présente note dresse une vue d’ensemble de l’évolution du rôle de la Commission et de l’approche du Conseil européen des relations UE-Turquie. Elle expose également les positions adoptées par le Parlement européen au fil du temps. L’objectif est de faciliter la compréhension générale des développements qui ont conduit à l’état actuel des relations entre l’Union et la Turquie.

La Turquie a cherché pour la première fois à coopérer avec la Communauté économique européenne (CEE) en 1959 (Union européenne (UE) à partir de 1992), et est depuis lors un partenaire clé de l'UE sur les questions liées aux migrations, à la lutte contre le terrorisme et au commerce. L’Union et la Turquie sont liées par un accord d’association depuis 1964 et par un accord sur l’union douanière depuis 1995. En 1999, la Turquie s’est vu octroyer le statut de pays candidat à l’Union. Les négociations en vue de son adhésion ont débuté en 2005. Toutefois, ces dernières années, les relations entre l’Union et la Turquie ont souffert en raison d’une adoption mitigée des normes et principes démocratiques de l’Union par la Turquie et des actions d’Ankara dans les pays limitrophes membres de l’Union. Depuis le coup d’État militaire raté (en 2016) et la réforme constitutionnelle qui en a résulté (en 2017), qui ont consolidé et centralisé le pouvoir entre les mains de son président, la Turquie est confrontée à un recul dans les domaines de la démocratie, de l’Etat de droit, des droits fondamentaux et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le pays a également mené des opérations militaires dans les régions orientale et méridionale de l’Union, mettant ainsi à mal les traités internationaux et les droits des États membres de l’Union. Dans une déclaration de mars 2021, les membres du Conseil européen ont souligné l’intérêt stratégique de l’Union à développer une «relation de coopération mutuellement bénéfique avec la Turquie», en particulier dans un contexte marqué par la volonté de construire un environnement stable et sûr en Méditerranée orientale. Plus récemment, en juin 2021, les relations avec la Turquie ont de nouveau été au centre des discussions du Conseil européen sur les relations extérieures de l’Union, et les objectifs exprimés en mars 2021 ont été réitérés. Les conclusions de juin 2021 ont salué la désescalade en Méditerranée orientale et ont réaffirmé que l’Union était prête à s’engager avec la Turquie de «manière progressive, proportionnée et réversible». Conformément à ces conclusions, l’État de droit et les droits fondamentaux en Turquie restent une préoccupation majeure de l’Union, et le dialogue sur les questions du respect de la démocratie, de l’État de droit et des droits des femmes restera au centre de tout débat. En décrivant le développement des relations entre l’Union et la Turquie, en esquissant leur contexte et les questions qui y sont le plus importantes, la présente note dresse une vue d’ensemble de l’évolution du rôle de la Commission et de l’approche du Conseil européen des relations UE-Turquie. Elle expose également les positions adoptées par le Parlement européen au fil du temps. L’objectif est de faciliter la compréhension générale des développements qui ont conduit à l’état actuel des relations entre l’Union et la Turquie.